L’INTERVIEW

Jean-Claude Servais: «Ici, la nature est très préservée»

Après une enfance à Embourg, Jean-Claude Servais est venu s’installer dans la région de Florenville voici des années. Une région qui l’inspire.

Alors qu’il aurait pu rester toute sa vie dans la région liégeoise, où il a grandi, Jean-Claude Servais a posé ses valises en province de Luxembourg, dans la région de Florenville, là où sa famille était originaire. Une région qu’il aime plus que tout. Longue rencontre avec un des artistes belges les plus doués de sa génération.

Jean-Claude Servais, comment avez-vous débarqué dans la région de Florenville?

Mes parents sont originaires de la région, mon père de Tintigny, ma mère de Jamoigne. Nous habitions à Embourg car mon père avait du travail dans le coin. Quand j’étais enfant, je venais passer mes vacances à Jamoigne, chez ma grand-mère.

Quand je suis arrivé à l’âge adulte, je suis venu vivre avec ma grand-mère. Et lorsqu’elle est décédée, j’ai racheté la maison. Et à l’heure actuelle, je suis toujours à Jamoigne.

Il est plus agréable de vivre à Florenville ou à Liège?

Ce n’est pas la même chose. Enfin, moi, je n’étais pas vraiment à Liège. Quand j’étais jeune, Embourg était encore un endroit avec des vergers. Maintenant, c’est beaucoup plus urbanisé. Moi, j’ai besoin de la nature. Donc oui, je répondrais que c’est plus agréable. Jamoigne, c’est mon pays.

La région vous a inspiré dans votre carrière de bédéiste puisque vous avez régulièrement utilisé les paysages gaumais dans vos œuvres. Pourquoi?

Car ici, la nature est vraiment très préservée. Vous n’avez pas d’autoroute à proximité, pas de lignes à haute tension. C’est un vrai plaisir de vivre ici. Les paysages sont superbes tout simplement.

Vous habitez Jamoigne, un petit village proche de Florenville. Qu’est ce qui vous plaît dans la région?

Je ne vais pas vous surprendre. Je vais répondre la nature, la verdure, la Semois. Le côté sociable des Gaumais aussi. La tranquillité. Vivre à Jamoigne, c’est parfait.

Et au contraire, qu’est ce que vous n’appréciez pas?

La grand-route qui passe devant chez moi! Elle relie Bouillon à Arlon et les voitures ne font que passer le matin. Ce sont tous les gens qui vont travailler au Grand-Duché . Mais bon, quand vous marchez un peu, vous avez des superbes endroits. Je pense par exemple à la forêt de Suxy ou à la forêt d’Orval. Et puis, dans la commune de Florenville, vous avez un des plus beaux villages de Wallonie: Chassepierre.

S’il fallait décrire Florenville et Jamoigne en trois mots, que diriez-vous?

La verdure, la nature, le calme. Mais le dimanche, Florenville est bondé. Les touristes viennent s’y balader, ils font le tour de la place, ils vont manger une tartine à Orval ou un gâteau aux «Chocolats d’Édouard.» Mais le reste du temps, il s’agit d’un endroit tranquille, qui n’a pas énormément évolué au fil des années.

Comment décrire les Gaumais, les habitants de votre région?

Des gens simples, spontanés, accueillants aussi. Le Gaumais est également roublard. Mais ce n’est jamais dans le but d’être méchant.


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