LIÈGE

Démolition de la maison Rigo: «Les électeurs s’en souviendront en 2018»

Démolition de la maison Rigo: «Les électeurs s’en souviendront en 2018»

La maison Rigo, «libérée» de l’immeuble qui la jouxte actuellement, entre parfaitement dans le paysage, selon les associations «SOS Mémoire de Liège» et «Le Vieux Liège». -

Après l’annonce de la démolition de la maison Rigo, dans le quartier des Guillemins, les deux associations défendant sa préservation n’entendent pas baisser les armes.

«En colère», voilà l’état dans lequel se trouvent les ASBL «SOS Mémoire de Liège» et «Le Vieux Liège» après l’annonce dans la presse de la démolition prochaine de la maison Rigo.

Rappelons que cet hôtel particulier de style néomosan bâti il y a un siècle fait l’objet de bien des débats à Liège. Les autorités souhaitent la démonter, estimant qu’il s’agit d’un bâtiment construit en «faux vieux» et d’un intérêt patrimonial très relatif. Ses défenseurs estiment par contre qu’une démolition constituera un saccage (de plus) orchestré par la Ville de Liège.

Les deux ASBL estiment avoir été trahies par le bourgmestre Willy Demeyer (PS). «Dire que le bourgmestre nous avait promis, fin juillet, de nous laisser un délai de cinq mois pour trouver un acquéreur! Dire qu’il nous avait assuré que le building serait démoli isolément, sans occasionner de dégâts à la Maison Rigo», s’indignent-elles.

Recours en annulation

Elles rappellent que la lutte n’est pas terminée, en ce qui les concerne. «Contrairement à ce qui a été dit et écrit, le recours des associations au Conseil d’État, introduit déjà au printemps dernier, n’est pas du tout terminé. Celui-ci doit encore statuer sur la requête introduite par les associations, non plus en suspension, mais en annulation du permis de démolir et l’arrêt tombera prochainement», font-elles savoir par voie de communiqué.

Quant à la vidéo diffusée la semaine dernière par la Ville de Liège, qui présente l’esplanade des Guillemins sous un beau jour, sans la maison Rigo, elle n’a fait que mettre de l’huile sur le feu, comme on pouvait s’y attendre. «La vidéo est de parti pris, tout dépendant de l’angle choisi pour les prises de vues.»

Enfin, les deux ASBL rappellent qu’elles ont obtenu plusieurs milliers de signatures sur leur pétition, avançant le nombre de 5 000. Les élections communales d’octobre 2018 approchant, «les citoyens se souviendront de cette offense au patrimoine liégeois et du gaspillage qu’il aura provoqué: plus d’un million d’euros de nos deniers (achat de la maison et démolition) pour aménager… une pelouse!», clament-elles.

Voilà donc une contre-attaque, qui laisse à penser que l’on n’a pas encore fini de débattre autour du sort de la maison Rigo.