BELGIQUE

Manifestation nationale ce mardi 19 décembre: 25.000 manifestants selon la police, le cortège se disloque déjà

Manifestation nationale ce mardi 19 décembre: 25.000 manifestants selon la police, le cortège se disloque déjà

La FGTB espérait entre 30.000 et 50.000 manifestants, la CSC en souhaitait plus de 20.000. ÉdA Mathieu GOLINVAUX

La police a annoncé que la manifestation nationale contre la réforme des pensions a réuni 25.000 manifestants. Le cortège s’est déjà disloqué.

25.000 manifestants selon la police

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Les quelque 25.000 manifestants, selon les estimations de la police, du cortège syndical contre la réforme des pensions arrivaient progressivement à la gare de Bruxelles-Midi mardi vers 13h. La manifestation se disloquait entre les militants ralliant les dizaines de bus présents boulevard du Midi pour quitter la capitale et ceux se dirigeant vers la gare.

Les syndicats affichent leur satisfaction après cette mobilisation. « Nous sommes ravis de l’affluence et du signal ainsi donné. Nous serons sans doute moins satisfaits de la réaction du gouvernement », a déclaré Marc Leemans, président de la CSC.
Alors que « le combat ne fait que commencer » selon les syndicats, la suite des actions demeure sujette à réflexion.

« Nous déciderons en janvier. Nous allons d’abord attendre la réaction du gouvernement », prévient sibyllin Rudy De Leeuw, le président de la FGTB. Le syndicat socialiste envisage une grève générale l’année prochaine, mais ses homologues chrétien et libéral ne semblent pas impatients d’en arriver là.

« Si on nous demande de participer à une grève générale, c’est non », assène Mario Coppens, le président de la CGSLB. La CSC préfère également opter pour un autre type de protestation. « Sinon, on risque une nouvelle fois de se concentrer sur la forme au détriment du contenu », estime Leemans.

La circulation a repris son cours normal une fois la manifestation totalement dispersée, peu avant 14h00, indique la zone de police Bruxelles Capitale-Ixelles. Malgré les dizaines de milliers de militants présents dans le centre-ville, l’heure de pointe de la matinée s’est déroulée sans problème majeur, selon Bruxelles Mobilité.

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, selon les estimations des syndicats, ont traversé Bruxelles mardi au départ de la gare du Nord pour protester contre la réforme des pensions portée par le gouvernement Michel.
Le principe de la pension à points et le relèvement de l’âge légal de la retraite à 67 ans figurent parmi leurs principaux griefs.

 

«Ma pension est un droit, pas une tombola!»

 

Ils étaient plusieurs milliers à s’être rassemblés ce mardi face au podium qui devait accueillir les leaders syndicaux venus protester contre la réforme des pensions portée par le gouvernement Michel. La foule demande aux autorités fédérales «une pension juste et digne» et s’oppose au relèvement de l’âge légal de la retraite à 67 ans.

«Ma pension est un droit, pas une tombola!», arborent des centaines de manifestants ayant rallié Bruxelles mardi. Un slogan issu du PTB que de nombreux militants FGTB ont repris à leur compte.

Des centaines de ballons affichant un 67 barré, en référence au relèvement de l’âge de la pension légale, survolent les têtes des protestataires venus s’opposer physiquement à la politique de l’exécutif fédéral. «J’ai travaillé 35 ans dans l’industrie métallurgique», explique René, aujourd’hui pensionné. «Vous m’imaginez vraiment travailler dans un haut-fourneau jusqu’à mes 67 ans?! Je ne suis plus là pour moi, je suis là pour mes enfants et petits-enfants.»

Une inquiétude partagée par Cécile, la trentaine radieuse, qui est employée dans un call-center. «On nous demande toujours plus de flexibilité pour des conditions de plus en plus précaires», relate l’affiliée au syndicat chrétien. «Vais-je devoir travailler encore trente ans pour une pension de misère?»

Au total, ils sont quelques dizaines de milliers, selon les trois organisations ayant mis sur pied la manifestation, 25.000 selon la police, à traverser la capitale pour exprimer leurs préoccupations pour le futur. Une mobilisation qui ravit les dirigeants syndicaux car, selon eux, «le combat ne fait que commencer».

 

 

 

Bacquelaine dénonce une «campagne de désinformation visant à tromper la population»

 

Le ministre des Pensions, Daniel Bacquelaine (MR), a dénoncé ce mardi sur Bel-RTL et la Première «une campagne de désinformation visant à tromper la population» sur la réforme des pensions menée par l’exécutif fédéral.

«Chez les socialistes, on est passé du chantier des idées au chantier des mensonges», a-t-il lancé, tout en affirmant que des pensions «justes et dignes» seraient garanties à l’avenir.

Le libéral a affirmé vouloir rassurer la population en soulignant qu’il n’avait jamais été question de faire travailler tout le monde jusqu’à 67 ans. «Ce qui compte c’est d’allonger progressivement les carrières», a entre autres expliqué le ministre.

«On ne peut pas aujourd’hui rester avec une durée de carrière moyenne de 32 ans. Il faut une fois pour toutes admettre que la durée de la carrière doit évoluer avec l’espérance de vie», a-t-il insisté.

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Le secrétaire général de la FGTB: «Des mesures plus injustes et inacceptables les unes que les autres»

 

Le syndicat socialiste, prédominant dans le cortège, n’avait pas de mots assez forts pour hurler tout le mal qu’il pense de la politique menée par Daniel Bacquelaine, ministre fédéral des Pensions. «Nous sommes ici pour défendre ce que nous croyions être un droit acquis et irrémédiable: vivre dignement après une vie de travail», a lancé Robert Vertenueil, secrétaire général de la FGTB, aux quelques milliers de militants présents.

Particulièrement remonté, le leader syndical a condamné avec force «des mesures plus injustes et inacceptables les unes que les autres», visant notamment le relèvement de l’âge légal de la pension et de la prépension. «S’il (le gouvernement, NDLR) continue, si nous ne nous dressons pas, il y aura des larmes de sang!», a-t-il prévenu. «Pour Bacquelaine et sa clique, c’est no pasaran!»

Tout comme ses confrères de la CSC, Vertenueil a insisté sur les effets délétères de cette politique pour les jeunes. «Nous devons offrir un avenir digne à nos enfants, et ne pas leur dire qu’ils vont devoir trimer toute une vie pour une pension misérable.» «La pension est un contrat à vie», a quant à lui souligné Rudy De Leeuw, le président de l’organisation. Il a aussi infligé une note de zéro sur dix au projet de pension à points, dont les zones obscures inquiètent les manifestants.

Enjoignant le gouvernement de s’attaquer aux paradis fiscaux, De Leeuw a appelé à l’établissement d’un «paradis social», fondé sur la solidarité, en Belgique.

Quel impact sur les TEC?

Le réseau des TEC wallons était impacté par la manifestation prévue à Bruxelles, ce mardi matin. Entre 27% et 50% des bus étaient sortis des dépôts dans la région de Charleroi, qui semblait la plus touchée. La circulation des métros carolorégiens est également perturbée.

Au sein des TEC Liège-Verviers, le dépôt de Jemeppe était le plus impacté, avec seuls 18% des bus en circulation. Entre 50 et 72% des bus roulaient à Robermont, Verviers et en Hesbaye. À Eupen, tous les bus sont sortis du dépôt, a indiqué la porte-parole.

Concernant le Hainaut, 24% des bus circulaient dans la région du centre, 54% à Mons, 30% dans le Borinage et 82% dans le Hainaut occidental.

Dans le Brabant wallon, 87% des parcours étaient assurés. Les transports scolaires ne subissent pas de perturbations.

À Namur-Luxembourg, plusieurs lignes étaient à l’arrêt également, selon les dernières informations publiées sur le site des TEC.

Les syndicats ont déposé un préavis de grève afin de couvrir les agents des TEC qui souhaitaient se rendre à la manif.

Les voyageurs sont invités à consulter le site www.infotec.be.

Le trafic ferroviaire entre Namur et Bruxelles le plus impacté par la manifestation

Seulement 60% de la circulation ferroviaire sur la ligne 161, Namur-Bruxelles, est assurée, indique ce mardi vers 10h40 Thierry Ney, porte-parole de la SNCB. Sur toutes les autres lignes, entre 80 et 90% des trains roulent.

Le trafic ferroviaire entre Mons/Tournai et Bruxelles s’améliore puisqu’entre 80 et 90% des services sont assurés alors qu’un train sur deux seulement roulait vers 8h00 sur ces lignes.

Des retards sont par ailleurs possibles, précise le porte-parole de la société ferroviaire. Les voyageurs sont invités à se renseigner avant de se rendre en gare, la situation pouvant évoluer.

Un préavis de grève avait été déposé par le syndicat socialiste CGSP-Cheminots et son pendant flamand, ACOD-Spoor, afin de permettre à leurs affiliés de participer à l’action.

Pour la STIB, les trois syndicats – FGTB, CSC, CGSLB – ont certifié que le service serait assuré normalement afin de «transporter un maximum de manifestants».

La circulation sur les routes sera également perturbée. Outre les usagers qui préféreront leur voiture à l’incertitude des transports en commun, de nombreux affiliés se rendront en cars à Bruxelles. «Juste pour la FGTB, on a prévu plus de 300 cars», signale Nicolas Deprets, l’attaché de presse du secrétaire général de la FGTB.