Tournai

VIDÉOS | La petite fille qui parle à l'oreille des chevaux, à Tournai

VIDÉOS | La petite fille qui parle à l'oreille des chevaux, à Tournai

Charlotte a un réel feeling avec les chevaux, une passion transmise par son grand-père, Alain Deronne, qui a réalisé son rêve à Warchin en créant un centre équestre il y a une trentaine d'années. Com.

Lauréate du concours parisien Equi’Star l’an dernier, Charlotte Deronne assurait la première du spectacle de Lorenzo en décembre dernier, à Paris. Pour la jeune fille de 11 ans, l'équitation est plus qu'une passion, c'est aussi une belle histoire de famille...

Chez les Deronne, on caresse une véritable passion pour les chevaux depuis au moins trois générations. Cela depuis que le grand-père de Charlotte, Alain, a réalisé son rêve en créant un centre équestre à Warchin, la Frisonnerie ASBL, il y a une bonne trentaine d’années. Fille de Pierre-Alain Deronne et d’Anne-Sophie Detournay, Charlotte était déjà bercée par le galop du cheval alors qu’elle n’était pas encore née. Sa maman montait encore à sept mois de grossesse, alors que peu après sa naissance, son papa la prenait déjà en croupe lorsqu’il travaillait ses chevaux.

Rien d’étonnant dès lors à ce que la jeune fille se soit découvert très tôt une passion pour le dressage, la compétition, mais aussi pour le spectacle. Élève en sixième primaire à l’école Notre-Dame Auxiliatrice, à Tournai, il lui arrive de temps à autre de « sécher » les cours pour s’illustrer dans des compétitions aux quatre coins du pays. Une discipline qu’elle a débutée à l’âge de sept ans. C’est aussi à cet âge qu’elle a reçu comme cadeau de communion, un poney prénommé Secret. Un nom particulièrement bien choisi pour ce poney acheté par son grand-père plusieurs jours avant la communion de la jeune fille et qu’il fallut cacher jusqu’à ce qu’il lui soit offert en cadeau.

Avec son poney et avec la complicité de sa marraine, Anne-Sophie Deronne, Charlotte s’est perfectionnée dans le dressage en liberté et s’est lancée dans l’univers très particulier des spectacles équestres. Ce qui lui valut d’être remarquée dans le milieu jusqu’à décrocher sa sélection, en 2016, pour le concours Équi’Star qui est à l’équitation ce que Danse avec les stars est à la danse. Il met en selle des jeunes talents équestres dans le cadre du prestigieux salon du cheval de Paris. À l’issue de l’édition 2016, l’Équi’Mag, célèbre magazine équestre, écrivait : « Ceux-ci ont une nouvelle fois déroulé leur numéro le dimanche, face à un jury composé de professionnels du spectacle équestre – dont Lorenzo et la gagnante de l’édition 2015 – qui a désigné Charlotte Deronne comme vainqueur.

Du haut de ses 10 ans, la jeune Belge était la cadette du concours mais sa représentation en liberté avec son poney Secret a su séduire tant le public que les juges ». C’est au titre de gagnante de ce concours que Charlotte a eu l’opportunité de faire la première du spectacle de Lorenzo, connu mondialement pour son numéro de Poste hongroise avec 12 chevaux en liberté. C’était à Paris lors du dernier salon du cheval à la fin de l’année 2017. Le feeling est particulièrement bien passé entre l’artiste français et la jeune Belge qui est invitée à le rejoindre au Sainte-Marie de la mer durant les grandes vacances 2018.

Sa rencontre avec Lorenzo, mais aussi avec Alexandre Bouglione sous le chapiteau duquel elle s’est produite dans le cadre du festival du cirque de Courcelles, incite Charlotte à se perfectionner encore davantage dans la pratique du dressage en liberté. Bien qu’elle consacre l’essentiel de son temps libre aux chevaux, cela ne l’empêche pas d’afficher de beaux résultats scolaires démontrant qu’il est possible d’allier passion et études. De plus, aujourd’hui, Charlotte entraîne dans son sillage sa petite sœur Ophélie, 7 ans, qui commence, elle aussi à se lancer sur les pistes. Quand on vous disait que la relève est assurée chez les Deronne…

Un cheval ou une voiture

Si vous êtes monté jadis dans une calèche qui parcourait les rues de Tournai, ou à bord du petit train touristique, le visage d’Alain Deronne ne vous est certainement pas inconnu. C’est lui qui a popularisé ces attractions touristiques dans la cité et qui a transmis l’amour des chevaux à ses enfants et à ses petits-enfants.

« Mes parents n’aimaient pas cela, mais moi, j’ai toujours eu une passion pour les chevaux, explique-t-il. Quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai dû faire un choix car je n’avais pas assez d’argent pour acheter les deux, c’était soit un cheval, soit une voiture… J’ai choisi le cheval. Si bien que je me déplaçais toujours à cheval, même pour aller travailler à la Poste ou pour aller faire les courses. J’ai eu une calèche avec laquelle je me baladais un peu partout et c’est pour cela que le bourgmestre de Tournai de l’époque, Roger Delcroix, m’a contacté pour me demander de mettre deux attelages à la disposition des touristes durant la belle saison… C’est ainsi que cela a commencé. »

Et la belle aventure des calèches a duré jusqu’en juillet 2000. « Il devenait de plus en plus difficile de trouver des jeunes qui puissent conduire un attelage, explique Alain. De plus, après les travaux dans le centre-ville, les nouveaux revêtements de sol étaient trop glissants pour les chevaux… »
Entretemps, Alain a eu l’opportunité de racheter le petit train touristique lancé quelques années plus tôt par Carl Leroy.
Une activité dont il avait d’ailleurs été le premier à proposer l’idée. Aujourd’hui, il possède trois trains, dont le rouge et blanc d’origine, un autre similaire et un bleu, qui roulent non seulement à Tournai mais également lors de festivités aux quatre coins du pays.

Et dans la ferme abandonnée de Warchin qu’il avait rachetée en 1973, Alain a réalisé son rêve en créant un centre équestre abritant aujourd’hui une soixantaine de chevaux dont 30 de propriétaires.