BINCHE

PHOTOS | Après l'incendie, le théâtre de Binche rouvre ses portes

Touché par un incendie après le feu d'artifice du mardi-gras, le théâtre l'avait échappé belle. Il rouvrira ses portes ce 2 septembre, après un lifting des loges au plafond.

Six mois. C'est la période d'inactivité du théâtre communal de Binche qui se termine samedi. Dès ce 2 septembre, sa vingtième saison culturelle débutera avec un vaudeville: Nid d'embrouilles. Une pièce au nom équivoque, tout comme le slogan de cette vingtième: une saison de feu.

Car c'est précisément le feu qui a causé la fermeture du théâtre et mis tout Binche en émoi, suite à l'incendie qui a touché le toit du bâtiment, en clotûre du mardi gras. La nuit du 28 février, la fête vire au drame. "Au delà du théâtre, ce lieu, c'est toute l'histoire des Binchois", résume le bourgmestre Laurent Devin.

Dans un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, "il y avait des bals populaires, des bals de carnaval. C'est là que les habitants se rencontraient pour danser, c'est là que des couples se sont formés..."

Dégâts des eaux

Heureusement, le bâtiment en lui-même n'est pas touché. En 1995, lors de la rénovation du théâtre, une dalle en béton armé a été placée pour obturer les landernaux existants,  ce qui a empêché les flammes de se propager au reste du bâtiment. Brillante précaution. Les dégâts causés par le feu se sont donc concentrés dans la toiture.

Dans le reste du bâtiment, ce sont les 80.000 litres d'eau déversés par les pompiers pour maîtriser les flammes qui ont posé problème. L'eau s'est infiltrée jusque dans les loges et le sous-sol.

Dans les jours qui ont suivi, une société spécialisée a déblayé le bâtiment et a asséché l'ensemble du bâtiment, avant d'entamer les travaux de remise à neuf du théâtre. Un chantier considérable puisque les murs ont été repeints, les rideaux remplacés, le sol renivelé, le plancher de la scène poncé, les oeuvres d'art restaurées, les sièges démontés et remontés pour pouvoir remplacer toute la moquette...

Pour les travaux de peinture sur les hauts plafonds du théâtre, la société en charge de la rénovation a dû mettre en place un échafaudage assez complexe à réaliser, vu la courbure des gradins. "Ca a coûté bien plus cher que la mise en peinture en elle-même, note un responsable du chantier.

Facture d'un million d'euros

Le coût justement qu'en est-il? "On est aujourd'hui à 860.000 euros de frais liés à l'incendie, indique Laurent Devin. Un montant qui à terme tournera autour du million d'euros, quand la toiture sera refaite. Actuellement, elle reste bâchée. Une protection supplémentaire sera rajoutée, le temps que les assurances trouvent un accord sur les responsabilités de l'incendie. 

Car oui, la question n'est pas encore tranchée. "Il y a une procédure en cours, je ne peux pas me prononcer là-dessus. On attend le rapport d'un expert judiciaire courant septembre."

En attendant de savoir quelle assurance paiera, entre celle de la ville, de l'artificier, ou d'une autre entité concernée, c'est la ville qui avance les montants. Vivement le rapport d'expertises...

Quelques chiffres

3500 heures de travail ont été nécessaires à la remise en état du théâtre. 6 hommes étaient à pied d'oeuvre pendant 15 semaines.

25 jours consacrés au ponçage du plancher de la scène.

250 litres de peinture murale ont été utilisés.

630 m² de moquette ont été réinstallées.