MAISON & JARDIN

Habitat groupé: une utopie?

Habitat groupé: une utopie?

Concevoir un habitat groupé n’est pas une mince affaire. De nombreuses démarches sont nécessaires. freshidea – stock.adobe.com

On voit fleurir depuis une quinzaine d’années un nouveau type de logement. L’habitat groupé, comme son nom l’indique, rassemble des ménages dans un but de vie – en partie – commune.

Le concept a vu le jour dans les années 70, dans la mouvance de Mai 68. Des personnes se sont rassemblées afin de mettre sur pied une nouvelle façon de se loger. Elle a pris pour nom «habitat groupé» ou «participatif» ou encore «cohabitat», avec une même vision, celle du vivre-ensemble et de la solidarité entre habitants.

Ces dernières décennies, les projets se sont développés en plus grand nombre et il en existe aujourd’hui près de 150 répartis à Bruxelles et en Wallonie. «Cet habitat est caractérisé par l’autogestion (la prise en charge par les habitants) et la volonté de vivre de manière collective, indique-t-on auprès de l’association Habitat & participation, basée à Louvain-la-Neuve. Ce type de logement favorise l’épanouissement de la vie sociale (au travers des espaces communs) sans altérer l’épanouissement de l’individu (au travers de sa sphère privée).»

De nombreuses démarches

«Habituellement, un groupe se forme et lance le projet, indique Thibaut Dupuis, qui vit dans l’habitat groupé Bois du prince à Marcinelle depuis un peu plus d’un an. Dans notre cas, nous avons fait construire un immeuble sans disposer de tous les locataires.» Les personnes intégrant le projet ont ainsi échappé aux démarches souvent difficiles à mener pour le réaliser. À commencer par l’identification des besoins du groupe, la recherche d’un terrain ou d’un bâtiment, le montage financier, les contacts avec le service de l’urbanisme, la mise en place des statuts juridiques… Pour finir avec une charte de bonne conduite afin de définir la place de chaque habitant et les tâches communes au groupe.

Selon un projet commun

Chaque habitat participatif a son propre mode de fonctionnement, basé sur un projet, qu’il soit écologique, familial, intergénérationnel ou culturel. Mais la dimension environnementale n’est jamais très loin car le principe même de ce type de logement est de limiter la surface qu’on occupe en intégrant des espaces communs: jardin, buanderie, salle de fêtes, etc. On peut aussi limiter les dépenses relatives à l’achat de matériel ou d’outils qui serviront à tous les ménages.

Coût réduit

«Vivre ensemble et partager des espaces communs correspond aussi à une réalité financière, note Habitat & participation. Pression démographique et crise du logement nous poussent à être inventifs. Dans le cas d’une nouvelle construction, travailler avec un architecte et un entrepreneur communs permet d’économiser de 10 à 20% du coût de construction de son logement. Ce n’est pas négligeable. Un achat collectif permet de contourner le schéma familial classique, c’est un accès à la propriété pour les familles monoparentales, par exemple.»

Triés sur le volet

Un autre aspect positif du concept, c’est «tout ce qu’on peut apporter au groupe, constate Thibaut Dupuis. Comme le potager commun, qui fournit de nombreux légumes sans qu’on doive y passer trop de temps puisque chacun y travaille un peu.»

Mais il convient pour cela de bien sélectionner les participants au projet. «Il est important d’avoir une mixité de personnes, précise l’habitat du Bois du prince. Et la présence d’enfants est importante pour donner de la vie et une dynamique à l’habitat groupé. Sans oublier une vision commune afin de souder les personnes.»