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Magrittes 2018: vers un match Streker-Belvaux?

Magrittes 2018: vers un match Streker-Belvaux?

«Noces», le troisième long-métrage de Stephan Streker, mène le bal au nombre de nominations. -

Un an après le couac Joachim Lafosse, les Magritte remettent le couvert. Et autour de la table, il y aura, le 3 février prochain, du beau monde encore jamais récompensé. En première ligne: Stephan Streker («Noces») et Lucas Belvaux («Chez nous»).

La publication des nominé.es aux magrittes du cinéma marque, traditionnellement, le coup d’envoi de la saison des récompenses, avantque ne déboulent césars et oscars. Mais bien sûr, qu’on plaisante.

Plus sérieusement, la bienveillante académie André Delvaux a révélé aujourd'hui midi les nominations pour l’édition 2018,qui sera déjà la huitième et aura lieu le 3 février prochain au Square du Mont des Arts. Enfin, «bienveillante» n’est pas forcément le qualificatif le plus adéquat quand on se souvient du palmarès 2017, dont était totalement (et scandaleusement) absent Joachim Lafosse et son Économie du couple, pourtant, et de loin, le meilleur film belge francophone de l’année (voire de ces dix dernières).

Le secret est de polichinelle: la cote de Lafosse dans le milieu n’est pas fort élevée, et c’est un euphémisme. Le casse-tête devrait être moins problématique pour le jury cette année – quoique l’étroitesse dudit milieu rend inévitables les petits trafics d’influence – puisque les noms glissés dans le chapeau sont plus consensuellement appréciés: la lutte pour le magritte du meilleur film devrait ainsi se circonscrire à un duel entre Stephan Streker, pour Noces, et Lucas Belvaux, pour sa fronde anti-extrême droite Chez nous.

Noces et Chez nous sont d’ailleurs les films les plus plébiscités si l’on actionne le compteur à nominations: le premier mène la danse avec huit citations, contre sept au second, et six à Insyriated, production belgo-française que l’on doit à Philippe Van Leeuw, qui raconte le quotidien d’une famille syrienne sous les bombes, et pourrait bien tirer les marrons du feu si les deux favoris venaient à se neutraliser.

Lucie Debay nommée... deux fois

Doede Hoek, de Nabil Ben Yadir, Paris pieds nus, du duo burlesque Abel-Gordon, Le fidèle de Michael Roskam et Grave, de la… Française Julia Ducourneau, sont les autres films les plus plébiscités, avec trois nominations chacun.

Pour Stephan Streker tout comme pour Lucas Belvaux, remporter un magritte «majeur» (réalisateur, film) et marquer cette cérémonie animée par Fabrizio Rongione serait une grande première. Et l’occasion est belle quand, ni les Dardenne, ni Bouli Lanners ne sont cette fois de la partie.

Streker n’a, pour l’heure, été nommée qu’en 2014, édition lors de laquelle son Monde nous appartient avait été devancé, pour le magritte du meilleur film notamment, par le Ernest et Célestine de Patar et Aubier. Et n’avait été distingué que pour la BO d’Ozark Henry, sacrée meilleure musique originale. Pour Belvaux aussi, la besace est légère, et seulement lestée par les magrittes du meilleur scénario original, du meilleur son et de la meilleure actrice (Émilie Duquenne) décrochés en 2015 pour Pas son genre.

Notons encore, pour l’anecdote, que les cinq films choisir pour concourir pour le magritte du meilleur premier film étaient… tous préselectionnés puisqu’ils étaient les seuls sur la ligne de départ. Autre particularité: Lucie Debay est à la fois nommée pour le magritte de la meilleure actrice (King of the Belgians) que pour celui du meilleur second rôle féminin (La confession). Rigolo.

 

Les nominations, catégorie par catégorie

 

Meilleur film

 

Chez nous de Lucas Belvaux, produit par Patrick Quinet (Artemis Productions)

Dode hoek de Nabil Ben Yadir, produit par Nabil Ben Yadir (Antilope joyeuse) et Benoit Roland (Wrong Men)

Insyriated de Philippe Van Leeuw, produit par Guillaume Malandrin (Altitude 100 Production)

Noces de Stephan Streker, produit par Michael Goldberg et Boris Van Gils (Daylight Films)

Paris pieds nus de Dominique Abel et Fiona Gordon, produit par Dominique Abel et Fiona Gordon (Courage Mon Amour)

Meilleur premier film

 

Even lovers get the blues de Laurent Micheli, produit par Camille Meynard (Grenade), Anton Iffland Stettner et Eva Kuperman (Stenola Productions)

Faut pas lui dire de Solange Cicurel, produit par Diana Elbaum (Entre Chien et Loup)

Je suis resté dans les bois de Michael Bier, Erika Sainte et Vincent Solheid, produit par Marie Besson et Samuel Tilman (Eklektik Productions)

Sonar de Jean-Philippe Martin, produit par Julie Esparbes et Anthony Rey (Helicotronc)

Spit’n’Split de Jerome Vandewattyne, produit par Christele Agnello et Julien Henry (La Film Fabrique)

Magritte de la meilleure réalisation

 

Chez nous: Lucas Belvaux

Dode hoek: Nabil Ben Yadir

Insyriated: Philippe Van Leeuw

Noces: Stephan Streker

Meilleur film flamand

 

Cargo de Gilles Coulier, produit par Gilles Coulier, Gilles De Schryver et Wouter Sap (De Wereldvrede)

Home de Fien Troch, produit par Antonino Lombardo (Prime Time)

King of the Belgians de Peter Brosens et Jessica Woodworth, produit par Peter Brosens et Jessica Woodworth (Bo Films)

Le fidèle de Michael R. Roskam, produit par Bart Van Langendonck (Savage Films)

Meilleur film etranger en coproduction

 

Baccalauréat de Cristian Mungiu, coproduit par Luc et Jean-Pierre Dardenne et Delphine Tomson (Les Films du Fleuve)

Faute d’amour d’Andrei Zviaguintsev, coproduit par Jean-Pierre et Luc Dardenne et Delphine Tomson (Les Films du Fleuve)

Grave de Julia Ducournau, coproduit par Jean-Yves Roubin (Frakas Productions)

I, Daniel Blake de Ken Loach, coproduit par Jean-Pierre et Luc Dardenne (Les Films du Fleuve)

Meilleur scenario original ou adaptation

 

Chez nous: Lucas Belvaux

Insyriated: Philippe Van Leeuw

King of the Belgians : Peter Brosens, Jessica Woodworth

Noces: Stephan Streker

Meilleure actrice

 

Chez nous: Émilie Dequenne

King of the Belgians: Lucie Debay

Ôtez-moi d’un doute: Cécile de France

Paris pieds nus: Fiona Gordon

Meilleur acteur

 

King of the Belgians: Peter Van Den Begin

L’amant double: Jérémie Renier

Le fidele: Matthias Schoenaerts

Ôtez-moi d’un doute: François Damiens

Meilleure actrice dans un second rôle

 

La confession: Lucie Debay

La fille de Brest: Isabelle De Hertogh

Noces: Aurora Marion

Une vie: Yolande Moreau

Meilleur acteur dans un second rôle

 

Chez nous: Patrick Descamps

Dode hoek: David Murgia

Faut pas lui dire: Laurent Capelluto

Le fidele: Jean-Benoît Ugeux

Meilleur espoir féminin

 

Even lovers get the blues: Adriana Da Fonseca

Happy end: Fantine Harduin

Home: Lena Suijkerbuijk

Mon Ange: Maya Dory

Meilleur espoir masculin

 

Dode hoek: Soufiane Chilah

Home: Mistral Guidotti

Le passe devant nous: Arieh Worthalter

Sonar: Baptiste Sornin

Meilleure image

 

Grave: Ruben Impens

Insyriated: Virginie Surdej

Mon Ange: Juliette Van Dormael

Meilleur son

 

Insyriated: Alek Goose, Paul Heymans

Noces: Olivier Ronval, Michel Schillings

Sonar: Benoît Biral, Félix Blume, Frédéric Meert

Meilleurs décors

 

Grave: Laurie Colson

Mon Ange: Luc Noël

Noces: Catherine Cosme

Meilleurs costumes

 

Grave: Elise Ancion

King of the Belgians : Claudine Tychon

Noces : Sophie Van Den Keybus

Meilleure musique originale

 

Chez nous: Frédéric Vercheval

Insyriated: Jean-Luc Fafchamps

Le fidèle: Raf Keunen

Meilleur montage

 

Chez nous: Ludo Troch

Home: Nico Leunen

Le fidèle: Alain Dessauvage

Noces: Jérôme Guiot

Paris pieds nus: Sandrine Deegen

Meilleur court-métrage de fiction

 

Avec Thelma de Raphael Balboni et Ann Sirot, produit par Julie Esparbes (Helicotronc)

Kapitalistis de Pablo Munoz Gomez, produit par David Borgeaud et Erika Meda (Roue Libre Production)

Le film de l’été d’Emmanuel Marre, produit par Sebastien Andres et Olivier Burlet (Michigan Films)

Les petites mains de Remi Allier, produit par Benoit Roland (Wrong men)

Meilleur court-métrage d’animation

 

69 Sec de Laura Nicolas, produit par l’Atelier de production de La Cambre

La licorne de Remi Durin, produit par Arnaud Demuynck (La Boite,… Productions)

Le lion et le singe de Benoit Feroumont, produit par Guillaume Malandrin (Altitude 100 Production)

Le vent dans les roseaux d’Arnaud Demuynck et Nicolas Liguori, produit par Arnaud Demuynck (La Boite,… Productions)

Meilleur documentaire

 

Burning out de Jerome le Maire, produit par Arnauld de Battice et Isabelle Truc (AT-Prod)

Les enfants du Hasard de Thierry Michel et Pascal Colson, produit par Christine Pireaux (Les Films de la Passerelle)

La belge histoire du festival de Cannes de Henri de Gerlache, produit par Bernard de Launoit (Alize Production)

Rester vivants de Pauline Beugnies, produit par Laurence Buelens (Rayuela Productions)