ANTOING

Willy Mahieu venait d’avoir 84 ans

Willy Mahieu venait d’avoir 84 ans

ÉdA

Haut fonctionnaire provincial, premier bourgmestre d’après les fusions, Willy Mahieu est décédé. Le «Roc» du Pays blanc s’est brisé.

C’est avec tristesse que nous avons appris jeudi soir le décès de Willy Mahieu. Souffrant depuis plusieurs mois, le premier bourgmestre du «grand Antoing, s’est éteint à l’âge de 84 ans. «1965-2005, 40 ans de vie politique», ainsi peut-on résumer en quelques mots l’empreinte qu’a laissée Willy dans la cité du Roctier. C’est à Calonne, le 5 juin 1933, qu’est né Willy Mahieu. Amoureux de la lecture, puisque bibliothécaire de formation, M. Mahieu a été durant sa carrière professionnelle un des plus hauts fonctionnaires de la Province du Hainaut. C’est avec le grade d’inspecteur général des finances qu’il a d’ailleurs été admis à la retraite en 1998. Il était aussi sportif, puisqu’à huit reprises champion du Hainaut d’athlétisme. Faut-il rappeler à ce sujet que ce sont les mollets de Willy qui ont servi de modèle à Jacques Desmets pour tailler la statue du Roctier du Stade d’Antoing! Brosser le portrait de ce «personnage» qui a marqué la vie du Pays blanc n’est guère aisé. On doit cependant inévitablement y inclure sa gentillesse, son humour, sa culture mais aussi parfois par ses terribles colères! À Antoing, personne ne l’appelait «Monsieur le bourgmestre» ou «Monsieur Mahieu». Pour tout le monde, c’était Willy. Lui-même l’entendait ainsi. Au-delà de des valeurs socialistes qu’il défendait âprement, c’est un humaniste qu’a perdu la population du Pays blanc. C’est le bourgmestre de l’époque, Alfred Leroy, qui avait incité Willy à poser sa candidature au conseil communal. Willy a fait son entrée dans l’hémicycle d’Antoing le 13 janvier 1965. Il allait avoir 32 ans. «Cette année-là, le gouvernement belge s’attelait à la révision de la constitution sur fond linguistique, une saga toujours en cours, tandis que Salvatore Adamo entamait à l’Olympia une carrière internationale remarquable. Dans les communes, nous connaissions le changement en quasi-permanence», nous avait-il confié. Échevin des Finances en 1971, M. Mahieu est devenu en 1977 le premier bourgmestre d’après les fusions.

À la tête du grand Antoing, il «rempilera» à cinq reprises, un record en soi. Municipaliste converti, Willy Mahieu n’a jamais eu d’ambitions politiques qui l’auraient conduit en dehors des limites sa commune. «J’ai toujours préféré être le n°1 à Antoing que l’ixième à Bruxelles ou à Namur, se plaisait-il toujours à rappeler. Pas besoin d’évoquer les bons et moins bons épisodes de ma carrière de bourgmestre. Parlons plutôt des satisfactions. Satisfaction d’avoir rendu un service à un citoyen en difficulté, satisfaction de voir bien fonctionner les nouveaux services mis en place, satisfaction d’avoir trouvé une solution alors que l’on se trouvait dans l’impasse, satisfaction aussi de diriger les débats du conseil communal dans un climat serein et dans une ambiance que beaucoup nous envient», avait évoqué Willy lors de sa mise à la retraite et de conclure «Merci enfin à Micheline pour ses remarques, avis ou critiques. Très souvent, elle a assumé la liaison entre le citoyen qui ne parvenait pas à me toucher et moi-même».

Aujourd’hui, Willy s’en est allé rejoindre Micheline, son épouse bien-aimée. À sa fille Sabine, aux membres de sa famille et à ses amis notre journal présente ses condoléances les plus émues.


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