LIÈGE

Les Petits Producteurs ouvrent un nouveau magasin: «C’est plus un projet agricole que commercial»

Les Petits Producteurs ouvrent un nouveau magasin: «C’est plus un projet agricole que commercial»

Pascal Hennen, gérant des deux magasins des Petits Producteurs. ÉdA Hermann

Un an après l’ouverture d’un premier magasin dans l’hypercentre, Les Petits Producteurs s’installent à Sainte-Walburge. Aux antipodes de la grande distribution, ce projet privilégie les circuits courts et une agriculture durable.

Si la transition écologique prend racine dans la terre, elle peut trouver un prolongement au cœur de la ville, comme le démontre l’expérience des Petits Producteurs, à Liège. Un an après avoir ouvert un premier magasin dans la rue Neuvice, ils ont inauguré un deuxième point de vente ce vendredi, dans la rue Sainte-Walburge.

Plus que des magasins à vocation commerciale, Les Petits Producteurs représentent un projet de transition écologique, né dans la dynamique de la Ceinture aliment-terre liégeoise, une coalition de forces vives pour une transformation du système agricole à l’échelon liégeois. C’est dans ce contexte qu’est née début 2015 la coopérative Les Compagnons de la Terre, qui produit des denrées alimentaires de façon durable du côté de Mortier (Blegny).

Un premier magasin pour écouler la production

«Les Compagnons de la Terre produisaient une grande quantité de fruits et légumes. C’est pour écouler le stock, en quelque sorte, que nous avions ouvert le premier magasin en Neuvice. Il était censé être provisoire mais est devenu pérenne», explique Pascal Hennen, le gérant. Une coopérative à finalité sociale, baptisée «Les Petits Producteurs», vient d’ailleurs de voir le jour pour chapeauter les magasins.

Le magasin de Sainte-Walburge n’est pas né pour les mêmes raisons. «Ici, on affine notre stratégie, en quelque sorte. L’idée, c’est de développer les magasins dans les quartiers, mais en petite surface.» Il ne faudrait pas pour autant y voir une volonté d’expansion ou de développement commercial.

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Le rôle du magasin est d’établir un lien entre le fermier et le consommateur, pas de faire du chiffre.

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«C’est plus un projet agricole qu’un projet commercial. Le rôle du magasin est d’établir un lien entre le fermier et le consommateur, pas de faire du chiffre», tient à préciser Pascal Hennen. La coopérative s’appuie sur sa propre production et collabore avec des producteurs locaux. «Si nous ouvrons un jour d’autres magasins, ce sera en accord avec les producteurs. Si la production ne suit pas, nous ne le ferons pas.» En d’autres termes, la distribution s’adapte à la production et non l’inverse.

Les Petits Producteurs ouvrent un nouveau magasin: «C’est plus un projet agricole que commercial»
ÉdA Hermann

Les principes d’une coopérative à finalité sociale s’appliquent donc aux Petits Producteurs. Un grand appel aux coopérateurs sera d’ailleurs organisé dès le 14 septembre. «Nous défendons le côté participatif. Les coopérateurs décident de l’affectation des bénéfices. En gros, il peut y avoir une petite partie pour les coopérateurs, mais la grosse partie est redirigée vers les producteurs, notamment les jeunes, pour les aider à acheter des terres, faire du maraîchage, de la transformation, etc.»

Un lieu de rencontres

Le fonctionnement de la coopérative se distingue donc nettement de la grande distribution. «Nous avons identifié ce qui ne va pas avec la grande distribution, pour y apporter des réponses. Par exemple, nous ne négocions pas les prix avec les producteurs. Nos marges sont faibles, juste nécessaires pour être rentables, l’objectif étant de permettre à tous de manger du bio et du local, sans le réserver aux plus nantis. Nous défendons un capital, mais un capital humain: c’est la finalité sociale», détaille le gérant.

Une certaine simplicité et une grande convivialité se font aussi ressentir dans le magasin et autour du projet. «Les relations humaines sont importantes. Ici, c’est un lieu de rencontre, pas de consommation», assure Pascal Hennen.

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Si c’est bio, tant mieux. Faut-il laisser tomber les agriculteurs conventionnels? Certainement pas.

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Les produits, eux, s’inscrivent dans une vision durable de l’agriculture. «Si c’est bio, tant mieux. Faut-il laisser tomber les agriculteurs conventionnels? Certainement pas. Nous collaborons avec des locaux, qui produisent de manière très raisonnable. Par contre, même s’il travaille à proximité, nous ne travaillerons jamais avec un producteur qui pulvérise ses pommes et ses poires 30 fois et qui dit lui-même “je ne mange pas mes pommes, faut pas déconner”. J’ai déjà connu ça, ce n’est pas une blague.»

Les fruits, les légumes, les céréales et autres produits sont sains et disposés dans un magasin sans fioritures, en vrac, histoire de limiter au maximum l’impact écologique, mais aussi de diminuer le prix d’un mode d’alimentation encore souvent considéré comme inaccessible.