MONS

Mons En Mieux pour casser l'hégémonie du PS?

La liste de Georges-Louis Bouchez aux communales se nommera Mons En Mieux Ugo PETROPOULOS

Georges-Louis Bouchez a dévoilé le nom de la liste qu'il mènera plus que probablement aux prochaines élections communales, dans un an. Mons En Mieux se pose comme alternative au PS, au pouvoir depuis 53 ans

Mons En Mieux. Avec En Mieux souligné d'un trait multicolore, ponctué par un point d'exclamation dans le style géolocalisation. C'est le nom et le logo de la liste que Georges-Louis Bouchez avait annoncée il y a six mois et qui a pour ambition de se poser comme alternative au PS qui gouverne Mons quasi sans partage depuis 53 ans.

Ce vendredi, le conseiller communal libéral a donc dévoilé un logo, un nom...Et puis c'est tout. On n'en saura pas plus sur qui compose la liste, sur sa réelle ouverture à d'autres tendances, sur son programme...Le nouveau feuilleton politique montois, "GLB à la conquête du maïorat", est enclenché. Découpant l'histoire en épisodes, Georges-Louis Bouchez pourra occuper le terrain médiatique. Bien joué, c'est un don chez le libéral.

Qui met justement son costume de libéral au vestiaire pour la campagne. Bouchez l'a de nouveau rappelé, Mons En Mieux n'est ni une liste MR, ni une liste MR+, ni un cartel de partis dont la seule ambition serait de dézinguer le patriarche socialiste Elio Di Rupo, 18 ans de règne au compteur. C'est une liste de rassemblement, insiste-t-il à plusieurs reprises, lancée pour trois raisons.

1.L'étiquette MR, ça rebute. Quand ils parlent de leurs projets, les libéraux entendraient souvent la réflexion suivante: "je suis d'accord avec vous, mais c'est dommage que vous soyiez au MR, je ne pourrais pas voter pour vous." A Mons, le MR, comme Ecolo, semble confronté à un plafond de verre qu'il ne parvient pas à franchir. L'objectif est enfin d'y parvenir et d'aller au-delà de la tranche des 15-20%.

"Il y a des gens qui veulent se battre pour un autre avenir. Et partir d'un parti a quand même un caractère réducteur, exclusif. Il faut aller au-delà des clivages politiques actuels", pense Georges-Louis Bouchez. On se priverait de talents et de porteurs d'idées qui ne veulent pas se voir affublés d'une étiquette MR. 

2.Avec une liste de rassemblement, l'objectif est de faire venir ces talents, "qui pensent comme nous". Réunir des forces vives qui peuvent renforcer des thématiques dans lesquelles on attend pas spécialement le MR. Comme la mobilité douce, le social, la culture. "Le monde associatif, la mobilité douce, la monnaie locale, nous viendrons avec toute une série de propositions où on ne nous attendait pas", promet le libéral-rassembleur.

Parmi ces propositions: un nouveau périmètre pour le piétonnier, élargi. Avec du parking quand même aussi. 

3.Bouchez veut voir loin. Tel un grand timonier, il ambitionne de fixer un cap et de donner une vision à long terme pour Mons, avec 2030 dans le quadrant. "La politique souffre d'un manque de vision. Etre homme politique, ce n'est pas gérer uniquement au quotidien, reboucher un trou, accorder un permis d'urbanisme de temps en temps...Il faut des plans: de mobilité, de territoire, pour la sécurité...L'idée, c'est de proposer aux gens des solutions rapides à toute une série de problèmes du quotidien et de penser Mons à long terme pour augmenter le nombre d'habitants."

Car la politique, c'est aussi des objectifs. Et le numéro 1 sera d'atteindre les 100.000 habitants à la fin de la législature, car une population qui augmente, c'est le reflet de l'attractivité de la ville, estime-t-il.

Rendez-vous dans les semaines à venir pour une campagne qui s'annonce déjà de longue haleine, puisqu'elle durera un an, émaillée sans doute de nombreuses annonces. Histoire d'occuper le terrain. Prochain épisode: le nom d'une personnalité montoise, d'une autre tendance politique, qui figurera en deuxième place sur la liste. Première place qui sera sans doute occupée par Bouchez, à moins qu'un très grand headliner montois rassembleur ne se rajoute à l'affiche Mons En Mieux.

La règle des trois tiers

A tout seigneur tout honneur, c'est de GLB et du groupe MR du conseil communal que l'idée de monter une liste commune est apparue. Il est donc convenu que les noms figurant sur la liste Mons En Mieux seront composés pour un tiers de libéraux. Les deux autres tiers seront dévolus à des personnes issues de la société civile, non-militantes, et à des militants d'autres partis souhaitant rejoindre le mouvement En Mieux. A priori, les actuels conseillers communaux rempileraient, à l'une ou l'autre exception.

Adoubé par le MR

Mons En Mieux a reçu la bénédiction de toutes les instances du parti libéral: la section MR de Mons, partie prenante du projet, de la fédération MR de Mons-Borinage, de Denis Ducarme (président du MR-Hainaut) et du boss Olivier Chastel. Après tout, Bouchez n'est pas le seul à gommer le logo MR pour les communales: Jacqueline Galant fait de même à Jurbise puisqu'elle présente une Liste du Bourgmestre.

 Déjà trop de candidats

Mons En Mieux n'aurait pas de mal à remplir les 45 cases de candidats pour sa liste, nous soufflent certains piliers du projet: ils seraient une soixantaine de sympathisants actuellement réunis sous cette nouvelle bannière. C'est plutôt en termes d'arbitrages qu'il faudra composer, plutôt qu'en termes de racolage. Cette phase serait (presque?) passée.