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Monnaie locale: pourquoi l’adopter?

Monnaie locale: pourquoi l’adopter?

«Le commerçant ne doit pas gérer une double comptabilité. Il encode la monnaie locale comme il le ferait avec l’euro.» BELGA

Commerçant, jardinier ou encore architecte. Des indépendants sont de plus en plus nombreux à empocher et faire circuler les monnaies locales.

Elles fleurissent un peu partout dans le pays et transitent par les commerçants et entrepreneurs locaux. Leur objectif: stimuler une économie locale et durable, réinstaurer de la solidarité dans les échanges, créer davantage de liens et contrer les effets néfastes de la spéculation financière.

Nicola Virone, porte-parole de l’ASBL Lumsou, la monnaie citoyenne namuroise, nous détaille la démarche des commerçants participants.

Concrètement, quels sont les attraits d’une monnaie locale pour les commerçants et petits entrepreneurs?

Elle leur permet d’affirmer leur identité locale, et potentiellement éthique. De bénéficier d’une visibilité, notamment par notre plateforme qui répertorie leur commerce. De fidéliser et d’élargir leur clientèle. Et de s’inscrire au sein d’un réseau dynamique qui favorise la coopération, et non la compétition.

Quels profils peuvent y adhérer?

Les critères varient d’une monnaie à l’autre. Avec le Lumsou, nous sommes ouverts à un large public de prestataires de biens ou de services. Il suffit d’avoir son siège social à Namur ou dans les 12 communes qui l’entourent. Ensuite, nous demandons au partenaire de signer la charte de l’ASBL qui promeut les circuits courts, requiert la garantie d’une rémunération et de conditions de travail décentes à ses travailleurs.

Combien comptez-vous de membre?

Une soixantaine, un mois et demi après le lancement. De prochains partenariats devraient être conclus, et nous sommes toujours en recherche de nouveaux membres!

Comment sont-ils reconnaissables par le public?

Ils sont recensés sur notre site internet. En vitrine, ils peuvent afficher notre logo.

Dans sa caisse, comment le commerçant gère-t-il sa monnaie locale?

Il peut débuter son partenariat avec ou sans fond de caisse. 1 Lumsou égale à 1 euro. Le commerçant ne doit pas gérer une double comptabilité. Il encode la monnaie locale comme il le ferait avec l’euro. Il l’utilise ensuite pour payer ses fournisseurs ou rendre la monnaie à sa clientèle, si elle l’accepte. Il peut aussi l’utiliser pour ses achats privés.

La ramener à votre ASBL n’est pas dans son intérêt…

Pour reconvertir ses Lumsous en euros, il devra payer une commission de change de 5%. Cette mesure est dissuasive. Car l’objectif est bien de faire circuler la monnaie un maximum pour mieux soutenir l’économie réelle.

Le système est-il sécurisé?

Au maximum. Les billets possèdent quatre niveaux de sécurité.

Une version électronique pourrait-elle voir le jour?

Certaines monnaies locales ont déjà franchi le pas, comme l’Épi lorrain. Cette monnaie électronique serait complémentaire et faciliterait les échanges entre commerçants et fournisseurs, qui s’opèrent par versement la plupart du temps, et non en liquide. Quant aux clients, ils paieraient aussi, via leur smartphone ou par virement.

À quoi sert la cotisation demandée?

Trente euros annuels sont demandés aux partenaires pour couvrir les frais de fonctionnement de l’ASBL, comme l’impression des billets. Par ailleurs, lorsque notre fonds de garantie aura dépassé les 10 000€ (8 000€ actuellement), nous placerons l’argent chez Credal, la coopérative de crédit alternatif qui soutient des projets sociaux, éthiques et locaux. Et la boucle est bouclée!


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