LIÈGE

L’ancienne dentisterie de Bavière va disparaître du paysage

L’ancienne dentisterie de Bavière va disparaître du paysage

Trop insécurisée, la dentisterie de Bavière s'apprête à être démolie, ce que regretteront sans doute de nombreux urbexeurs. Google Street View

La société immobilière propriétaire du site sur lequel subsiste la dentisterie en ruine de l’ancien hôpital de Bavière est priée de faire le nécessaire pour procéder à la démolition du bâtiment, a annoncé mercredi le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer.

Un bâtiment bien connu des Liégeois.es, à l'entrée nord de la ville, qui s'apprête à disparaître. C’est à la suite d’un rapport de la police de Liège, faisant état de sérieux problèmes de salubrité et de sécurité, que le bourgmestre de Liège a signé mercredi une ordonnance donnant l’ordre au propriétaire de l’ancienne dentisterie de Bavière de procéder à sa démolition. En effet, le bâtiment, à l’abandon depuis des années, est régulièrement squatté par des toxicomanes et fréquenté par divers publics, comme des photographes ou des personnes pratiquant des figures acrobatiques, qui se mettent dès lors en danger. Les lieux ont d’ailleurs été le théâtre de trois décès en quelques mois, dont celui d’un jeune homme adepte d’acrobatie urbaine.

«Des détritus, excréments, seringues usagées… jonchent le sol. Des mesures de sécurisation ont été prises par le propriétaire mais tout a été saccagé, souligne le bourgmestre de Liège. Le propriétaire doit prendre des dispositions pour établir un périmètre de sécurité, faire appel à une société de gardiennage pour assurer la surveillance, faire vider les lieux et s’assurer qu’il n’y a pas d’amiante dans le bâtiment. Les contacts sont en cours entre le propriétaire et les services communaux.» Les opérations devraient commencer dès les prochains jours.

Théoriquement, un recours pourrait encore être introduit par le propriétaire contre la démolition, mais rien n'indique qu'il s'oppose à la démolition, nous indiquait ce mercredi Willy Demeyer. «Au contraire, il attendait cet arrêté de démiliton avec impatience.» 

La présence de squatters avait empiré dans l’ancienne dentisterie depuis l’incendie survenu, le 1er décembre dernier, au sein de l’hôpital désaffecté de Bavière. Les squatters qui occupaient les lieux, et ayant vraisemblablement causé l’incendie, avaient migré vers l’ex-dentisterie. D’importants dégâts étaient à déplorer au niveau de la toiture tandis que la façade avait été épargnée. «L’étude qui a été réalisée a établi que la stabilité du bâtiment n’a pas été touchée», a précisé Willy Demeyer.

Vega veut laisser une chance au bâtiment

Le conseiller communal d'opposition François Schreuer (Vega) a manifesté ce jeudi sa désapprobation, suite à la signature par le bourgmestre de l'arrêté de démolition, une décision "hautement regrettable et tout à fait précipitée", selon lui. Cette décision "fait suite à une campagne de communication habilement menée, montrant la dentisterie comme un lieu de perdition — alors qu’il aurait probablement suffi de murer correctement les accès au bâtiment pour éviter les faits dramatiques qui se sont produits sur place. De ce point de vue, la responsabilité des propriétaires du bâtiment — qui ont délibérément évité de prendre les mesures de sécurité ad hoc dans le but d’accélérer la décision de démolition — nous semble lourde", écrit-il encore.

Vega demande au bourgmestre de suspendre sa décision, histoire de préserver ce bâtiment, un héritage de l'architecture moderniste des années 30. Le conseiller communal propose que le propriétaire cède le bâtiment pour un euro symbolique, par exemple à un fondation qui en ferait un lieu de culture.