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À Meux, trois pour en avoir deux

À Meux, trois pour en avoir deux

Trois pour faire deux? «Oui mais avec deux Meutis, on peut aussi faire trois Namurois», riposte Paul Gilles, savoureux historien local. ÉdA – 302441759718

«Godoms, mangeurs d’herbes, briseurs de jambes…» À Meux, on a cultivé les surnoms et un joli sens de la répartie, comme le démontre Paul Gilles.

Meux. En région agricole, ces quatre lettres sonnent carrément comme une onomatopée. Et pour les villages voisins, c’est donc tentant de se laisser aller aux commentaires parfois peu élogieux. «C’est vrai qu’on nous a parfois appelés les mougneûs d’ièbes (les mangeurs d’herbes)», rappelle Paul Gilles, fin connaisseur du patrimoine local. «Mais le surnom qui revenait le plus souvent, c’était… les Godoms.» Une appellation qui prend l’accent germanique. «Visiblement, les Meutis reprenaient souvent à leur compte le juron flamand God verdom. Peut-être des ouvriers agricoles flamands qui sont venus travailler dans la région avaient-ils amené avec eux cette expression? Il n’est pas toujours évident d’avoir le fin mot pour expliquer ces blasons populaires.»

Pas besoin de mode d’emploi par contre pour comprendre l’expression «Meux, trwès po deus». Comprenez que pour avoir deux hommes valables, probablement pour les travaux des champs, il fallait engager… trois Meutis. «Oui mais on a aussi pris l’habitude de riposter en disant par exemple qu’il faut trois Namurois pour faire deux Meutis.» Une bonne petite expression populaire locale, cela donne une cure de vitamines à votre sens de la répartie.

«Pas mal de clichés et de surnoms proviennent aussi des compétitions sportives. On sait ainsi que, sur un terrain de football, les gens d’Aische-en-Refail nous appelaient… les briseurs de Jambes», rappelle encore Paul Gilles qui a aussi le sens du tacle verbal.

«Ici, on aimait aussi se moquer des gens de Rhisnes qui sont plus proches de la ville et qui en ont parfois un peu pris les habitudes. On les appelle les Monseûs (les châtelains, barons…)», balance le Meuti en faisant un fin rond avec la bouche. «Sinon, on joue aussi sur le mot et la sonorité. Et on parle alors des Rhinocéros.» Qui sont aussi… des mangeurs d’herbes.

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