MONS

Cyber Help, l'appli montoise pour lutter contre le cyber harcèlement

Cyber Help, l'appli montoise pour lutter contre le cyber harcèlement

Un élève de 2e secondaire sur trois a déjà été victime de cyber harcèlement, selon une étude menée dans les écoles montoises. ÉdA – 202994489795

Trois écoles montoises testeront une application qui permet à un élève d'alerter une personne au sein de l'établissement en cas de cyber harcèlement. Cyber Help sera disponible en novembre.

A Mons, un élève de deuxième secondaire sur trois a déjà été victime de messages moqueurs sur internet. Et 18,5% ont déjà été auteurs de tels messages. C’est ce qu’il ressortait d’une étude menée sur le sujet à Mons, dont les résultats ont été publiés en novembre 2016.

L’étude avait été menée dans dix établissements scolaires de Mons et dans une école de Quaregnon, sous l’impulsion du député wallon Nicolas Martin et du service prévention de la ville de Mons. Au total, ce sont 1518 élèves de deuxième secondaire qui ont été questionnés sur le sujet, en face à face, tous réseaux confondus. Une étude d’une ampleur inédite dans ce domaine encore peu étudié.

L’objectif était de cerner la vision des jeunes vis-à-vis du cyber harcèlement. Constataient-ils le phénomène, de quelle manière, et comment pensaient-ils le résoudre ? « Généralement, les solutions sont de mode « up to bottom », une autorité propose quelque chose, qui doit être appliquée par la base. Ici, on a voulu que la solution émerge des personnes concernées », explique Sébastien Sakkas, collaborateur parlementaire de Nicolas Martin et un des auteurs de l’enquête.

Un outil pour alerter puis dialoguer

Le rapport a été publié en novembre 2016 et mettait en lumière deux souhaits de la part des élèves. D’une part, bénéficier d’une facilité pour pouvoir alerter en cas de problème, de manière anonyme. Mais d’autre part, que la résolution du problème puisse se faire en présence des personnes concernées et de manière encadrée, soit un espace de dialogue pour pouvoir crever l’abcès.

Pour l’alerte, l’application Cyber Help a été développée, avec l’appui du Microsoft Innovation Center. Cette application est équipée d’une chatbox, qui donne des réponses préenregistrées à plusieurs questions en lien avec le problème. Mais elle permet surtout d’effectuer des captures d’écran des faits de harcèlement, qui sont publiés sur des messageries comme Snapshat, où les messages s’effacent après quelques heures.

« Ces alertes seront traitées par une personne-ressource formée en psychopédagogie par l’Université de Mons », poursuit Sébastien Sakkas. Elle peut organiser un espace de parole régulé avec la victime et le(s) harceleur(s) et permettre de désamorcer les choses.

Une phase-test dans trois écoles

Pour débuter, l’application sera testée dans trois écoles de la ville : l’Athénée Royal de Mons, le Collège Saint-Stanislas et l’IESPP (Nursing), soit une école de chaque réseau. A Saint-Stanislas, on est prêt : « Nous avons deux professeurs pressentis pour devenir les personnes-relais au moment du lancement de l’application », explique Michel Blanquet, préfet du collège.  

La diffusion de Cyber Help se fera vers le mois de novembre, pour être équipé pendant la période haute du cyber harcèlement, en janvier, quand les groupes d'élèves sont bien constitués. Si l’étude s’est focalisée sur les classes de deuxième secondaire, l’utilisation de l’application s’adresse bien entendu à tous les élèves, qui la trouveront sur l’Apple Store et le Google Play.

 

Mons avant la Wallonie ?

 

Pour mener l’étude et développer l’application, la Région wallonne a financé à hauteur de 120.000 euros les recherches autour du projet, via une enveloppe de l’ex-ministre de l’Economie Jean-Claude Marcourt. Le projet a donc une ambition qui va au-delà de Mons. Le dispositif sera évalué au terme de la période de test, qui court jusqu’en décembre 2018. Avant une éventuelle diffusion dans toute la Fédération Wallonie-Bruxelles, si le bilan est positif. Et si on y met les moyens.