LIÈGE

VIDÉOS | Rassemblement «de la colère» devant la maison Rigo à Liège: «Aucune conscience de notre patrimoine»

Pour certains, c’était le rassemblement «de la dernière chance». Pour d’autres, celui «de la colère». Pour tous ceux présents ce vendredi face à la maison Rigo à Liège, il s’agissait de faire entendre sa voix, au nom de la survie du patrimoine liégeois.

Détruire la maison Rigo: «Leur coup a manqué, on s’est mobilisé», chantent à l’unisson les défenseurs de cet hôtel néo-mosan, devenu symbole de la survie du patrimoine liégeois depuis que son maitien est menacé, sinon condamné. À cet égard, le verdict du Conseil d’État est attendu lundi. D’ici là, ils étaient encore une centaine à se serrer les coudes ce vendredi soir face à la maison Rigo. Entre deux chants partisans et des prises de parole, marquées par l’indignation plus que la résignation, nous avons croisé les points de vue de trois acteurs côté défenseurs.

Pour rappel, et avant de découvrir leurs points de vue, l’argument principal de la Ville, en faveur de la démolition de la maison Rigo, est que ce bâtiment, bâti en «faux ancien» et dont l’intérêt patrimonial serait tout relatif, représente une verrue au cœur d’un quartier en plein renouveau.

VIDÉOS | Rassemblement «de la colère» devant la maison Rigo à Liège: «Aucune conscience de notre patrimoine»
ÉdA

Le regard de Bruno Dumont, pilier des ASBL «Le Vieux-Liège» et «SOS Mémoire de Liège»

Bruno Dumont préfère parler d’un rassemblement «de la colère» que d’un rassemblement «de la dernière chance». Mais de quelle colère parle-t-il? «Notre colère, c’est que la démolition est imminente. Notre colère est encore plus grande car seule une petite partie, onze éléments exactement, des décors intérieurs a été conservée et stockée par la Ville. Le reste étant confié au démolisseur.»

La suite de l’entretien dans la vidéo ci-dessous:

 

Le regard d’Alain Lebrun, avocat des défenseurs de la maison Rigo

 

Alain Lebrun nuance d’emblée. Il se bat moins contre la Ville que contre l’intercommunale Ecetia, propriétaire de la maison Rigo depuis deux ans. «Elle a racheté cette maison pour un montant de 880.000 euros et elle s’apprête à en faire une pelouse très chère, en incluant les frais de démolition et de démontage.» Pour Alain Lebrun, le permis de démolition souffre de deux problèmes.

 

Découvrez lesquels dans notre vidéo ci-dessous:

Le regard de Bouli Lanners, acteur, réalisateur et soutien inconditionnel pour la survie de la maison Rigo

 

Bouli Lanners craint que ce rassemblement soit bel et bien celui «de la dernière chance.» Malgré tout, il espère que cette démolition programmée sera aussi «le début d’autre chose». Il appelle les autorités à arrêter d’utiliser l’argument du «faux vieux». À ce train-là, clame-t-il, «que l’on démolisse la grand-place de Bruxelles!» Il regrette l’absence de conscience des autorités de ce qu’est notre patrimoine. «Ou alors, le lobby immobilier est plus fort et ça, ça devient un problème d’éthique.» Ce qui le rend dingue par-dessus tout, c’est que les arguments en faveur de la démolition «n’existent pas.»

 

Entretien complet dans la vidéo ci-dessous: