FRAMERIES

On peut enfin traverser le Pass à vélo: le chaînon manquant du RAVeL enfin accessible

Un chaînon manquant de 350 mètres de RAVeL vient d'être inauguré, pour le plus grand bonheur des usagers du vélo. Ils ne devront plus contourner le Pass pour se promener sur la ligne 98c, qui connecte les communes du Borinage.

C’était un comble : alors que le Pass de Frameries a fait du développement durable un mantra et qu'une Fête du développement durable s'y tient depuis deux ans, il était impossible de traverser le site du Parc d’Aventures Scentifiques à vélo, alors que l’ancienne ligne de chemin de fer 98c, sur laquelle le RAVeL du Borinage a vu le jour, traverse le site.

Mais voilà, en 2000, quand le Pass ouvre ses portes, on ferme aussi le chemin. Pour passer, les usagers du RAVeL doivent faire le tour par le parking, descendre sur l'encombrée rue de Mons pendant 500 mètres avant de rattraper la ligne 98c. 

Cette anomalie est enfin rectifiée. Ce lundi, sous un temps à ne pas mettre un vélo dehors, le Ministre des Travaux Publics Maxime Prévot et le Ministre de la Mobilité Carlo Di Antonio ont inauguré cette jonction de 350 mètres, qui évite désormais aux cyclistes de quitter le chemin RAVeL.

Mais qu’il en a fallu du temps pour aboutir ! Les premières réunions entre les autorités et les associations d’usagers remontent à 2008, à une époque où Michel Daerden est l’interlocuteur politique côté Région wallonne. Pour faire bouger les choses, deux associations, Chemin du Rail et Dynamobile, avaient mené une opération pour sensibiliser le monde politique à ce chaînon manquant entre Hornu et Frameries.

C’était en 2010. 7 ans plus tard, on y est enfin. « Il faut parfois laisser le temps au temps », philosophait Didier Crémer, directeur du Pass.

Du temps pourquoi faire ? Pour la pose d’un revêtement, la rénovation de deux ponts enjambant des voiries, l’aménagement des abords du chemin, le remplacement des clôtures et l’installation de tourniquet permettant de sécuriser le site du Pass et assurant la sortie libre de ses visiteurs et la création d’une aire de stationnement pour vélo.

Les travaux ont débuté au printemps et ont coûté 365.000 euros, dont 328.000 euros à charge de la Région wallonne dans le cadre du plan RAVeL. Le Pass a allongé les 37.000 euros restants. Avec cet aménagement, le Pass est désormais directement relié via les routes RAVeL au Grand Hornu, l’autre site emblématique du passé minier du Borinage.

Le réseau RAVeL borain doit d'ailleurs prochainement s'enrichir d'un nouveau tronçon à Boussu-Bois et entre Angre et Roisin. 

La chasse aux chaînons manquants

La traversée du Pass était ce que l’on appelle un chaînon manquant du réseau RAVeL. Ces quelques centaines de mètres manquants qui contraignent cyclistes et autres usagers faibles à repasser sur le réseau routier pour poursuivre une promenade tout de suite moins bucolique et plus dangereuse. Le genre d’obstacles qui peuvent rebuter certains de prendre le vélo.

Pour faire la chasse aux chaînons manquants, le ministre de la Mobilité Carlo Di Antonio a débloqué un budget de 3,5 millions d’euros à destination des communes qui souhaiteraient aménager des connections à des voies RAVeL existantes. « Il s’agit d’une cinquantaine de bourses à destination des communes, qui doivent leur permettre d’aménager un lien entre un quartier, un centre-ville ou entre deux RAVeL », explique Carlo Di Antonio.

Cet appel à projets concerne des petits tronçons, mais qui doivent permettre de mailler plus efficacement le réseau des voies douces. Les communes ont jusqu’au 4 août pour rentrer un dossier de candidature.

Le vélo, pas qu’un loisir

Améliorer le maillage du réseau RAVeL doit aussi permettre d’augmenter la part modale du vélo, qui en Wallonie stagne à 1%, alors qu’elle s’envole à des 7 ou 8% dans d’autres contrées plus sensibles aux charmes de la Petite Reine.

Car chez nous, si les routes à vélos sont bien remplies les week-end, la bécane reste bien trop souvent au garage la semaine. « Aujourd’hui, les infrastructures existent. Il faut donc sensibiliser à l’usage du vélo », a poursuivi Carlo Di Antonio.

« Les RAVeL en Wallonie peuvent devenir des axes importants pour aller au travail ou à l’école. Moyennant quelques aménagements, on peut faire de certains RAVeL des autoroutes du vélo ». Comme les lignes 98 et 98c, qui constitue une véritable axiale boraine du vélo, connectant les communes des anciens charbonnages et traversant un bassin de vie de 200.000 habitants.  

Mais pour avoir une véritable autoroute du vélo, il faudrait peut-être penser un jour à connecter la ville la plus importante de la région au réseau RAVeL, à savoir…Mons, dont le centre-ville n’a toujours aucun accès à aucun chemin balisé RAVeL.