HOUYET

VIDÉO | Double incendie au château de Noisy : un acte volontaire ?

Rien n’aura été épargné au château de Noisy. Condamné à la démolition après de multiples péripéties, l’édifice a été victime non d’un simple mais d’un double incendie ces dernières heures.

Les premières flammes se sont déclarées jeudi peu avant 16 h. Des travailleurs en train de démonter l’ouvrage « brulaient des bouts de charpente infestés de mérule », selon le bourgmestre de Houyet, Yvan Petit, lorsque le foyer s’est propagé au bâtiment à la faveur d’un vent important.

Les pompiers de Ciney, Dinant, Beauraing et Yvoir ont cru maitriser l’incendie en quelques heures. Mais, vers minuit et demi, les sapeurs du poste de Dinant ont été rappelés : le feu avait repris. Tout est finalement rentré dans l’ordre avant l’aube et « les dégâts sont assez limités », assuraient les services de secours en matinée. « On n’a pas dû arroser pendant longtemps et rien n’a semblé suspect. » Une partie de la toiture était tout au plus endommagée.

Un incendie volontaire ?

Les ouvriers pouvaient donc reprendre le boulot dans la journée et achever d’abattre les ruines. L’incendie leur aura en quelque sorte facilité la besogne, ce qui a immédiatement fait naitre la rumeur d’un acte volontaire. « Le feu se déclare à l’avant du site. Mais les débris se trouvent à l’arrière ! Combien ont été payées les personnes pour mettre le feu ? », s’indigne sur notre page Facebook une défenseuse de « Miranda », le surnom donné au château. « Honteux ! C’est du voulu », surenchérit un autre internaute, s’en prenant au comte de Liedekerke-Beaufort, le propriétaire de l’endroit qui a obtenu le permis de démolition au terme d’une saga judiciaire. Certes, une destruction précipitée de Miranda coupe l’herbe sous le pied de l’association de sauvegarde de l’édifice, qui envisageait jusqu’à ce dernier épisode de saisir les instances européennes pour sauver ce qui pouvait encore l’être. De là à parler de manœuvre criminelle...

Contactée par nos soins, une amatrice d’exploration des lieux abandonnés, qui connait bien Noisy, avance une autre piste: « malgré les barrières de protection, on accède sans difficulté au château. Le sinistre a pu être causé accidentellement par un squatteur, ou par un vandale. » Quant à l’entrepreneur, il défend son équipe. «Les circonstances posent question. Le bâtiment est assez grand. Notre personnel s’étonne que le feu ait apparu tout à fait à l’opposé d’où  on était occupé »,  expliquait vendredi Réginald Roten de la société Castagnetti au micro de RTL TVI.

L’ensemble néogothique est à l’abandon depuis des années. Sa démolition avait été suspendue début juin sur décision judiciaire, en raison d’une violation  du code de l’environnement et plus précisément d’une atteinte à une colonie de chauve-souris. Un jugement que la cour d’appel de Liège a annulé fin juillet. Le démontage a donc repris cette semaine.