WALLONIE PICARDE

Dick Annegarn captera vos chansons en picard

Pour la Chaîne du verbe, Dick Annegarn sillonne la francophonie avec sa caravane afin de collecter des chansons en patois. Il sera en Wallonie en 2018.

À no méson, on a tué no pourchau. J’ai ri à larmes, j’ai ri à larmes… Vous êtes persuadés que cette chanson traditionnelle est issue du Pays des Collines, où on tuait le cochon dans une festivité jusque dans les années 80? On retrouve pourtant cet air, parfois avec quelques variantes, dans l’ensemble de la Picardie. Et notamment à Ons-en-Bray (F), à 250 km de Lahamaide où Philippe Boulfroy, a collecté des milliers de chansons en patois. Sur A no moéson in na tüé in pourchiau (retrouvée après que son ami ellezellois Jean-Pierre Dusoulier lui eut envoyé la version de chez nous), l’ancien facteur marque le rythme avec un couteau et un fusil de boucher.

On découvre cette capsule vidéo, parmi beaucoup d’autres, sur «La Chaîne du Verbe» sur YouTube. la plateforme présente « des tubes d’avant la radio, des chansons entêtantes connues par transmission orale », précise Dick Annegarn.

Tradition orale

Car c’est bien un… Hollandais, l’interprète de l’inoxydable Bruxelles, qui a choisi de partir aux quatre coins de la France pour collecter des chansons en langues régionales en vue de créer une grande vidéothèque de ce patrimoine original, accessible facilement sur le net. «On veut aussi montrer que la chanson, ce n’est pas que lalala, mais que ça véhicule aussi de la sagesse, des messages… explique à L’Avenir celui qui a créé, il y a quinze ans, Les Amis du Verbe, une association basée dans son village du Sud-Ouest: on s’intéresse à la littérature orale ou l’oralitude: les contes, les proverbes, le slam… La chanson en fait aussi partie. » Il propose de rentrer dans sa caravane studio et d’interpréter des chansons tombées dans le domaine public, ou d’autres dont on ne connaît même plus l’origine. En français ou en dialecte, quel qu’il soit!

Collectage en Wallonie

Du 8 au 18 mai 2018, la Caravane du Verbe viendra en Belgique: «Là, on ne vient pas écouter mes chansons, mais c’est moi qui écouterai les gens. Je me transforme en camelot, en Madame Irma, pour collecter en vidéo des chansons en wallon. Tout le monde est le bienvenu.» Même Bach ou Bartok ont procédé de la sorte à leur époque, s’inspirant des trésors de la chanson populaire, déclare le chanteur qui a vécu vingt ans à Bruxelles et habité douze ans sur une péniche à Lille.

Qui sait, si suffisamment de personnes se disent prêtes à enregistrer un morceau de notre patrimoine régional devant son appareil photo (sans artifice et sans instrument), Dick Annegarn fera peut-être un petit détour par la Wallonie picarde afin d’y collecter toutes ces chansons originales? On peut prendre contact avec lui via l’adresse mail verbe@wanadoo.fr