JOB - 2 SEPTEMBRE

Faire appel à un consultant bénévole

Faire appel à un consultant bénévole

La consultance d’un senior peut être une aide précieuse pour un jeune indépendant qui se lance. stock.adobe.com

Tous volontaires, les «Belgian Senior Consultants» partagent leur expertise et leur sens des affaires dans tous les secteurs.

Avant d’ouvrir sa boutique d’alimentation diététique, Fabien désirait mettre toutes les chances de son côté. Pour optimiser la réussite de son commerce, il pense faire appel à un consultant. Mais consulter un professionnel privé lui aurait coûté des sommes dépassant son budget serré. Il frappe alors à la porte des «Belgian Senior Consultants» (BSC).

L’heure de la retraite a sonné, mais ces anciens commerçants, comptables, juristes, cadres d’entreprises ou anciens fonctionnaires publics ont décidé de rester actifs en mettant leur expérience au profit d’indépendants, de particuliers, de PME, d’ASBL, d’écoles ou encore de réfugiés.

Du club sportif au magasin de vêtements

Après une longue carrière, ces (pré)pensionnés se dévouent pour des missions des plus variées. «Pour lancer une boulangerie, vérifier les comptes d’un club sportif ou d’une crèche, mettre en place un outil de gestion informatique dans un magasin de vêtements, réaliser un audit pour une société… Nous agissons dans tous les secteurs, détaille Raymond Baugniet, ancien commissaire de police et senior consultant depuis une dizaine d’années dans la région namuroise. Une mission peut durer une demi-journée, quinze jours, voire s’étaler sur une période de quatre ans, lorsque le suivi est nécessaire…»

80% de réussites

Concrètement, après avoir analysé sa situation et sa demande, Fabien s’est vu soutenu par cette ASBL, conseillé et coaché dans la recherche d’un espace commercial adapté à son magasin, pour établir un business plan, réaliser une étude de marché mais aussi pour agencer l’intérieur de sa boutique.

«Même s’il nous arrive de ne pas pouvoir aider quelqu’un pour des demandes particulières ou irréalisables, comme cette petite crêperie voulant ouvrir dans un cul-de-sac, dans un bâtiment sans norme de sécurité, dans 80% des cas, les missions sont relevées avec succès, déclare le président de l’antenne namuroise. Même si un consultant n’a jamais de responsabilité au niveau des résultats, il doit avant tout donner des conseils. » Chaque année, l’antenne namuroise assure le suivi de 20 à 40 dossiers.

Pas de concurrence aux consultants professionnels

Le service de consultant, souvent perçu comme un luxe, n’est donc pas cantonné à de grosses sociétés. Si les tarifs de consultants privés peuvent s’élever à 600€ par jour, voire 200€ par heure, les services de la BSC sont gratuits. Ou presque.

La première consultation d’évaluation ne coûte rien mais, par la suite, une participation de 90€ par demi-journée est demandée pour couvrir les assurances et frais du bénévole, et le fonctionnement de l’ASBL. «Mais attention, nous ne faisons pas concurrence aux services privés. Nous travaillons uniquement pour les personnes qui ne pourraient faire autrement, insiste Raymond Baugniet. Et de plus en plus souvent, on nous appelle à la toute dernière limite lorsqu’il s’agit de sauver une entreprise!»

Sans attache politique ni philosophique, l’ASBL ne reçoit aucun subside et est fière de son indépendance. «On peut dire ce que l’on pense, si une entreprise va tout droit dans le mur ou pas. Notre liberté fait notre force.»