MARCHE-EN-FAMENNE

Willy Borsus arrive du fédéral et René Collin reste ministre

Willy Borsus arrive du fédéral et René Collin reste ministre

A 55 ans, Willy Borsus prend la présidence du gouvernement wallon après quasiment trois ans d’expérience ministérielle à l’échelon fédéral. Il retrouve une Région à laquelle son parcours politique le destinait. Reporters/QUINET

C’est Willy Borsus, actuellement ministre fédéral de l’Agriculture et des PME, qui deviendra le nouveau ministre-président wallon dans le gouvernement MR-cdH. René Collin poursuit sa mission de ministre.

Pas de surprise donc en ce qui concerne le Luxembourg dans la composition du nouveau gouvernement wallon. Willy Borsus (MR), comme largement pressenti, débarque bien du gouvernement fédéral vers le régional et sera ministre-président.

Un sacré défi et une belle promotion pour ce néo-luxembourgeois qui devrait prochainement se domicilier à Marche, où il vient d’acheter une maison.

Il avait été élu député régional sur la circonscription Arlon-Marche-Bastogne lors des élections de 2014. Il pensait déjà à ce moment-là intégrer le gouvernement wallon, mais l’accord rapide cdH-PS l’avait empêché de siéger à Namur. Il était devenu peu après ministre fédéral.

Willy Borsus va donc rejoindre le ministre luxembourgeois cdH René Collin, de Marche également, qui poursuit sa mission au gouvernement wallon avec les mêmes compétences que celles qu’il porte depuis le début de la législature.

Qui est-il?

Né le 4 avril 1962, ce fils d’ouvrier agricole est gradué en sciences juridiques de l’IESN (Namur). Il a été secrétaire général du Conseil des Comités nationaux de la Jeunesse d’Europe. Il fait sa véritable entrée en politique en 1988 en étant élu conseiller communal à Somme-Leuze, commune de la province de Namur, dont il deviendra le bourgmestre 6 ans plus tard. Il est également attaché parlementaire de Charles Cornet d’Elzius et, en 1993, le président du PRL, Jean Gol, en fait l’un des trois vice-présidents du parti.

En 1994, Willy Borsus est élu conseiller provincial de Namur. Un an plus tard, il devient président du Conseil et en profite pour secouer l’institution en l’appelant à se moderniser. Il patientera jusqu’en 2004 pour décrocher son premier mandat parlementaire, au parlement wallon. Entretemps, il a été conseiller au cabinet du ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, Michel Foret. La déferlante des affaires politico-judiciaires qui touchent le PS permet à ce fin débatteur d’apparaître sous les projecteurs. Le député déploie ses talents oratoires et son art de la joute verbale au sein de la Commission spéciale chargée de faire la lumière sur le fonctionnement de l’AWIPH, puis plus tard dans des dossiers comme ceux de la gestion du Forem ou des réformes du Code de la démocratie locale menées à la hussarde par la majorité PS-cdH pour trouver une solution à la crise carolorégienne. Parallèlement, il s’affirme comme un fin connaisseur de l’aménagement du territoire et de son byzantin CWATUP.

En 2009, les Réformateurs entament leur deuxième législature dans l’opposition et Willy Borsus reprend le poste de chef de groupe au parlement wallon, occupé par Serge Kubla. L’opposition menée tambour battant par le MR n’a pas porté les fruits attendus. Le style se fait plus consensuel même si Écolo ou le ministre du Budget, André Antoine (cdH), font régulièrement les frais des attaques libérales.

Au sein du parti, Willy Borsus se range aux côtés de Charles Michel quand éclate la fronde contre le président, Didier Reynders. Le chef de groupe wallon prend la tête du groupe Renaissance qui rassemble les rebelles. En octobre 2009, il est désigné vice-président exécutif du parti. Son influence va croissant. Il se charge notamment de la préparation du scrutin communal de 2012 qui permettra au MR de décrocher le plus grand nombre de bourgmestres en Wallonie.

En décembre 2013, Willy Borsus crée la surprise. Le président de la Fédération namuroise du MR fait savoir qu’il se présentera aux élections régionales en province de Luxembourg afin de ramener aux libéraux les sièges qui leur ont échappé de justesse lors des scrutins précédents. Le pari sera gagnant et se poursuivra par une candidature aux élections communales à Marche-en-Famenne en 2018. S’il se confirme, le match l’opposera à un autre ministre wallon, René Collin (cdH).

En octobre 2014, Willy Borsus entre au gouvernement fédéral dirigé par Charles Michel. Il reprend le portefeuille de l’Agriculture, des PME et des Indépendants, détenu auparavant par Sabine Laruelle. Le poste est important pour le MR car il touche le cœur de son électorat mais offre peu de visibilité médiatique à son détenteur dont la mission principale est d’achever l’harmonisation du statut social des indépendants avec celui des autres travailleurs, réalisée en grande partie sous les législatures précédentes.

Belga


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