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«La belle histoire» d’une recherche d’emploi

«La belle histoire» d’une recherche d’emploi

Tous les employeurs visés par la campagne ont pris contact avec les postulants. ÉdA

Début décembre, six chercheurs d’emploi lançaient une campagne de publicité pour trouver un job. A-t-elle porté ses fruits? Réponse avec quatre d’entre eux.

Des rendez-vous ont été pris, des rencontres organisées et des possibilités d’emploi ont été mentionnées. Aucun contrat n’a été signé jusqu’ici pour Quentin, Julie, Anne-Sophie et Thibaut, mais ces Bruxellois ne perdent pas espoir, «c’était les vacances». Il en faut plus aux quatre chercheurs d’emploi en communication pour perdre leur motivation et surtout leur créativité.

Ce sont ces deux qualités qui les ont menés à afficher leur profil pendant une semaine sur les abris de bus de la capitale. Leur slogan: «engagez-moi». Le message s’adressait directement à l’entreprise de leur rêve: Axa, Mad Brussels, Mentally Fit Institute ou encore Havas. «L’origine de la campagne part presque d’une boutade, explique Thibaut. Alors qu’on suivait une formation à Bruxelles, l’un des intervenants nous a présenté le concept de monaffiche.be de JCDecaux qui permet à tout un chacun d’afficher une publicité dans les rues de la capitale. On a rigolé en se disant que ce serait pas mal de voir nos têtes en grand sur les abribus. Puis, on s’est dit pourquoi pas. Et on a concrétisé cette première intuition.»

Ils ont bossé sur leur idée, l’ont affinée, un véritable job à temps plein de plusieurs semaines. «Nous avons tout mis en place nous-même: de la conception au suivi presse en passant par la création de partenariat avec les espaces publicitaires JCDecaux, Bruxelles Formation et l’Ihecs», explique Quentin. Des accords win-win qui leur ont permis de mener cette campagne sans rien dépenser. Résultat: une équipe qui ne se connaissait pas six mois plus tôt a réussi à mener une campagne de communication de A à Z, une belle démonstration de compétences.

Affaire à suivre

Un mois plus tard, le bilan est jugé positif par Quentin, Anne-Sophie, Julie et Thibaut. «100% des employeurs que nous avons contactés ont répondu positivement à notre appel alors que nous avions mis la barre très haut en visant l’employeur de nos rêves. Ils nous ont consacré du temps pour nous rencontrer et participer au tournage de notre vidéo», explique Thibaut.

Et même si aucun poste n’a été promis en réponse à cette candidature spontanée, «c’est une étape de gagnée!», ajoute Anne-Sophie qui a pu rencontrer le fondateur de Mentally Fit Institute. «Alain Goedsmet m’a conseillé et m’a expliqué comment entrer dans le monde du coaching, un secteur où je veux me réorienter.»

Remarqués par d’autres employeurs

Leur profil a également été remarqué par d’autres employeurs que ceux qui étaient visés par la campagne de communication. Preuve en est avec Julie qui a vu apparaître dans sa boîte mail des réponses à des candidatures envoyées trois ou quatre mois plus tôt. «Elles se sont réveillées d’un coup! Je ne pense pas que ce soit le hasard. Notre campagne y est pour quelque chose car je n’avais pas eu de réponse à l’époque où j’avais envoyé mes lettres de motivation.»

Morale de l’histoire pour nos quatre Bruxellois: essayer au maximum de se démarquer pour trouver un emploi dans un secteur aussi bouché que la communication, c’est le secret d’une histoire «qui, on l’espère, aura une belle fin!», complète Anne-Sophie.

Sortir de l’ordinaire

Sur un marché de l’emploi difficile, faut-il aller jusqu’à créer une campagne de publicité pour trouver un job? «Bien sûr que non», répondent nos quatre postulants. «Mais il est possible de sortir du lot, chacun à son échelle, explique Anne-Sophie. Il faut simplement envoyer une candidature originale en rapport avec le poste où l’on postule. Nous, on a choisi une campagne de com' parce que c’est dans ce secteur-là que l’on cherche un emploi, mais un candidat fleuriste peut très bien envoyer sa candidature autour d’un bouquet de fleurs. C’est la meilleure démonstration de son savoir-faire.»

Quand on a une bonne idée, elle peut paraître utopique ou absurde. «Et pourtant, la première intuition est souvent la bonne, commente Thibaut. Notre histoire le prouve.»

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