MOBILITÉ

Zone de basse émission (LEZ) dès le 1er janvier 2018: votre voiture sera-t-elle interdite à Bruxelles?

Zone de basse émission (LEZ) dès le 1er  janvier 2018: votre voiture sera-t-elle interdite à Bruxelles?

Dès le 1er janvier 2018, les vieux pots d’échappement ne pourront plus cracher sans crainte à Bruxelles. Reporters

La zone de basse émission (ou LEZ) entre en vigueur le 1er janvier 2018 à Bruxelles. Si vous circulez avec un vieux diesel, votre véhicule pourrait alors être purement et simplement interdit sur les 19 communes. Voici ce que vous devez savoir.

Le 1er janvier 2018, la zone de basse émission (ou LEZ pour «low emission zone» en anglais) entre en vigueur à Bruxelles. Cela signifie que certains véhicules, les plus anciens et donc les plus polluants d’abord, seront interdits de circulation sur les 19 communes. Cette interdiction porte sur tous les véhicules, mêmes ceux immatriculés à l’étranger.

La Région lance ce 28 septembre la campagne de communication entourant la réglementation. L’occasion pour le Gouvernement de faire le point. Avec comme premier mot d’ordre la santé publique.

«On ne veut pas taper sur le contribuable», insiste le Ministre-président Rudi Vervoort (PS). Rejoint pas son ministre de la Mobilité Pascal Smet (sp.a): «le but n’est pas d’encaisser un maximum d’amendes ni de chasser la voiture, mais de protéger les publics les plus fragilisés: les enfants. Chez ceux-ci, la fréquence des maladies respiratoires augmente. La solution, c’est d’améliorer la qualité de l’air».

L’Agence européenne pour l’environnement estime la pollution de l’air responsable de 500.000 morts prématurées par an en Europe. Dont 12.000 en Belgique. «Et on ne peut pas nier que le vieux diesel est le plus gros facteur», insiste Smet.

La Ministre de l’Environnement Céline Fremault cdH), qui pilote le projet LEZ, assure pour sa part qu’ «en 2020, les mesures de la zone basse émission seront déjà largement palpables».

Zone de basse émission (LEZ) dès le 1er  janvier 2018: votre voiture sera-t-elle interdite à Bruxelles?
Tout le Gouvernement bruxellois ou presque s’est réuni pour rappeler les bienfaits de sa zone de basse émission. Photo News

Votre voiture sera-t-elle concernée?

La mesure est progressive. Elle entrera en vigueur par tranches. Chaque année, de nouveaux véhicules seront interdits. Ce, jusqu’en 2025.

Au 1er janvier 2018, seuls les plus vieux diesels seront concernés, soit ceux qui correspondent à la norme Euro1. Ceux-ci équipent les voitures immatriculées entre le 01/07/1992 et le 31/12/1996. L’interdiction du 1er janvier 2018 concerne aussi les véhicules sans cette norme Euro, soit ceux immatriculés avant le 01/07/1992.

Attention, ces normes ne concernent que les transports de personnes et les camionnettes. Elles varient en fonction du type de véhicule: leurs dates ne sont pas identiques pour les camions, camionnettes ou bus.

Le CIRB, Centre d’Informatique pour la Région bruxelloise, estime le nombre de véhicules visés par cette première tranche à 2300, soit à peine 0,5% du parc automobile bruxellois.

Et ensuite?

Au 1er janvier 2019, ce sont les véhicules diesel de norme Euro2 qui seront à leur tour interdits. Pour les voitures, ce sont celles immatriculées entre le 01/01/1997 et le 31/12/2000.

Attention, en 2019, les véhicules à essence aussi seront concernés, du moins ceux de la norme Euro1 ou sans norme Euro, soit les moteurs à essence immatriculés entre le 01/07/1992 et le 31/12/1996 ou avant.

Le CIRB évalue à 4% du parc bruxellois actuel les véhicules concernés par cette seconde salve d’interdiction. Soit 17.000 véhicules supplémentaires.

Pour les années suivantes, le système exclut à chaque tranche la norme de diesel suivante (Euro3 en 2020, Euro4 en 2022 et Euro5 en 2025) alors que les véhicules à essence sont épargnés jusqu’en 2025 (interdiction des Euro2).

+ Les tableaux progressifs des véhicules concernés par l’entrée en vigueur de la LEZ à Bruxelles sont consultables sur le site dédié lez.brussels

+ Pour connaître la norme Euro de votre véhicule, utilisez les outils du site Ecoscore

Sur quelle zone?

L’interdiction concerne toute la Région bruxelloise, soit les 19 communes sans aucune exception, 7 jours sur 7, 24h sur 24.

Néanmoins, le Ring est exclu de la mesure ainsi que ses bretelles d’accès. En clair: aucune interdiction ne couvrira le Ring et n’importe quel véhicule pourra y circuler quel que soit son moteur.

De même, certains parkings de dissuasion resteront accessibles sur le territoire Bruxellois, «pour ne pas empêcher les automobilistes qui veulent rejoindre le centre en métro», plaide la Ministre de l’Environnement Céline Fremault (cdH). Ce sont les parkings Stalle, Ceria et Kraainem.

Quels contrôles? Quelle amende?

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Debaets explique que 60 points de contrôle seront équipés de caméras dès la fin 2017. Photo News
Plutôt que d’imposer une vignette, Bruxelles a opté pour le contrôle par caméras intelligentes. «Nous ne voulions pas augmenter les tracas administratifs», justifie la Secrétaire d’État à la Sécurité routière Bianca Debaets (CD&V).

Très concrètement, 63 points de contrôles seront équipés de plus de 90 caméras d’ici fin 2017. Auxquelles 50 autres seront adjointes en 2019. Ce sont des caméras dites «ANPR», soit «automatic number plate recognition» pour «reconnaissance automatique des plaques». Il ne s’agira donc pas de filmer les conducteurs mais uniquement de déterminer si le véhicule identifié via sa plaque remplit les normes de la LEZ.

Dans le cas contraire, son propriétaire doit s’attendre à recevoir une amende. Celle-ci s’élèvera à 350€. Cependant, la mise en œuvre de la LEZ et sa campagne de sensibilisation toléreront 9 mois de latence en 2018 avant la verbalisation. Le contrevenant recevra d’ici-là un simple avertissement. Cette période transitoire sera ramenée à 3 mois lors des tranches de mise en œuvre suivantes.

Des exceptions?

De nombreuses exceptions sont prévues dans la LEZ, dont celles pour les deux-roues et les poids lourds de transport de marchandises, les véhicules prioritaires évidemment et ceux équipés pour le transport des personnes à mobilité réduite, ou encore les véhicules adaptés aux marchés, foires ou commerce ambulant.

En outre, les véhicules exclus des différentes tranches de la mise en œuvre de la LEZ pourront demander des dérogations de maximum 8 jours par an, moyennant payement au jour par jour. Le prix de ces «pass quotidiens» n’est pas encore connu.

Quid des entreprises?

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Des aides seront offertes aux entreprises. Photo News
Bien entendu, la LEZ risque d’être douloureuse pour les entreprises, surtout pour celles dont l’activité nécessite des camionnettes. Le Ministre de l’économie Didier Gosuin (Défi) assure que les entreprises «dont la flotte est souvent plus vieille que les voitures privées» recevront un coup de pouce dans la transition vers des véhicules plus propres.

«L’idée n’est pas de permettre aux managers de s’offrir des Lexus tout confort», prévient-il. «Mais nous pensons notamment aux camionnettes de livraison. D’abord, nous instaurerons des interventions jusqu’à 50% dans la tranche des 20.000€ et 30% au-delà. Ensuite, pour les camions de plus fort tonnage, nous établirons des aides pouvant aller jusqu’à 350.000€».

Quid des véhicules étrangers?

Les règles de la LEZ bruxelloises valent pour tous les véhicules, étrangers compris. Pour circuler à Bruxelles, les touristes, automobilistes de passage ou autocars devront dès lors s’enregistrer. Les modalités d’enregistrement ne sont pas encore déterminées mais devraient entrer en vigueur à l’été 2018.

«Nous allons communiquer vers l’étranger pour éviter de mauvaises blagues aux touristes ou visiteurs occasionnels», promet Fremault. «Cette communication passera évidemment par VisitBrussels, mais aussi par nos offices de tourisme implantés à dans les autres capitales».

Des villes comme Londres, Stockholm, Paris ou... Anvers qui n’ont pas attendu les décisions bruxelloises pour elles aussi interdire leurs territoires aux moteurs les plus polluants.


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