BRUXELLES

Le shiitaké du Champignon de Bruxelles complètement dans la drêche: la champignonnière de Cureghem ressuscite

Le shiitaké du Champignon de Bruxelles complètement dans la drêche: la champignonnière de Cureghem ressuscite

Les shiitakés japonais sont très nutritifs. Ils poussent désormais dans les caves de Cureghem sur des résidus de la brasserie Cantillon. EdA - Julien RENSONNET (archive 2015)

La start-up Le Champignon de Bruxelles emménage aux caves de Cureghem. Elle innove en y faisant pousser ses shiitakés sur de la drêche de brasserie, un résidu du brassage des gueuses Cantillon.

Le Champignon de Bruxelles pousse désormais dans les caves de Cureghem. Après avoir cultivé ses spores dans les locaux du Village Partenaire puis des Tanneurs, c’est dans un espace de 750m2 que la start-up née il y a trois ans fera germer ses shiitakés. Que rejoignent deux nouvelles variétés: les maitakés et namekos. «Ces champignons hors du commun sont délicieux mais également très nutritifs» explique Thibault Fastenakels, cofondateur. Et de préciser: «Cette production locale permet de minimiser les intermédiaires et d’optimiser sa distribution afin de garantir une qualité maximale».

 

 

Ces champignons japonais auront d’autant plus le parfum brusseleir qu’ils s’épanouissent sur la drêche de la brasserie Cantillon, «un sous-produit organique du secteur brassicole, largement inexploité». Les drêches, ce sont les résidus des céréales, principalement de l’orge donc, mais aussi du froment notamment, utilisées dans le brassage de la bière. Ces drêches peuvent déjà être recyclées en nourriture pour le bétail. Mais en faire du terreau pour champignon, c’est tout à fait neuf.

Le shiitaké du Champignon de Bruxelles complètement dans la drêche: la champignonnière de Cureghem ressuscite
Des tests ont été menés pour savoir comment le shiitaké se comportait dans les différents types de drêches. EdA - Julien RENSONNET (archive 2015)
«Recycler des tonnes de drêches»

«Cette méthode novatrice minimise l’impact écologique des cultures tout en transformant un déchet en ressource. En partenariat avec la brasserie Cantillon et d’autres brasseries locales, notre coopérative s’apprête à recycler des tonnes de drêches», assure le communiqué du Champignon de Bruxelles, qui emploie 10 collaborateurs et compte 30 coopérateurs. Objectif: 3 tonnes de champignons japonais par mois, poussés la matière première de la gueuze anderlechoise. De quoi s’assurer de boucler la boucle du circulaire, comme le font les concurrents de PermaFungi avec le marc de café.

Ce déménagement à Cureghem, les fondateurs Sevan Holemans, Hadrien Velge et Thibault Fastenakels y pensent depuis 2015. Une première levée de fonds en décembre 2016 a permis le transfert près du Canal. Des subsides régionaux complètent le budget et notamment un prêt de 135.000€ de finance.brussels/groupe SRIB via sa filiale Brusoc. Le Champignon de Bruxelles est également soutenu par la stratégie GoodFood, Impulse et le plan régional d’économie circulaire.

1,5 million pour l’économie circulaire

«Le Champignon de Bruxelles a convaincu le jury de l’appel be.circular 2016. Leur défi est en effet illustratif des enjeux de l’économie circulaire», assure Didier Gosuin, Ministre de l’Économie et de l’Emploi (Défi) «Par exemple, utiliser ce qui était un déchet, des drêches de brasserie, pour créer un nouveau produit, les premiers shiitakés bruxellois». Gosuin assure que 1,5 million d’euros seront distribués d’ici fin 2017 dans d’autres projets d’économie circulaire.

La champignonnière de Cureghem n’est pas une première: il y a 40 ans, les caves des abattoirs humaient déjà le parfum terreux des champignons. On en revient donc aux sources là-bas, en misant sur l’agriculture en ville.


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