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Un toit vert pour une bonne isolation

Un toit vert pour une bonne isolation

Une toiture verte intensive se conçoit comme un jardin et nécessite un substrat plus épais. stock.adobe.com

Utilisées depuis la nuit des temps, les toitures vertes semblent retrouver une nouvelle jeunesse pour des raisons esthétiques et écologiques.

La technique n’est pas vraiment neuve puisqu’elle a fait son apparition dès le Néolithique. Les hommes ont très vite compris l’intérêt de végétaliser un toit: il protège du froid. Plus près de nous, les habitations traditionnelles des Vikings en Norvège notamment, étaient recouverts d’un substrat vert.

Limiter le ruissellement

Le regain d’intérêt pour cette technique ancestrale a débuté avec la prise de conscience écologique. Elle permet de mieux isoler une maison, la couche de substrat et de végétaux donne une très bonne inertie thermique. Elle permet à la fois de lutter contre le froid en hiver et de limiter la chaleur en été. Elle présente également un autre intérêt, surtout dans les villes. En effet, l’urbanisation effrénée, a augmenté le volume des eaux de ruissellement avec des conséquences parfois fâcheuses comme les inondations. Une toiture verte permet de limiter la quantité d’eau de ruissellement en jouant un rôle de tampon, elle retient une quantité non négligeable d’eau.

Enfin, dans des villes surpeuplées, les toitures végétalisées permettent de développer des biotopes intéressants et contribuent à la sauvegarde de la biodiversité. Que des points positifs! À condition de respecter certaines contraintes techniques liées au poids d’une toiture verte.

De 50 kg à 1 tonne au m²

«Les nouvelles constructions avec un toit végétalisé intègrent dès le départ de la conception la contrainte du poids. C’est le rôle des architectes et des ingénieurs. Nous installons des systèmes relativement légers, par exemple sur des garages à toiture plate. Les hourdis sont conçus pour résister au poids du toit. Selon les projets, celui-ci peut varier de 50 kg à 1 tonne au m². Le poids varie aussi en fonction de l’épaisseur du substrat qui va de 8 cm environ jusqu’à 1 m. Chaque projet que nous mettons en œuvre est étudié sur mesure» explique François Girretz, gérant d’une société spécialisée en la matière.

Végétalisation extensive ou intensive

Une toiture végétale extensive cherche à reproduire une surface verte proche de la nature et n’exige que peu d’entretien. «Un passage par an est suffisant pour une toiture verte basique. Les plantes utilisées sont les sedums, des plantes grasses, des œillets ainsi que quelques graminées».

Une fois par an, il faudra vérifier si les avaloirs ne sont pas bouchés et fournir de l’engrais éventuellement. Une toiture verte intensive nécessitera plus d’entretien, comparable à celui d’un jardin au sol. Pelouse, arbustes et arbres et même un potager sur un toit sont envisageables. Le substrat sera donc beaucoup plus épais dans le cas d’une toiture verte intensive pour permettre l’enracinement des plantes. La meilleure période pour poser une toiture végétalisée se situe de mars à octobre.

Un des avantages des toitures vertes est son incidence sur la durée de vie de l’étanchéité du toit. «En général, l’étanchéité d’un toit est de 25 ans, une toiture verte permet de doubler sa durée de vie parce que le toit n’est pas directement soumis aux UV et aux intempéries».

Il ne faut pas oublier non plus le rôle de filtre naturel que joue le substrat. En absorbant l’eau de pluie, il retient les particules fines et les métaux lourds présents dans l’atmosphère. La qualité de l’eau de pluie recueillie dans les citernes s’en trouve donc augmentée.