MUSIQUE

Le mois de novembre 2017 dans la ziquemachine à remonter le temps

Petit moment de détente musical. Qu’écoutait-on en novembre 2007, 1997, 1987, etc.? Réponse dans ce petit montage signé Patrick Zirpolo qui nous emmène dans une ziquemachine à remonter le temps.

2007 Koxie – Garçon

 

Alors que les dénonciations pour sexisme, comportements déplacés, attouchements et viols pullulent ces dernières semaines suite aux dénonciations visant le producteur Harvey Weinstein, la chanson de Koxie Garçon résonne d’une façon particulière.

En 2007, elle dénonçait – de façon légère, humoristique et au ras des pâquerettes – le sexisme et la violence verbale que les femmes subissent quotidiennement dans la rue: «Tout à l’heure, J’roulais sur mon scooter dans Paris, D’une voiture, au feu rouge, un mec me dit: «Hé Madame, il est quelle heure?», J’lui réponds: «Midi.» Il m’dit: «Madame qu’est ce que t’es bonne! Tu veux pas m’faire une gâterie?» Ses potes rigolent. Sur le moment j’ai pas compris. J’réponds: «Mon grand, c’est pas comme ça qu’on parle aux gens. Tu n’aimerais pas qu’on parle comme ça à ta maman.»»

Le titre devient viral grâce au web, quelques mois après le succès de Marly-Gomont de Kamini. On chante «Gare aux cons» dans les cours d’école et les parents sont bien embêtés de devoir expliquer certains passages plutôt explicites. Ce sera le seul succès de Koxie (de son vrai nom Laure Cohen). Après Koxie en 2007, elle sort un nouvel album (Le prince charmant) en 2012, mais celui-ci n’intégrera même pas le top 200 des albums français… Depuis, Koxie – ex-élève du cours Florent, formée à la danse et à la comédie, est devenue animatrice sur Virgin Radio puis depuis 2017 sur NRJ.

 

L’info pour faire le malin

La sortie de Garçon est due un peu à un hasard. «J’avais laissé traîner mes maquettes un peu partout, raconte Koxie à l’époque dans une interview à Femme actuelle. Ma petite cousine, qui adorait la chanson, l’a mise sur Internet. Très vite, la chanson a circulé. Et tout le monde connaissait le titre. Sans que je le sache cette chanson a créé un «buzz». Le problème c’est que ma cousine n’avait pas mis mon nom avec la chanson. Personne ne savait qui était l’interprète de Garçon.»

 

1997 Aqua – Barbie Girl

 

«I’m a Barbie Girl, in a Barbie World. Life in plastic, it’s fantastic. You can brush my hair, undress me everywhere. Imagination, life is your creation…» En novembre 1997, un groupe scandinave (trois musiciens et DJ danois et une chanteuse norvégienne) obtient un tube mondial avec une chanson facilement mémorisable. Elle s’intitule Barbie Girl et le groupe s’appelle Aqua.

Le titre imagine un dialogue entre les poupées Barbie et Ken, de la société Mattel. La chanson et le clip mettent en scène la chanteuse Lene Grawford Nystrøm dans le rôle de Barbie et René Dif dans le rôle de Ken. On y voit aussi les deux autres membres du groupe, Claus Norreen et Søren Rasted.

Le style musical sera qualifié par les spécialistes de bubblegum dance ou encore de happy house. Entrent dans cette catégorie toutes les chansons dance aux paroles naïves et aux musiques joyeuses. Outre Barbie Girl d’Aqua, on peut citer Boom Boom Boom des Vengaboys ou encore Passion Fruit avec The Rigga Ding Dong Song.

 

L’info pour faire le malin

En 2000, l’entreprise Mattel a attaqué en justice MCA Records, maison de disques du groupe Aqua, estimant que le groupe avait «violé la marque de fabrique de Barbie, terni sa réputation et l’avait transformée en objet sexuel». Elle avance aussi que MCA a violé les droits d’auteurs et de propriété de la marque. MCA conteste et attaque Mattel en diffamation car la société de jouets a qualifié MCA de «braqueur de banque». Les deux plaintes ont été rejetées. Ironie du sort: Mattel a utilisé la chanson d’Aqua en 2009 - avec des paroles modifiées - pour une publicité

 

1987 Rick Astley – Never gonna give you up

 

À la fin des années 80, un trio va dominer la production musicale anglaise en produisant des tubes à la chaîne. Ce trio de producteurs se nomme Stock, Aitken et Waterman (du nom de ses membres Mike Stock, Matt Aitken et Pete Waterman), connu en Angleterre sous l’acronyme de SAW. En quelques années, le trio réussira à placer plus de cent titres dans le Top 40 anglais et à vendre 40 millions de disques!

Dans leur «écurie», on retrouve en 1987 un jeune chanteur de 21 ans nommé Rick Astley, originaire de Warrington dans le nord-ouest de l’Angleterre. Ancien batteur devenu chanteur, il est repéré par Pete Waterman lors du concert de son groupe de soul FBI. Si on le retrouve dans les chœurs du 45 Tours Ferry Aidsorti à l’occasion du naufrage du Herald of Free Enterprise au large de Zeebruges (une reprise de Let it be des Beatles), il faut attendre encore quelque mois pour qu’il accède à la notoriété mondiale avec le tube Never gonna give you up, classé numéro 1 dans plusieurs pays dont l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Australie, la Belgique, les USA…

Parmi les autres chanteurs ou groupes de l’écurie SAW, on retrouve les Bananarama, Big Fun, Dead or Alive, Kylie Minogue, Samantha Fox, Mel and Kim… Le point commun entre toutes ces productions est un son assez reconnaissable, que l’on doit à l’ingénieur du son Phil Harding.

 

L’info pour faire le malin

En 2007, Rick Astley est revenu au-devant de l’actualité grâce au phénomène du «rickroll». Cela consiste à renvoyer un internaute vers un clip via un lien apparemment en rapport avec le texte qu’il consulte. Le premier «rickroll» a lieu le 29 mars 2007, jour où le premier trailer du jeu vidéo Grand Theft Auto IV doit être diffusé sur le net. Le hic, c’est que vu l’affluence, le site du jeu est rapidement submergé. Des petits comiques postent alors un lien miroir censé mener vers ce trailer, sauf que les internautes qui cliquent dessus arrivent sur le clip de Rick Astley. Ce qui fait que la vidéo dépassera les 300 millions de vues en avril 2017.

 

1977 Michel Sardou – La java de Broadway

Les années 70 sont décidément très prolifiques pour Michel Sardou. En novembre 1977, il est de retour à la première place des hit-parades avec La java de Broadway, chanson qui évoque une virée entre potes à Broadway, la plus vieille avenue de New York connue pour ses grands défilés populaires pour fêter les victoires et les exploits mais aussi pour ses nombreux «theatres» où se jouent toute l’année quantité de comédies musicales.

Ce titre de Michel Sardou confirme le tournant pris par Sardou dans son répertoire, après plusieurs chansons polémiques (J’accuse, Le Temps des colonies, Je suis pour) qui lui vaudront de nombreux soucis, notamment en Belgique. Il en a écrit les paroles avec Pierre Delanoë, tandis que la musique est composée par Jacques Revaux. Le ton est plutôt à l’humour, avec des comparaisons entre Broadway et… Meudon, petite ville des Hauts-de-Seine plutôt tranquille…

Avec ce titre Sardou se place en tête des ventes en France du 14 octobre 1977 au 11 novembre 1977, ainsi que la toute dernière semaine du mois de décembre 1977. Il reste donc six semaines numéro 1.

 

L’info pour faire le malin

Parolier attitré et ami de Sardou, Jacques Revaux est aussi renseigné comme producteur de la chanson, aux côtés de Régis Talar. Ce dernier, aussi grand ami du chanteur, a été directeur d’édition chez Barclay jusqu’à la fin des années 60. Moment où Eddie Barclay décide de se séparer de Sardou. Talar va alors choisir de suivre son ami et fonde avec Jacques Revaux le label Tréma. Le label produira les disques de Sardou mais aussi Richard Anthony, Charles Aznavour, Jean-Jacques Debout, Michel Delpech, Dionysos, Frédéric François, Michel Fugain, Pierre Groscolas, Catherine Lara, Enrico Macias… Il sera racheté en 2004 par Universal.

 

1967 Adamo – Une larme aux nuages

 

Grand habitué du hit-parade dans les années 60 – il vend parfois plus de disques que les Beatles grâce aux versions multilingues de ses chansons – Salvatore Adamo est n°1 en 1967 grâce à Une larme aux nuages: Accroche une larme aux nuages, Et laisse le vent l’emporter, Bergère tu n’es pas très sage, Et le vent me l’a raconté.

Déjà premier en janvier 1967 avec Inch’Allah, Salvatore Adamo fête ses 24 ans (le 1er novembre 1967) avec ce nouveau succès. Ce sera son dernier gros tube de ces années-là. 1967, c’est aussi l’année de ses premiers pas au cinéma, dans le film franco-italien Les Arnaud, avec Bourvil.

 

L’info pour faire le malin

Comme de nombreuses chansons d’Adamo, Une larme aux nuages fera l’objet de nombreuses reprises et adaptations dans d’autres langues. En Allemand, on notera ces reprises de Tommy Blueou de Thorsten Engels (Es geht eine Träne auf Reisen). En flamand, Luc Steeno a repris la chanson (Een traan die gaat reizen) mais nous n’avons pas trouvé de vidéo. Parmi les curiosités, il y a aussi cette version instrumentale dePaul Mauriat et son orchestre. En italien, Nico dei Gabbiani chante Affida una lacrima al vento.

 

1957 Paul Anka – Diana

 

En novembre 1957, un jeune gamin de 16 ans du nom de Paul Anka est en tête des hit-parades européens avec une chanson intitulée Diana. Il a enregistré ce titre au mois de mai au studio Don Costa à New York. Cette chanson a été inspirée par une jeune fille qui fréquentait la même église que lui et qu’il connaissait à peine. Il vendra 9 millions de copies de ce single, ce qui en fait le 45 Tours le plus vendu de tous les temps.

De quoi bien lancer une carrière qui sera jalonnée de tubes. Son titre de gloire le plus important étant de signer les paroles anglaises du tube de Claude François, Comme d’habitude devenant My Way.

 

L’info pour faire le malin

Diana sera elle aussi reprises par de nombreux artistes à travers le monde. On a repéré celle proche de l’originale de Franky Limon, celle plus lente de Bobby Rydell, celle des Australiens de Ol’55, celle en italien d’Adriano Celentano, la version speedée des Bulgares de Wickeda, la version punk du groupe américain The Misfits. On vous a gardé le plus surprenant pour la fin: la reprise en hindou par Mohammed Rafi dans le film Dil deke dekho.