PRESSE

«Je n’ai pas de religion sur qui doit détenir les Éditions de l’Avenir»

«Je n’ai pas de religion sur qui doit détenir les Éditions de l’Avenir»

Marcourt n’a pas écarté l’idée d’augmenter à l’avenir les aides à la presse pour offrir un peu d’oxygène à ce secteur en crise. BELGA

Le ministre des Médias en Fédération Wallonie-Bruxelles Jean-Claude Marcourt (PS) s’est dit ouvert à différentes pistes pour aider les Éditions de l’Avenir en difficultés, l’essentiel étant de préserver la diversité de la presse francophone du pays, selon lui.

«Je n’ai pas de religion sur qui doit détenir les Éditions de l’Avenir (aujourd’hui propriété du groupe Nethys, NDLR)», a commenté mardi le ministre en commission du Parlement.

«Ce qui importe, c’est que l’actionnaire préserve le projet éditorial et la pérennité de l’entreprise. Que cela passe par une cession, un portage (via la Région wallonne), peu importe», a-t-il répondu en réponse à une interpellation conjointe des députés Véronique Salvi (cdH), Stéphane Hazée (Écolo) et Olivier Maroy (MR).

S’appuyant sur les conclusions de l’étude (restée confidentielle) de McKinsey sur le secteur qu’il avait commanditée il y a près de quatre ans, Marcourt a estimé que des collaborations techniques étaient possibles sinon souhaitables entre éditeurs, notamment dans le domaine de l’impression ou de régies publicitaires.

Il n’a pas non plus écarté d’augmenter à l’avenir les aides à la presse pour offrir un peu d’oxygène à ce secteur en crise.

Quant à un éventuel rachat pur et simple d’ÉdA par Rossel, Marcourt a estimé que rien ne permettait pour l’heure d’accréditer cette thèse, démentie samedi par le patron de Rossel, Bernard Marchant, dans les pages du Soir, a-t-il d’ailleurs rappelé.

Pour Jean-Claude Marcourt, face à la disparition d’un grand nombre de titres de presse ces dernières décennies, il importe à présent de préserver la diversité des titres qui subsistent en Fédération, «et que ceux-ci gardent leur ADN, c’est-à-dire leur ligne éditoriale», a-t-il insisté.

Dans la même majorité que Marcourt, Véronique Salvi (cdH) a déploré dans sa réplique le «manque de volontarisme» du ministre dans ce dossier.

«Pourquoi est-ce que vous ne prenez pas le lead pour trouver une solution en mettant les différents acteurs autour de la table? «, a-t-elle lancé.

Dans l’opposition, Stéphane Hazée (Écolo) a dit partager cette critique. Même si une partie du dossier est à présent dans les mains du nouveau ministre wallon de l’Economie Pierre-Yves Jeholet (MR), l’Écolo a estimé que Marcourt disposait néanmoins «d’une série d’attributs pour faire évoluer le dossier et dire aux actionnaires de Nethys qu’ils doivent sortir du pourrissement actuel».