BORINAGE-CENTRE

Grève: pluie du papier toilette chez le ministre et 800 manifestants à Mons

A l'occasion de la grève de ce 10 octobre, la CGSP a mené une action au domicile du ministre wallon des transports, à Dour. Avant de partir manifester dans les rues de Mons. Les transports étaient très rares sur les routes boraines et du Centre.

Pas de barrages routiers ni de blocus sur la ville, la grève de ce 10 octobre n'a pas atteint certains niveaux que l'on a pu expérimenter lors de précédentes mobilisations contre la politique du gouvernement Michel, à Mons. Même si la mobilisation est au rendez-vous.

La colère syndicale s'est d'abord manifestée à Dour, devant le domicile privé du ministre wallon des Transports, de l'Environnement, et de l'Aménagement du territoire Carlo Di Antonio (cdH). Un peu moins de 100 manifestants de la CGSP ont lancé des rouleaux de papier toilette et apposé des pancartes de protestation à son habitation.

"Dans la région de Mons-Borinage, il est le seul ministre en fonction. Les mesures qui sont en train d'être prises par le gouvernement wallon ne sont pas mieux que celles du fédéral. Nous l'avons pris pour cible", a indiqué Laurent Dufrasne de la CGSP.

Carlo Di Antonio était absent de son domicile ce matin. Sa porte-parole a indiqué que "les syndicats avaient été avertis de l'absence du ministre à son domicile dès dimanche. Le ministre déplore ce mouvement inopiné qui a mobilisé la police inutilement".

En fin de matinée, le ministre a réagi avec un brin d'ironie sur Facebook, pointant l'ambiance "halloween" de son domicile, et rappelant que l'offre de transports en commun avait été maintenue en Wallonie.

Après cette action, la CGSP et ses affiliés se sont fixés rendez-vous dans le centre-ville de Mons. Ils sont 800 manifestants, affiliés à la CGSP et au SETca, à y protester depuis 10h.

Le rendez-vous était donné face aux bâtiments de la province de Hainaut. En cortège, les manifestants ont pris le départ en sillonnant les axes principaux menant au centre-ville de Mons. Plusieurs arrêts ciblés sur les boulevards, notamment au CHU Ambroise Paré et au gouvernement provincial, ont été marqués. Des pneus ont par ailleurs été brûlés sur le parcours.

Un ultime arrêt sur la Grand-Place de Mons, face à l'Hôtel de ville est prévu. Du côté de la gare de Mons, des affiliés CGSP vont se relayer durant toute la journée de ce mardi.

En outre, une délégation de la CGT de France, Confédération Générale du Travail, est présente en guise de solidarité.

Selon la police, aucun incident majeur n'est pour l'heure à déplorer.

De 4 à 30% d'activité suivant les dépôts

Dans les transports, le mouvement a été très suivi ce matin. Le service de bus du TEC-Hainaut était en service minimum, voire quasi inexistant dans le Borinage et à La Louvière. Un seul bus est sorti ce matin du dépôt d'Eugies (commune de Frameries), assurant 4% du service de ce dépôt. Même fourchette à La Louvière, où 5% des trajets étaient assurés. 

A Mons, les chiffres sont moins radicaux, même si la grève a été plus suivie que certains des derniers mouvements sociaux en date: 30% du service a été assuré ce matin, entre 6h et 9h. Il n'y avait pas de piquet de grève au dépôt. Enfin, à Casteau, 50% du service a été assuré, mais l'impact de ce dépôt est assez négligeable: seuls deux services y démarraient ce matin.

Sur le rail, la situation est plus compliquée. Entre 8h30 et 9h, la gare de Mons était complètement à l'arrêt et la SNCB n'était en mesure de confirmer aucun train au départ. Même si des trajets en direction de Charleroi, La Louvière, Bruxelles-National ou Liège étaient affichés avec la mention "à confirmer".

Un train sur deux pour Bruxelles circulait depuis le début du service. Aucun train pour Quévy n'a circulé ce matin, le membre du personnel de la cabine de Quévy ne s'étant pas présenté.

A signaler qu'à Braine-le-Comte, des voies étaient occupées selon le porte-parole d'Infrabel. Le gestionnaire du réseau a mandaté la police et des huissiers face à cette situation.