MONS

PHOTOS | Le trajet ubuesque pour se rendre à la gare de Mons à vélo

PHOTOS | Le trajet ubuesque pour se rendre à la gare de Mons à vélo

Cyclistes gonflés à bloc

Entre partage de voirie avec des bus et signalisation absurde, rouler à vélo jusque la gare est un vrai parcours du combattant. Démonstration.

Depuis leur action au rond-point de la porte du Parc à Mons le 14 novembre dernier, le groupe des "Cyclistes gonflés à bloc pour l'action" poursuit son action de poil-à-gratter des autorités politiques en matière de mobilité. Chaque semaine, ces cyclistes mettent en lumière des points noirs de la mobilité douce à Mons, dans un feuilleton baptisé "La blague de la semaine des petits farceurs", qu'ils publient sur leur page Facebook et qu'ils envoient aux élus en charge de la mobilité.

Les petits farceurs, ce sont les ministres de la Région wallonne, les bourgmestre et échevins de la Ville de Mons et leurs fonctionnaires en charge des infrastructures cycloroutières, qui s'emploient à "faire mourir les cyclistes…de rire en parsemant les routes communales et régionales de petites blagues à cyclistes les plus désopilantes les unes que les autres."

On l'a compris: le ton est corrosif et très moqueur, mais illustre l'exaspération des "cyclistes gonflés à bloc" quant à la aux aménagements cyclables incohérents et insuffisants. Pour le troisième épisode d'une première saison devant en compter 13, ils se sont penchés sur l'(in)accessibilité de la gare de Mons à vélo depuis le square Verlaine, qui longe le boulevard Winston Churchill, et qui mène au campus principal de l'UMons, à la Haute Ecole Condorcet, l'Athénée Royal Marguerite Bervoets, la Haute Ecole en Hainaut...

Un pôle d'enseignement, et dont l'accès en vélo devrait tomber sous le sens. Et pourtant, c'est loin d'être gagné, comme l'illustrent les "cyclistes gonflés" qui se sont emparés de leur appareil photo pour illustrer ce périple intitulé "à la gare comme à la guerre". On s'accroche à son guidon et on baisse la tête car la qualité des aménagements ne vole pas haut.

Et ça commence dès le démarrage: le trottoir autrefois mixte est désormais interdit aux cyclistes. Le panneau les autorisant à y circuler a été enlevé. "Il faut dire que ce tronçon était souvent impraticable en raison du nombre de piétons", reconnaissent les usagers des deux-roues qui du coup se retrouvent sur la chaussée longeant le boulevard, empruntée par les centaines de bus qui terminent leur trajet à la gare.

Et qui roulent vite à cet endroit, emportés dans la descente. Du coup pour les cyclistes, qui n'ont pas d'autres choix que d'utiliser cette voirie, il leur reste à rouler sur la bande hachurée, ce qui est illégal, mais ce qui leur donne plus de chances de survie. De toute façon, sur cet axe, ils n'en sont pas à une infraction (obligée) près.

Une fois le tunnel passant sous le rond-point de la porte du parc franchi, les choses se corsent dans la montée: la zone hachurée se rétrécit avant de disparaître complètement. Le cycliste ne sait plus où se mettre et croise les doigts de ne pas finir sous un bus. 

Pour les survivants des 150 premiers mètres, la suite des péripéties se passe en lisant les panneaux de signalisation. Selon le premier panneau rencontré, la bande de droite est réservée aux bus, aux taxis, aux véhicules qui doivent accéder au chantier de la gare et aux deux-roues. "Tout va bien, je suis dans le bon", pense le cycliste qui s'y risquerait une première fois.

Sauf que en fait, non. 10 mètres plus loin, c'est un panneau C3 interdisant la circulation à tout véhicule, sauf aux bus, taxis et fournisseurs, qui est installé. Interdiction confirmée par le signal suivant 50 mètres plus loin et réservant la bande de droite aux bus.

Que faire dès lors pour le cycliste à cheval sur le code de la route? Descendre de son vélo et marcher sur le trottoir, ou changer de bande et s'engager sur celle où  les voitures déboulent du boulevard. Mais une fois arrivé à la gare, le cycliste constate que  personne ne peut tourner à droite, sauf les bus, taxis...et lui-même, qui n'avait pas l'autorisation de rouler les 400 derniers mètres. 

Et quand le cycliste a tourné, un dernier panneau indique finalement que...la voie d'accès est uniquement réservée aux bus et aux taxis. Quand bien même cette voirie est la seule possible pour aller placer son vélo au parking deux-roues de la gare provisoire. 

Au final, si le cycliste utilise la voie la moins dangereuse pour son intégrité physique et si l'on se réfère à la signalisation, il a commis quatre infractions, sur 550 mètres de trajet...On ne s'étonnera plus de la part modale minuscule du vélo à Mons.


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