ANIMAUX

«La Belgique est une plaque tournante du trafic international des espèces protégées»

La cellule CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées) du SPF Santé publique a réalisé l’an dernier 167 contrôles, dont un sur deux a donné lieu à au moins un procès-verbal, a annoncé lundi à Pairi Daiza la ministre de l’Environnement, Marie Christine Marghem.

Le montant moyen des amendes infligées s’élevait en 2016 à 340 euros, pour un total d’amendes réclamées de 22.835 euros.

Trois-quarts des contrôles concernaient les reptiles, les perroquets, les rapaces et l’ivoire. Les perruches et les tortues terrestres ont représenté les espèces les plus saisies.

«La Belgique, de par sa situation géographique, est malheureusement une plaque tournante du trafic international des espèces protégées», déplore la ministre Marghem. «Les chiffres des saisies témoignent de la vigueur de ce trafic, qui nourrit le crime organisé. C’est pourquoi nous devons particulièrement renforcer les contrôles à l’intérieur et à l’extérieur de nos frontières», plaide-t-elle.

Concrètement, Mme Marghem veut élaborer un accord de collaboration avec les Régions en vue de renforcer et d’harmoniser les contrôles. Une meilleure coordination avec d’autres organismes d’inspection, comme l’Afsca et les douanes, est également à l’étude. Le but étant de «travailler sans doublon de la manière la plus efficace possible».

Plus de moyens pour la cellule CITES

En ce qui concerne les mesures déjà prises en faveur d’une plus grande efficience, la ministre de l’Environnement se félicite de disposer de sept inspecteurs pour la cellule CITES dès septembre, alors qu’ils n’étaient que deux contrats et demi en 2015. Les fonds alloués au renforcement de partenariats internationaux – notamment via l’African Elephant Fund et le Virunga National Park – ont également été largement revus à la hausse en 2017 (50.000 euros cette année, pour respectivement 20.000 et 8.900 euros en 2016).

Chez nous, à l’issue des contrôles, les animaux qui ne peuvent être rendus aux contrevenants sont placés auprès de centres spécialisés ou de zoos.

L’ASBL Carapace, située au cœur du parc animalier Pairi Daiza, accueille par exemple, chaque année, quelque 400 reptiles et autres «nouveaux animaux de compagnie». Il s’agit d’animaux saisis à la douane, délogés de magasin animalier ou, dans la plupart des cas, de spécimens abandonnés par leur maître. S’il estime que cette activité fait partie de l’ADN de Pairi Daiza, le patron Éric Domb indique que l’accueil de ce type «n’est qu’une petite partie de la solution, notre capacité d’accueil est limitée». Il se dit, lui, «favorable à un resserrement des règles d’accueil des animaux».

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