TOUR DE FRANCE

L’Orange Vélodrome n’a pas fait salle comble

Totalement acquis à la cause des Français, l’antre marseillais n’était pas plein. Une partie du public a encore hué Christopher Froome lorsque celui-ci s’élança de la rampe de lancement

Ce jour était historique. Tout Marseille avait mis les petits plats dans les grands pour faire du dernier chrono de ce Tour un événement unique. Les édiles politiques n’avaient pas hésité à cracher 800 000 euros au bassinet pour être sûrs que le raout juillettiste ferait une très belle escale chez eux ce samedi. Quand l’on sait que pour obtenir l’arrivée d’une étape «normale», une commune débourse entre 100 et 150 000 euros, on se rend compte à quel point la capitale européenne du sport 2017 tenait à écrire sa page d’histoire.

Un chrono qui débute et s’achève dans un stade n’était pas une toute grande première. Bordeaux et son parc Lescure avaient déjà eu cet honneur. Mais c’était au croisement des années 1970-80. Une autre époque, donc. Marseille avait, lui, le privilège d’accueillir le contre-la-montre décisif de la plus grande course cycliste par étapes. Celui qui, à la veille de l’arrivée sur les Champs Élisées, allait fixer les places pour de bon.

Circuler dans la cité phocéenne est toujours un calvaire le samedi. Mais, cette fois, il fallait vraiment s’armer de patience. Accepter la tension, palpable, des différents automobilistes. Et prendre son mal en patience. Mais le jeu en valait la chandelle. Car l’arène de l’Olympique de Marseille, totalement transformée pour la circonstance, ne ressemblait à rien de ce que l’on avait déjà vu.

Barguil: «J’ai eu la chair de poule»

La pelouse avait cédé la place au tarmac. Et la rampe de lancement se trouvait à une vingtaine de mètres à tout casser de la ligne d’arrivée. Il y avait de quoi en prendre plein les mirettes. Certes, les tribunes n’étaient pas archi-combles mais l’ambiance, qui n’avait cessé de grimper au fil de l’après-midi, nous rappelait que l’on était d’abord dans un stade de football. À dire vrai, l’Orange Vélodrome n’avait d’yeux que pour ses Français Warren Barguil et Romain Bardet. On put d’ailleurs voir un immense tifo AG2R. «Gamin, je rêvais du Tour de France», dira le premier des deux. Il fut sans conteste la star du jour. Enfin, le chouchou du public. Il en eut encore la preuve lorsque tout le stade lui réserva une véritable ovation à sa montée sur le podium avec son maillot à pois. «J’ai eu la chair de poule. Durant tout le parcours, en fait. Du départ à l’arrivée. Dans les rues, les gens hurlaient mon prénom, c’était de la folie.»

On comprend la joie du double vainqueur d’étapes. On tolère moins les sifflets qui ont accompagné le départ de Christopher Froome, parti une minute après Romain Bardet, le héros de tout un peuple. Et lorsque l’Auvergnat revint dans l’écrin qu’il avait quitté une demi-heure plus tôt avec le Britannique sur ses talons, un bruit assourdissant l’accompagna jusqu’à la ligne d’arrivée. Cette fois, Froome ne dut plus supporter les huées d’une partie du public. Il faut dire qu’au moment où il monta sur le podium tout de jaune vêtu, une grande partie de la foule avait déjà déserté l’Orange Vélodrome. C’est qu’il lui fallait désormais sortir du centre de Marseille. Et ça, un samedi soir, ce n’est pas une partie de plaisir.

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