SCIENCES

Une nouvelle théorie sur la (quasi) disparition des habitants de l’île de Pâques

Une nouvelle théorie sur la (quasi) disparition des habitants de l’île de Pâques

- © Stéphane Jobert

Une équipe d’archéologues remet en question l’écocide de l’île de Pâques. L’arrivée des Européens serait en réalité la cause d’une chute massive de la démographie.

Célèbre pour ses moaï (statues monumentales), l’île de Pâques fascine depuis des décennies la communauté scientifique et les plus curieux d’entre nous. Selon le site Science Alert, une nouvelle théorie remet en question la disparition des habitants de cette île du Pacifique.

Il est traditionnellement convenu que les habitants de Rapa Nui ont causé leur perte en épuisant leurs ressources naturelles comme le rappelle l’anthropologue Carl Lipo : «Une des ressources qu’ils auraient soi-disant épuisée sont les arbres qui poussaient sur l’île. Ces arbres donnaient des canoës et, à cause du manque de canoës, ils ne pouvaient plus pêcher. Ils auraient donc commencé à se reposer de plus en plus sur la nourriture terrestre. Et comme ils en dépendaient, la productivité aurait baissé à cause de l’érosion du sol, ce qui aurait provoqué de mauvaises récoltes.»

Mais le plus célèbre écocide de la planète est aujourd’hui remis en question par une équipe d’archéologues de l’université de Binghamton. Ces derniers ont analysé des échantillons d’os et de plantes datant de 1 400 après J.-C. Ces analyses démontrent que les habitants se sont adaptés à leur environnement.

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Nos résultats indiquent des efforts concertés pour manipuler les sols agricoles.

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Les protéines présentent dans les restes humains analysés provenaient d’un régime alimentaire maritime plus riche qu’estimé précédemment. Et il semble que les plantes provenaient d’un sol enrichi cultivé jusqu’au 18e siècle, ce qui démontre une connaissance accrue en agriculture comme le suggère Carl Lipo : «Le peuple de Rapa Nui était, sans surprise, intelligent sur son utilisation des ressources. Nos résultats indiquent des efforts concertés pour manipuler les sols agricoles et suggèrent que la population préhistorique de Rapa Nui avait une connaissance approfondie sur la manière de surmonter la mauvaise fertilité des sols, d’améliorer les conditions environnementales et de créer un approvisionnement alimentaire durable.»

Qu’est-il donc arrivé aux habitants de l’île de Pâques? Selon l’équipe d’archéologues, leur disparition remonte en 1772 avec l’arrivée des Européens et... des rats porteurs de nombreuses maladies. Comme pour la civilisation inca durant la conquête espagnole, les habitants de Rapa Nui auraient contracté les maladies apportées par les colonisateurs telles que la syphilis, la tuberculose ou encore la variole.