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Série d'été | Anthony Goret: capter l'humanité de l'animal en un clic

Photographe à temps partiel depuis cinq ans, l’Ellezellois Anthony Goret s’est spécialisé dans le portrait animalier en studio.

L’Ellezellois est tombé dans la marmite de la photographie quand il était tout petit. Désormais, c’est tous les jours qu’ils promènent son Nikon D800. « Mon métier principal est développeur de sites web, explique notre homme. J’ai donc besoin chaque jour de photographies. Comme c’est une discipline qui m’intéresse beaucoup, j’ai commencé à me spécialiser. J’effectue donc toutes mes photos moi-même. Cela m’évite de devoir passer par un intermédiaire et me permet d’être certain d’obtenir le résultat que je désire ».

De clic en clic, la technique de l’Ellezellois s’est améliorée. Au point qu’il y a un lustre, il a décidé de se lancer en tant que photographe à temps partiel. S’il effectue quelques mariages et des photos plus classiques, il s’est surtout spécialisé dans les portraits d’animaux. « J’ai un contact particulier avec les bêtes. J’ai, par exemple, toujours eu des chiens chez moi. J’ai suivi des formations auprès de vétérinaires-comportementalistes. Je suis aussi bénévole dans plusieurs associations qui viennent en aide aux animaux. Cela m’arrive, notamment, de prendre des clichés des chiens de refuge qui ont dû mal à trouver une nouvelle famille. Parfois, ces images parviennent à débloquer une situation. Cela me rend heureux car je sais que c’est une bête qui va vivre dans de bonnes conditions. Enfin, ce que j’aime chez l’animal, c’est qu’il ne ment pas. Il ne va pas faire des choses qu’il n’a pas envie de réaliser ».

Passionné par le travail  de Tim Flach

Pour trouver son style, Anthony Goret a exploré le monde des photographes animaliers. Il est alors tombé sur les clichés de l’Anglais, Tim Flach. « Il s’est spécialisé dans les photographies d’animaux sauvages en studio. Ses compositions sont toujours exceptionnelles. Lui, c’est le niveau international ! Il a du matériel de dingue, une équipe énorme… Mais cela m’a inspiré car je n’avais pas envie de faire ce que l’on voit tout le temps. Même si je respecte ce type de travail, je ne me voyais pas prendre des clichés de chien avec des lunettes, des chapeaux… »

Même s’il ne l’avoue pas, par humilité, l’Ellezellois veut avant tout capter l’humanité qui sommeille dans chaque animal. « J’essaie que la bête soit le plus à l’aise possible au moment où elle passe sur mon podium. Cela demande une certaine préparation. C’est notamment pour cela que je travaille avec un objectif macro de 105 mm. Cela me permet d’être à un bon mètre quand je tire le cliché. C’est dans cette optique aussi que je travaille presque tout le temps sur fond noir. Car sa neutralité permet de faire ressortir les caractéristiques du chien, du chat, du furet… Grâce aux six flashs installés dans le studio, je parviens aussi à faire ressortir plusieurs choses.

Mon but est vraiment de capter l’émotion de l’animal à un instant T. Il faut compter une heure voire une heure trente de shooting pour ressortir parfois que cinq bonnes photos à mes yeux ».
De la patience,  beaucoup de patience

Pour y parvenir, le photographe doit souvent s’armer de patience. « Comme je le disais tout à l’heure, un animal ne fait pas ce qu’il n’a pas envie de faire. Il faut parfois user de malice pour y arriver. Mais c’est justement ce challenge qui me plaît.
J’ai une anecdote à ce sujet. Un jour, j’effectuais le shooting d’un Border Collie, un chien réputé pour son intelligence. Après cinq photos, il avait compris le fonctionnement du matériel. Quand il entendait le son de l’autofocus, il savait que les flashs allaient se déclencher et il tournait la tête pour éviter la lumière. J’ai encore essayé à plusieurs reprises mais c’était impossible. C’était tel un réflexe de Pavlov. Dès qu’il entendait le ‘bzzz’de l’appareil, il détournait le regard ».

Pour l’instant, Anthony Goret ne fige que des animaux domestiques : « Pour des éleveurs ou des particuliers qui veulent avoir un joli souvenir ». Mais il ne désespère pas de réaliser un jour son rêve : « photographier des animaux sauvages en studio. Comme le fait Tim Flach ».

Le bien-être animal est son leitmotiv

Anthony Goret nous l’a répété à plusieurs reprises durant l’interview, quand il prend une photo, il veut « que l’animal soit le plus naturel possible ».

Pour y parvenir, il existe plusieurs techniques. « Tout d’abord, je refuse la laisse ou le fait que le maître tienne son animal quand je prends le cliché. Quand un homme va se faire tirer le portrait, sa compagne n’est pas à côté de lui et ne lui met pas le doigt près des lèvres pour le faire sourire, plaisante notre interlocuteur. C’est parfois plus difficile d’obtenir un bon résultat avec un chat ou un furet. Mais avec beaucoup de patience, on arrive toujours à ses fins.

Je suis également un adepte de l’éducation positive. Je pars du principe qu’avec de la douceur et quelques bonbons, on peut parvenir à faire réaliser ce que l’on veut ».

Par contre, ce que refuse catégoriquement l’Ellezellois, c’est le moindre signe de violence envers l’animal. « Le bien-être de la bête est au centre de tous mes shootings. Si l’animal est brusqué pour être posé sur le podium, par exemple, ou que le maître essaie de lever la main dessus, je mets un terme direct à notre collaboration ».

Une passion transmise par un journaliste lors d’un reportage

La passion pour la photographie est arrivée un peu par hasard chez Anthony Goret. « Quand j’avais une dizaine d’années, mon grand-père m’a emmené voir des vieilles voitures afin de les prendre en photographie. Ce jour-là, je suis tombé sur un journaliste qui effectuait un reportage. Il a commencé à m’expliquer tous les modes de son appareil photo et tout ce qu’il était possible de réaliser avec le boîtier. Cela m’a littéralement envoûté. Depuis je n’ai plus quitté mon appareil photo ».

Quand il était plus jeune, l’Ellezellois aimait tirer des clichés de tout. « Je pense que c’est naturel quand on est petit. On s’intéresse à tout. Encore maintenant, je réalise des portraits humains ou des reportages dans les mariages. Mais cela reste malgré tout les clichés d’animaux qui me plaisent le plus ».


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