Monique Morue (Brasménil) a eu le déclic

«On ne photographie bien que ce qu’on aime.» Et la photographie animalière, Monique Morue adore. Et ça se voit…

Rien ne prédisposait cette ancienne employée de Bpost à embrasser, une fois la retraite venue, la passion de l’obturateur! Et pourtant…

Monique Morue (qui va sur ses 61 printemps) est domiciliée à Brasménil, dans l’entité de Péruwelz. Elle cherchait à avoir une occupation pour ses «vieux jours», et c’est presque par accident qu’elle s’est alors tournée vers la photographie. «Avant je n’avais jamais fait de clichés, avoue cette autodidacte. C’est vraiment comme cela que c’est arrivé: c’est une vocation tardive! J’avais acheté un premier petit reflex, un bas de gamme, un des premiers appareils photos numériques et j’ai commencé à mitrailler. Les résultats étaient à la hauteur de mes espérances et surtout ça me plaisait! J’ai alors cassé ma tirelire pour acquérir la gamme au-dessus avec laquelle j’ai commencé à faire des clichés des oiseaux. J’ai fait par la suite la réserve ornithologique en Camargue et je me suis pris de passion pour le parc Pari Daiza.»

La plus belle photo que notre Péruwelzienne a réalisée – «Là où je me suis vraiment pris de passion pour écrire avec la lumière» – c’est quand elle a réussi à capter les mouvements d’un aigle. C’était au Puy-du-Fou, lors d’un spectacle de rapaces. «Je me suis dit: “Ce n’est pas moi qui ai fait cela” tant tout était parfait dans la composition et la réalisation de l’image… Je me suis alors naturellement “spécialisée” dans l’ornithologie, et c’est vrai que voisine du parc de Cambron-Casteau, en la matière, j’étais gâtée. J’aimerais m’essayer à l’affût. C’est pratiquement la même passion qu’un pêcheur; il faut attendre…».

Selon Monique Morue, les qualités pour faire un bon photographe tiennent avant tout dans la façon que l’on a à regarder.

«Depuis que j’ai fait mienne la photographie, je regarde effectivement tout différemment. Tout attire mon regard: un nuage qui a une forme particulière, par exemple, je peux l’immortaliser. Une fleur qui est biscornue… Et les lumières.; que dire à leur sujet? Dans le club que j’ai fondé à l’«Arrêt 59», nous sommes amenés à couvrir tous les spectacles, donc à travailler en basses lumières. Au début, cela peut paraître insurmontable mais très vite, l’on prend ses marques. A contrario, quand il y a une belle lune, on a aussi envie de shooter; les réglages sont, dans ce cas-ci, totalement différents. »

À la retouche

Notre interlocutrice ne se déplace jamais sans son appareil. «On ne sait jamais; si j’aperçois un coquelicot ou un héron dans mes pérégrinations…» Mais plus que l’appareil en lui-même, ce qui compte, c’est d’avoir dessus un beau caillou, entendez un bon objectif. «Je pense que c’est primordial. Et il en faut un pour chaque situation.»

«La photographie, c’est une passion qui coûte cher!», lâche encore la Péruwelzienne qui dit tout apprendre sur le tas. Ainsi, en va-t-il pour les tutoriels disponibles sur internet; il s’agit de «leçons» filmées qui donnent de précieux conseils dans tous les domaines. «Les tutos, c’est une autre passion; je suis complètement autodidacte en photographie comme en post-production. Le logiciel Photoshop est devenu un incontournable dans ce domaine; il fait partie du travail d’un photographe. Je pense que celui qui dit ne pas retoucher ses images, est un menteur et je n’y crois pas de trop! Pareil pour celui qui dit connaître Photoshop par cœur, je n’y crois pas. Au bout de dix ans, je suis certaine que l’on n’a pas encore tout appris sur ce logiciel.»

 

«Arrêt sur images», un passage obligé

Monique Morue a fondé, il y a un an, le club «Arrêt sur images», à Péruwelz, un club qui réunit des photographes amateurs, passage obligé selon notre interlocutrice, pour devenir un bon faiseur de clichés. «Qu’est-ce qu’on apprend dans ces trucs-là…»

Grâce au soutien de l’ASBL «Arrêt 59», le projet ainsi chapeauté s’est concrétisé. Le club a la vocation de présenter sa ville et ses alentours sous un regard différent. Accroître ses connaissances en photographie, stimuler son talent créatif, et partager ses informations, son expérience et sa technique avec d’autres passionnés, tels sont les principales missions du club péruwelzien.

«C’est avant tout un lieu où l’on s’échange des astuces. Un appareil photo, c’est quelque chose plein de boutons, et on ne sait pas toujours à quoi ça sert. Lire le mode d’emploi, ce n’est pas toujours folichon. Or, la même photo en automatique ou en réglage manuel, c’est totalement différent. Au début, j’étais très découragée parce que je n’arrivais pas à faire des réglages manuels mais maintenant ça vient d’instinct…»

La trentaine de membres se réunit une fois par mois – le samedi matin – et organise aussi des sorties thématiques.

 

 

Un tutu insoupçonné

Le post-traitement des photographies qu’elle réalise apporte aussi, parfois, un grand motif de satisfaction à notre enthousiaste sexagénaire.

Des satisfactions parce qu’il réserve des surprises auxquelles la photographe ne s’attendait pas.

Ce fut le cas avec un cliché capturé lors d’une récente visite du parc de Pairi Daiza, à Cambron-Casteau.

«J’y ai tiré une spatule rosée que j’étais persuadée, sur l’instant, avoir ratée. Je n’ai même pas visionné le cliché sur l’écran LCD de mon appareil. Une fois rentrée à la maison, lorsque j’ai importé tous les clichés réalisés ce jour-là, quelle ne fut pas ma surprise quand j’ai visionné ce cliché! Il était parfait: l’oiseau aquatique que j’avais photographié avait un geste tellement ample qu’on aurait dit qu’il dansait. La spatule rosée s’est véritablement révélée, habillée d’un tutu rose. On aurait dit une danseuse.»

 

https ://moniquemorue.wixsite.com/photography


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