MONS

Pascal Lafosse sera entendu à huis clos jeudi par le conseil communal de Mons, l'opposition ne s'en contentera pas

Pascal Lafosse sera entendu à huis clos jeudi par le conseil communal de Mons, l'opposition ne s'en contentera pas

Pascal Lafosse s'expliquera, à huis clos, devant le conseil communal de Mons ce jeudi 21 décembre. Belga

L'opposition MR/Ecolo ainsi que le partenaire de majorité cdH souhaitaient entendre les explications de Pascal Lafosse au conseil communal, au sujet de l'asbl La Persévérance, qui aurait servi à faire de la propagande politique.

La majorité montoise n'éclatera pas en ce début de semaine. Samedi dernier, le cdH montois, partenaire du PS dans la majorité, sommait le collège communal, par la voix de sa cheffe de file et échevine Savine Moucheron, "de mettre en place dès ce lundi matin l’organisation d’un conseil communal à huis clos qui devra se tenir avant les vacances de Noël."

Le cdH rejoignait les demandes du MR et d'Ecolo, qui souhaitaient entendre l'échevin Pascal Lafosse, visé avec son père Maurice Lafosse par une information judiciaire. Ils sont soupçonnés d'avoir demandé au personnel de l'association sociale "La Persévérance/La Maison Emilie" de distribuer des flyers politiques estampillés PS à Cuesmes.

Des mails concernant la confection de ces flyers, mais aussi questionnant le personnel de l'ASBL sur le versement de la cotisation au parti ont aussi été envoyés depuis le cabinet de l'échevin. 

Ce lundi matin, le collège communal de la ville de Mons s'est réuni et a finalement entendu la requête de son partenaire cdH: un conseil communal est convoqué, à huis-clos, ce jeudi 21 décembre au soir.

Un mandat à "titre privé et bénévole"

A la Ville de Mons, on considère n'être que très indirectement lié à l'affaire: "la ville est concernée par l’envoi ponctuel de mails à caractère privé par un membre du cabinet de l’Echevin Pascal Lafosse. A la demande du Collège, la Directrice générale a d’ores et déjà été mandatée pour mener une enquête interne à ce sujet", indique-t-elle par communiqué.

"L’asbl «La persévérance» est quant à elle une asbl privée, indépendante de la Ville de Mons. Pascal Lafosse siège dans son Conseil d’administration à titre privé et bénévole. Le Collège, avec l’accord de Pascal Lafosse, a néanmoins décidé de permettre à l’Echevin de tenir informés les Conseillers communaux et de répondre à leurs questions" conclut-elle.

Vendredi dernier, Pascal Lafosse aurait dû être entendu par le comité de bonne gouvernance de la ville de Mons. Cependant, l'échevin voulait se présenter en compagnie de ses deux avocats. Ce comité n’ayant aucune structure juridique précise, aucune procédure définie pour le traitement d'un tel dossier et enfin aucun secrétariat, il a été jugé préférable de ne pas l'impliquer dans ce dossier.

C'est donc devant le très officiel conseil communal que Pascal Lafosse s'expliquera. Et il devra être convainquant: Georges-Louis Bouchez (MR) a demandé sa démission, tandis que Charlotte De Jaer (Ecolo) a demandé sa suspension à la ministre de tutelle, Valérie De Bue, le temps de voir plus clair dans le dossier.

 

 

"Le PS n'a pas pris conscience de l'importance du dossier"

 

Car du côté de l'opposition, on ne se contentera pas d'une petite explication et des excuses de l'échevin, qui a reconnu une "maladresse". Si MR et Ecolo se réjouissent d'avoir été entendu et rejoints dans leur demande de conseil communal, les deux conseillers déplorent le fait que le PS semble ne pas avoir pris la mesure du problème.

Pour le Collège, "le seul lien entre la Ville et ce dossier serait l'envoi de quelques mails. C'est oublier le reportage de Bel RTL de ce vendredi 15 décembre dans le journal de 18h00 qui diffuse un enregistrement audio de Maurice Lafosse indiquant que l'ASBL a réalisé des affiches pour l'ASBL Mons Sport qui est une ASBL para communale, totalement liée à la Ville de Mons", indique Georges-Louis Bouchez.

"Utiliser les moyens d'un échevinat pour faire de la propagande afin d'amener des gens à adhérer au PS est inacceptable. Enfin, il semblerait que des moyens aient été mis à disposition de l'ASBL par la Ville. A ce titre, nous interrogerons les services compétents", poursuit le libéral.

La secrétaire: le fusible pour protéger Lafosse? 

Quand au groupe Ecolo, s'il se réjouit de cette prochaine réunion, il n'est pas rassuré pour la suite des événements et avertit déjà: "une simple information ne suffira pas".

Et déplore que la majorité "semble rejeter toute la faute sur la secrétaire de Pascal Lafosse. Se cacher derrière le fait que l’asbl serait privée et sans lien avec la Ville est, en plus de sembler faux, totalement éloigné de ce que l’on attend d’un responsable politique."