LIÈGE

Les élus accepteront-ils de défendre un parc liégeois de 300 hectares?

Les élus accepteront-ils de défendre un parc liégeois de 300 hectares?

De gauche à droite, François Schreuer (Vega, Liège), Fabrice Drèze (MR, Liège), Lionel Thelen (Écolo, Chaudfontaine), Jean Peltier (plateforme Ry-Ponet), Serge Francotte (cdH, Beyne-Heusay) et Olivier Baltus (Trooz, Vega). EdA Hermann

Des élus de Liège, Chaudfontaine et Beyne-Heusay, issus de différents partis, s’associent pour défendre l’idée d’un parc du Ry-Ponet. C’est sur une partie de cet espace de 300 hectares que la société Neufcour souhaite implanter son écoquartier des «Haïsses-Piedroux».

Le tableau n’est pas courant. Des élus de différentes communes, mais surtout de partis différents, s’associent pour défendre la préservation du parc du Ry-Ponet. Il s’agit de Lionel Thelen (Écolo, Chaudfontaine), François Schreuer (Vega, Liège) et Serge Francotte (cdH, Beyne-Heusa), qui sont même soutenus par Fabrice Drèze (MR, Liège) dans leur démarche.

Ils ont choisi d’apporter ouvertement leur soutien à la plateforme du Ry-Ponet, un collectif citoyen qui se mobilise contre la construction de l’écoquartier des Haïsses-Piedroux, un projet d’environ 500 logements sur les hauteurs de Chênée. Ce lotissement concerne une trentaine de hectares, en bordure d’un espace de 300 hectares environ. Un tel espace constitue un poumon vert considérable, à l’est de la Cité ardente, que la plateforme et les élus en question souhaitent voir préservé.

4 700 courriers lors de l’enquête publique

Une importante mobilisation de la plateforme du Ry-Ponet a conduit, au début de l’été, à l’envoi de 4 700 courriers à l’administration communale de Liège, dans le cadre de l’enquête publique sur le projet. «Je pense que c’est un record en Wallonie», rappelle d’ailleurs Jean Peltier, fer de lance du mouvement. «Dans un souci d’apaisement», le promoteur, à savoir la société Neufcour, a fait savoir début septembre qu’il retirait son projet, promettant un retour sine die.

Pour la plateforme et pour les trois élus associés, il est hors de question de voir ressurgir le projet Haïsses-Piedroux. Ils souhaitent même bétonner - sans mauvais jeu de mots - la préservation du site, qui se trouve à cheval sur les communes de Liège, Chaudfontaine, Beyne-Heusay et même Fléron, à l’est.

Trois conseils communaux doivent se prononcer

Ils ont rédigé une motion qu’ils vont soumettre à leurs conseils communaux respectifs. «Lorsque les conseillers communaux et les groupes politiques vont prendre position par rapport à ce texte, cela aura le mérite de clarifier les choses. On saurait qui pense quoi, par rapport au Ry-Ponet», considère François Schreuer.

Le conseil communal de Chaudfontaine a d’ores et déjà approuvé la motion à l’unanimité, mercredi soir. Celui de Liège se réunit le lundi 30 octobre et celui de Beyne-Heusay, le 6 novembre.

Que dit la motion?

Cette motion insiste sur l’intérêt paysager de cet immense site, l’opportunité de disposer d’un parc de cette ampleur à deux pas de la ville, avec ce que cela génère comme possibilités de développement d’activités agricoles, de tourisme doux, de préservation de la biodiversité.

La motion invite les trois conseils communaux à s’engager sur trois points:

- reconnaître la valeur du site du Ry-Ponet

- engager une révision du plan de secteur pour y éviter toute urbanisation nouvelle

- permettre le développement d’activités de maraîchage en circuit court et d’écotourisme, en accord avec le propriétaire (le promoteur immobilier, donc)

Se mettre autour de la table

Au-delà de la motion à proprement parler, les défenseurs du parc déclarent vouloir trouver des solutions et entrer en dialogue, tant avec les autorités politiques qu’avec la société Neufcour.

D’un point de vue politique, l’enjeu est de taille à un an du scrutin communal, compte tenu de la mobilisation populaire autour du projet. Sur le plan économique et immobilier, les trois élus répètent l’aberration que constitue pour eux l’implantation de 520 logements en un tel lieu, relativement éloigné du centre urbain.

Parmi les propositions formulées, celle d’une forme «d’échange de terrain» à éventuellement négocier entre les autorités publiques et le promoteur, afin que celui-ci puisse honorer son projet. Pour François Schreuer, un échange de terrains avec le site LBP, propriété de la SPAQuE située près de la gare de Chênée, pourrait être une option.