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De premiers signes d’apaisement entre le Qatar et les Émirats arabes unis?

De premiers signes d’apaisement entre le Qatar et les Émirats arabes unis?

Pour M. Gargash, le ministre d’État émirati aux Affaires étrangères, «les pressions liées à la crise commencent à donner des résultats». AFP

Le ministre d’État émirati aux Affaires étrangères, dont le pays fait partie de ceux qui ont rompu avec le Qatar, a qualifié vendredi de «positive» la décision de Doha d’amender sa loi sur la lutte antiterroriste.

La lutte contre le terrorisme est l’un des sujets controversés à l’origine de la crise opposant l’émirat gazier à ses voisins qui l’accusent notamment de soutenir des groupes extrémistes.

Un décret-loi, promulgué jeudi soir par l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, définit les termes de «terroristes, de crimes et entités terroristes ainsi que du financement du terrorisme».

Le document établit «deux listes nationales pour les individus et les entités terroristes» et énonce les mesures nécessaires pour pouvoir les inscrire sur ces listes mais il donne aux suspects le droit de faire appel contre leur inscription sur l’une de ces listes.

Ce décret-loi amende la législation qatarie sur la lutte antiterroriste datant de 2004 mais ne donne pas de détails sur la définition du terrorisme ni sur les mesures pour porter un suspect ou une organisation sur une liste noire.

L’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l’Egypte, qui ont rompu le 5 juin avec le Qatar, accusent Doha de soutien actif aux islamistes extrémistes, d’être derrière des actions de déstabilisation dans la région et de se rapprocher de l’Iran chiite, le grand rival du royaume saoudien sunnite.

Doha nie en bloc et a rejeté une liste de 13 demandes formulées par ses adversaires, qui exigent notamment la fermeture de la télévision Al Jazeera et d’une base turque au Qatar ainsi qu’une réduction des relations de leur voisin avec l’Iran.

«C’est un pas positif pour traiter avec sérieux la liste de 59 terroristes», a expliqué sur Twitter M. Gargash.

Ryad et ses alliés avaient publié le 9 juin une liste nominative de 59 personnes et de 12 entités qui, selon eux, sont «liées au Qatar et au service d’un programme politique suspect du Qatar». Doha avait rejeté comme «infondée» cette accusation.

Pour M. Gargash, «les pressions liées à la crise commencent à donner des résultats». «Le plus sage (pour le Qatar), c’est de changer totalement d’orientation» politique, a-t-il dit.

Le nouveau décret-loi publié à Doha fait suite à la signature la semaine dernière par les Etats-Unis et le Qatar d’un accord sur «la lutte contre le financement du terrorisme».

Cet accord avait toutefois été jugé «insuffisant» par le quartet anti-Qatar.

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