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Des turbines à gaz pour la Russie détournées en Crimée

Des turbines à gaz pour la Russie détournées en Crimée

Archive — La compagnie allemande a réagi en coupant les ponts avec la Russie sur certaines activités. BELGAIMAGE

Le géant industriel allemand Siemens a annoncé vendredi arrêter certaines activités avec la Russie, après avoir découvert que quatre turbines à gaz initialement livrées à ce pays avaient été détournées à son insu vers la Crimée.

Siemens va ainsi vendre ses parts minoritaires dans le groupe russe Interautomatika, mettre fin à un accord de licence en matière d’équipements de centrales électriques et cesser pour le moment toute livraison d’équipements de centrales à toute entreprise contrôlée par l’Etat russe, a indiqué le groupe.

Il y a presque deux semaines, Siemens avait annoncé avoir «reçu de sources fiables l’information qu’au moins» deux des quatre turbines à gaz qu’il avait livrées pour le projet Taman, dans le sud de la Russie, se trouvaient en réalité en Crimée. La localisation des deux autres turbines n’était alors pas certaine.

Mais désormais, «Siemens a reçu des informations crédibles qu’en dépit de tous ses efforts récents et passés, l’ensemble des quatre turbines à gaz livrées à l’été 2016 pour le projet Taman ont depuis été localement modifiées et illégalement déplacées vers la Crimée à l’encontre des engagements contractuels», explique vendredi l’industriel de Munich (sud), qui a lancé des poursuites judiciaires en Russie.

La Russie a annexé en 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée, une région désormais visée par des sanctions de l’Union européenne, auxquelles les entreprises européennes doivent se plier.

Le projet Taman porte sur la construction d’une centrale thermique dans la péninsule de Taman, dans la région de Krasnodar en Russie, qui fait directement face au couloir de terre de Kertch en Crimée, dont Moscou cherche à réduire la dépendance énergétique à l’égard de l’Ukraine.

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