MONS

Un million d’euros par an: ce que Mons doit investir pour être cyclable

10 euros par habitant, c'est la part minimale qu'une commune doit consacrer à la mobilité douce pour augmenter le nombre d'usagers du vélo. C'est une des revendications du Gracq Mons, qui vient de publier son mémorandum en vue des élections communales de 2018.

62 kilomètres. C’est la longueur des pistes cyclables opérationnelles dans l’entité montoise. C’est peu, comparé aux 634 kilomètres de voiries (communales, régionales et provinciales) qui sillonnent le Grand Mons et cela illustre les difficultés des deux-roues à se déplacer en toute sécurité.

Afin d’augmenter la prise en compte du vélo à Mons, l’antenne locale du GRACQ (Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens) vient de publier son mémorandum, qui dresse un état des lieux de la situation actuelles et qui propose des solutions pour faire de Mons une ville véritablement cyclable.

Car si la prise de conscience de l'intérêt des déplacements à vélo a eu lieu du côté de la ville de Mons, il est temps de changer de braquet et de mettre en place une politique cohérente en matière de mobilité douce, estiment les pros-vélos. Conscient de l’ampleur de la tâche, le Gracq pointe sept priorités.

1 million «pour exister»

La première, c’est de mettre les moyens humains et financiers. «Des villes comme Amsterdam ou Copenhague consacrent un budget de plus de 30 € par an par habitant au vélo, et ce depuis des dizaines d’années. Nous n’en demandons pas tant, tout de suite: les villes qui consacrent de manière constante chaque année 10 € par an par habitant au vélo voient déjà une vraie progression du nombre de cyclistes.»

Pour Mons, un peu moins de 100.000 habitants, cela équivaudrait à 1 million d’euros par an, «si Mons veut exister sur la carte des villes cyclables.»

Où chercher les sous? Notamment dans les budgets prévus pour aménager de nouveaux parkings, projets incompréhensibles pour le Gracq alors que Mons intra-muros dispose déjà de 5.715 places.

A côté des moyens financiers, il faut aussi compter sur les moyens humains : le Gracq appelle donc à l’embauche d’un monsieur « vélo » pour renforcer la cellule mobilité, comme c’est le cas à La Louvière.  

Un boulevard vélos admis

En priorité numéro deux, le Gracq en appelle à des aménagements cyclables en site propre et sécurisés indispensables entre la gare et la plaine de Nimy et au-delà le boulevard Kennedy, où sont localisées de nombreuses institutions scolaires.

«il n’existe pas de pistes cyclables ni dans un sens ni dans l’autre pour accéder à la gare! Or cela concerne des milliers d’étudiants et de travailleurs qui se déplacent tous les jours pour accéder à leur lieu de travail et qui aujourd’hui sont la cause de nombreux embouteillages», note le rapport du Gracq.

Troisième priorité, le Gracq demande qu’une boucle cyclable à double-sens soit aménagée sur la Grande Voirie, soit les boulevards qui ceinturent l’intramuros montois. Un travail accompli à 60%, souligne le mémorandum.

Quatrième priorité : la création d’un réseau cyclable structuré continu et sécurisé qui relie les entités de Mons et les Grands Prés à l’intra-muros. Et ce d’autant plus que les distances entre les entités de Mons et le centre-ville sont rarement de plus de 5 km.

Le Gracq est donc particulièrement attentif aux futurs travaux de voiries qui doivent avoir lieu, comme ceux de la N50 traversant Ghlin : «il est impératif de profiter de cette rénovation pour installer une piste cyclable en double sens sur celle-ci», insiste le Gracq. Qui devrait obtenir satisfaction, d'après les propos tenus par l'échevin à la mobilité Pascal Lafosse lors de la présentation du mémorandum.

Pour réaliser ce réseau cyclable à l'échelle du Grand Mons, le Gracq souligne que les liaisons avec le RAVeL Nord et Sud traversant Mons doivent être prises en compte. «Il est impératif de prévoir plus de connections entre les RAVeL et les rues et routes voisines car il est parfois difficile de sortir/entrer du RAVeL pour poursuivre son itinéraire.»

Du parking pour les vélos

Priorité numéro cinq, le Gracq demande également plus de possibilités de stationnement pour les vélos, que ce soit dans l’espace public, mais aussi dans les écoles, sur les lieux de travail et en bas des immeubles à habitations.

En six, le Gracq souhaite la mise en place d’un service de vélos partagés, sur le modèle de l’expérimentation Share A Bike, et enfin qu'un effort soit mis sur l’information et la sensibilisation. Cela va de formations à apprendre à rouler dans le trafic à la signalisation d’itinéraires cyclables.

Le memorandum du Gracq illustre bien le chemin qu’il reste à parcourir pour que Mons devienne une ville «cyclistes bienvenus». En le publiant plus d’un an avant les élections communales, le groupe d’études et de pression des cyclistes espère qu’il déteindra dans les programmes des futurs listes candidates.

25 propositions rapides et pas chères

«Ce plan, c'est bien joli, mais on n'a pas d'argent et nous sommes sous plan de gestion». C'est la phrase toute faite que la future majorité communale pourrait très bien sortir une fois les élections passées. Une éventualité prévue par le Gracq? En tout cas, son mémorandum contient un chapitre consacré aux Quick Wins. Soit des améliorations rapides et peu coûteuses qui pourraient être mises en oeuvre rapidement pour un meilleur confort et une meilleure sécurité pour les cyclistes.

On en dénombre 25, comme le basique mais pas du tout évident entretien régulier des pistes cyclables, l'indication aux véhicules motorisés du retour des cyclistes sur la chaussée, placer des bandes rugueuses pour limiter la vitesse, adoucir les bordures d'accès aux pistes cyclables, sanctionner le stationnement sur les pistes cyclables, aménager les passages sous voies de chemin de fer pour les vélos à Jemappes et Cuesmes, impliquer les services publics dans la promition du vélo, etc...

Un budget «offensif»

Présent à la soirée de dévoilement du mémorandum, l'échevin à la mobilité Pascal Lafosse s'est montré à l'écoute des revendications du Gracq. Et dans le cadre du budget 2018, il entend bien pousserr un pan mobilité douce, si on en croit une interview publiée ce lundi par la DH, poussé notamment par la consultation populaire en cours sur la plateforme demain.mons.be, où la mobilité fait partie des sujets les plus récurrents dans les propositions citoyennes.

«Je suis convaincu que l’année 2018 pour Mons sera celle de la mobilité, et en particulier de la mobilité douce. Je vais avoir un budget revendicateur. Mais ce ne sera pas démesuré, je suis conscient que nous sommes sous plan de gestion. Je viendrai avec des projets concrets», déclarait-il à nos confrères. Nul doute que le Gracq scrutera les prochaines lignes budgétaires. 


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