POLITIQUE

Décumul: le ministre-président wallon Paul Magnette fait «le choix de Charleroi»

Le ministre-président wallon Paul Magnette a fait son choix. Et il a choisi la Ville de Charleroi. Il y reprendra son poste de bourgmestre vers la mi-août.

Le ministre-président wallon Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi empêché depuis 2014 par sa fonction ministérielle, reprendra le mayorat à plein titre de la cité sambrienne lorsqu’un successeur lui aura été désigné à la présidence du gouvernement wallon, a-t-il annoncé lundi au cours d’une conférence de presse.

Partisan du décumul intégral entre les mandats de parlementaire et de membre d’un exécutif local, Paul Magnette (PS) ne recourra pas à la possibilité de cumul que lui permettait son bon résultat électoral au scrutin régional de 2014 (près de 50.000 voix de préférence et le meilleur taux de pénétration pour l’élection du parlement wallon).

Le mayorat de Charleroi est «le premier mandat que j’ai acquis» devant l’électeur (en 2012, cinq ans après être entré en politique, NDLR), a-t-il justifié. Paul Magnette souligne la passion qu’il éprouve pour «l’aventure urbaine» que connait Charleroi depuis le lancement du renouveau du centre-ville, la proximité du bourgmestre avec le citoyen et le fait que ce mandat permet des délais courts de mise en œuvre des décisions.

Quant à la date de sa reprise de fonctions à Charleroi, Paul Magnette considère que le MR et le cdH concrétiseront leur accord de majorité avant la fin de cette semaine. Il espère donc pouvoir reprendre le mayorat à plein titre et la présidence du conseil communal «vers la mi-août», après quelques vacances.

 

 

Françoise Daspremont (PS), échevine déléguée aux Affaires mayorales pendant l’empêchement de M. Magnette, redeviendra Première échevine en retrouvant toutes ses compétences d’avant le remplacement. Les deux échevins cdH, Éric Goffart et Mohamed Fekrioui, gardent aussi leurs compétences. Selon M. Magnette, «ils ont toujours été d’une parfaite collégialité et ne sont en rien responsables» de la décision annoncée le 19 juin par le président de leur parti pour tenter d’évincer le PS des gouvernements des trois entités fédérées.

Le politologue de 46 ans reprendra en outre quelques cours à l’Université libre de Bruxelles (ULB) «pour le plaisir d’enseigner» deux heures par semaine, à savoir un cours en co-titulariat de 2e année (Tocqueville, Marx, Jaurès et Bernstein) ainsi qu’un séminaire d’exercice de la pensée politique au second semestre. Ce séminaire portera sur la pensée politique de Machiavel, «et je pense que certains auraient intérêt à venir le suivre», a-t-il lancé.

Paul Magnette ne voit pas la fin avant terme de son gouvernement comme un échec personnel. «Je ne me considère pas responsable des événements, mais j’éprouve un profond regret. J’étais parti du principe que cette législature serait difficile, vu le contexte budgétaire aggravé par le tax-shift fédéral, et la nécessité d’accueillir les nouvelles compétences issues de la 6e réforme de l’État. Nous avions à peu près fini ce travail. En outre, la quasi-totalité des projets de la Déclaration de politique régionale (DPR) étaient finalisés; j’avais donc demandé aux ministres d’imaginer pour la rentrée politique les plus belles idées qu’ils souhaiteraient réaliser si c’était possible, afin de rédiger un appendice à la DPR», a expliqué celui qui continuera à assurer la présidence du gouvernement wallon «jusqu’au bout».

Paul Magnette juge probable qu’après l’éviction du PS du pouvoir en Wallonie, son parti restera dans les gouvernements bruxellois et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. «On aura donc cette situation ubuesque où, à cause de mauvais calculs ou de manœuvres mal préparées de certains, des députés siégeront dans la majorité en Wallonie et dans l’opposition en Communauté française. Bonne chance pour faire en sorte que les objectifs de la Communauté française appuient ceux de la Région wallonne! «, a commenté le régionaliste. Cette situation est déjà celle des trois députés DéFI qui siègent en Fédération dans l’opposition mais dans la majorité en Région bruxelloise.


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