Mouscron

Un ver frétillant dans le poisson acheté au supermarché à Mouscron

En l’espace de quelques semaines, deux habitantes de Mouscron ont trouvé un ver bien vivant dans le poisson acheté dans le même supermarché.La réaction de l'AFSCA à la fin de l'article.

D’aucuns vous diront que s’il y a des vers dans le poisson, c’est que la chair de ce dernier est saine...
Il n’empêche que les deux Mouscronnoises qui ont été confrontées à cette mésaventure s’en seraient bien passé. Pour la première, c’était en novembre dernier mais pour la seconde, Edith Tanghe, c’est beaucoup plus frais - si l’on peut dire - puisque cela est arrivé avec un poisson acheté le 20 janvier dernier, consommable jusqu’au 26 mais qu’elle a voulu cuisiner ce lundi, soit bein en deça de la date de péremption. Elle n’a en réalité pas eu l’occasion de mettre le filet de cabillaud dans la poële car, lorsqu’elle a retourné ce dernier, un ver bien frétillant s’est échappé de la chair du poisson.
Inutile de préciser que cela lui a coupé net l’appétit et qu’elle s’est contentée de manger l’accompagnement...

Nous avons fait parvenir la photo de la bête en question à Carine Truyens, directrice du laboratoire de parasitologie de la Faculté de médecine à l’ULB, qui nous a répondu ceci : 
« Il n’y a pas de dimension sur la photo, mais il s’agit plus que probablement d’une larve d’Anisakis (nématode - ver rond). Ces larves mesurent entre 1 et 5 cm de longueur sur 0,2 à 1,2 mm de diamètre, et sont connues pour infester de nombreux poissons. Lorsqu’elle sont ingérées vivantes (poisson cru ou insuffisamment cuit), elles peuvent induire une pathologie chez l’homme, généralement transitoire...
La meilleure prévention consiste à éviter de manger du poisson cru ou insuffisamment cuit. La cuisson ou la congélation (min -20°C 7 jours) tue cette larve, éliminant tout danger. »

Précisons que dans le second cas, la larve avait déjà vraisemblablement atteint une taille adulte puisque le ver mesurait un peu moins de 10 cm. de long. Dans le cours qu’elle a rédigé sur ce sujet, Carine Truyens reprend par le détail les maladies  que peuvent provoquer ces vers chez l’homme.
Il s’agit prinicpalement de différents types d’anisakiases se traduisant généralement par des douleurs abdominales, des nausées, de la fièvre et parfois des vomissements. Le cours nous apprend également que l’on compte environ 20000 cas d’infection humaine rapportés dans le monde actuellement (probablement sous-diagnostiqué) et que 90% d’entre eux sont localisés au Japon.

Rappelons que la larve - qui meurt peu après son ingestion - ne résiste pas à la cuisson et à la congélation. Moralité de l’histoire, évitez de consommer du poisson cru.
Précisions avant de conclure que la seconde consommatrice mouscronnoise concernée par la découverte de ce ver a prévenu la société concernée afin d’éviter à d’autres un tel désagrément.

Du côté du commerce concerné, en l’absence du directeur, l’on nous a précisé que ce type de problème survenait de temps à autre et que dans le cas d’espèce, le consommateur pouvait ramener la marchandise et se faire rembourser.

Ce qu'en dit l'AFSCA

La présence de ce type de parasite dans le poisson relève en réalité d’un phénomène strictement naturel. Ce n’est pas pour autant qu’elle est tolérée. Du côté de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, le porte-parole nous précise que : « cela n’est ni autorisé par la loi, ni accepté par l’AFSCA. C’est une mauvaise surprise dans l’assiette mais qui se produit dans quelques cas. Pour la contrecarrer, il faut cuire le poisson, car la chaleur tue ce parasite naturel. Quant au poisson cru, il doit être congelé ce qui tue la larve éventuellement présente. Le consommateur peut en informer notre point de contact au 0800/13 550 ou pointdecontact@afsca.be, alors nous pourrons agir via des contrôles plus ciblés."