Corinne et Adrien: le neuvième binôme du concours

Corinne et Adrien: le neuvième binôme du concours

© ÉdA – Jacques Duchateau

L’une est responsable des suppléments du journal «L’Avenir» et chapeaute la Belgodyssée depuis ses balbutiements. L’autre explore la Wallonie et le monde dans ses émissions et fait partie des créateurs du concours. Corinne Marlière et Adrien Joveneau orchestrent, avec dynamisme et une amitié sans faille, le concours pour jeunes journalistes.

L

eur complicité est évidente. Après seulement quelques mots, on comprend très vite que le concours Belgodyssée s’est imposé dans leur vie professionnelle. Le concours leur apporte beaucoup. Chaque année, de nouvelles rencontres, de belles découvertes et pas mal d’inspiration aussi. Ils consacrent près de 10 semaines, entre octobre et décembre, à la Belgodyssée. Même s’ils ne sont pas les seuls derrière l’organisation de cet événement, ensemble, ils forment le neuvième binôme du concours.

En 13 éditions, qu’est ce que la Belgodyssée vous a apporté?

Corinne Marlière: Énormément de rencontres et de découvertes de jeunes pousses. C’est très agréable de voir ce qu’ils sont devenus, voire impressionnant! D’ailleurs, la plupart restent très modestes. C’est vraiment quelque chose qui me marque, parce que ce sont des personnes avec qui je reste en contact et qui répondent toujours présentes, alors que certains sont devenus célèbres, ils passent à la télévision, etc.

Adrien Joveneau: Je partage ce même point de vue. Et moi, ce que ça m’a apporté en plus, ce sont des collègues! Ils côtoient nos émissions au quotidien. Je me paie même le luxe d’avoir une petite réserve dans laquelle je vais chercher de jeunes talents pour apporter du sang frais à mes émissions. Ils ont un regard neuf sur mes émissions, je suis malin non? (rire)

Justement, de voir leur progression à tous, quelle fierté, non?

AJ: La plupart, je crois, saisissent la chance qu’on leur offre. Nous, on leur met juste le pied à l’étrier, c’est tout ce que l’on fait… Après, c’est eux qui montent sur le cheval et qui le conduisent et c’est eux qui mènent leur barque. Je les trouve extrêmement motivés.

CM: Malheureusement, on n’a pas toujours la possibilité de leur offrir un contrat, mais certains bifurquent vers la presse écrite ailleurs. Comme Maxime Delrue, lauréat l’année dernière, qui est maintenant à L’Écho. Il a évidemment été repéré tout de suite. Il a trouvé son bonheur à L’Écho, mais il n’a pas eu besoin de nous pour ça…

Dix semaines de concours, pendant lesquelles vous côtoyez de nombreux jeunes, c’est votre cure de jouvence annuelle?

AJ: Très objectivement, oui! En plus, c’est au début de l’automne, ça fait du bien. Même à la RTBF, cela dit, pour toute l’entreprise, voir de nouvelle tête avec de nouvelles pratiques, c’est vivifiant!

CM: C’est vrai que pour l’entreprise, c’est attendu, on va chercher des jeunes pousses dans les candidats. J’ai régulièrement mon collègue du web qui me demande s’il n’y a pas une perle rare pour son service. Donc, c’est très bénéfique. C’est une période à part, mais qui demande quand même beaucoup de travail!

Cette année, comment est le contenu final des candidats, quel est le niveau?

CM: Comme chaque année, il est perfectible.

AJ: Et heureusement!

CM: Les jeunes ont toujours de bonnes idées, mais avec des faiblesses qui ont évolué au fil du temps. Aujourd’hui, les étudiants foisonnent d’idées, mais sur la forme, on se demande parfois ce qu’on leur apprend à l’école… Le vocabulaire devient très basique, l’orthographe et la grammaire aussi. C’est vraiment une tendance générale, mais avec toujours des exceptions pour confirmer la règle. Le gros point positif, c’est que les jeunes s’affirment plus qu’avant. On ressent très bien le reportage de terrain, et on retrouve plus de personnalité aussi.

AJ: Sur la forme, les jeunes maîtrisent de plus en plus rapidement des outils numériques et sont rapidement indépendants pour faire eux-mêmes leurs sujets de A à Z. Je suis parfois dépassé et donc ça me tient à flot aussi.

CM: Je confirme! Je découvre beaucoup des choses, sur le web par exemple, cette année les candidats ont déniché des choses très novatrices.

Un des candidats de cette 13e édition a dit: “La Belgodyssée, c’est le point parfait pour clôturer 5 années d’études”. C’est génial d’entendre ça?

AJ: C’est le plus beau compliment. Pendant les études, on est le nez dans le syllabus, sans pouvoir toucher du doigt la réalité du terrain. Pouvoir terminer et mettre en pratique tout ce qu’ils ont appris, c’est top!

CM: C’est agréable d’entendre ça et ça récompense aussi toute l’énergie qu’on y met. On a finalement atteint notre objectif. En plus, pouvoir clôturer ce concours avec cette cérémonie au cœur du palais royal de Bruxelles, ça apporte quelque chose en plus, une sorte de féerie et de prestige pour les proches et les amis. Même pour nous, après 12 ans, on a toujours cette petite émotion en allant au palais pour la remise des prix.