GASTRONOMIE

La culture fritkot reconnue comme patrimoine immatériel: «La N4 reste le must en termes d’archéologie frituresque»

Le fritkot entrera ce 20 juillet au patrimoine immatériel, oral et culturel dans toute la Belgique. Cheville ouvrière de cette reconnaissance, Hugues Henry nous explique pourquoi ces baraques à frites ont failli disparaître. Depuis Home Frit’Home, ce Bruxellois est devenu un véritable historien de la double cuisson. On frétille.

Hugues Henry est sans doute le Bruxellois le plus au fait de l’histoire de la frite. Depuis son B&B Home Frit’Home de Forest, transformé en véritable «micromusée» de la frite, il se plonge toujours plus bouillant dans les remous du patrimoine frituresque de chez nous. Une carrière entamée avec le succès du site Frites.be, un site décalé sur la belgitude aujourd’hui un peu oublié au fond du paquet. Entouré d’éplucheurs, de planches de BD, d’autocollants, de coupe-frites, de figurines et de cornets en carton, il retrace la provenance de chaque pièce de sa collection par de minutieuses enquêtes, plus fines que la taille d’une bintje avant le plongeon.

On ne s’étonne donc pas que l’auteur de «Carrément Frites» ait participé à la cuisson de la reconnaissance de la «culture fritkot» comme patrimoine immatériel partout en Belgique. Une quadruple cuisson puisqu’il a fallu passer par la Flandre, la Wallonie, Bruxelles et la Communauté germanophone. Dans le bain depuis 2012, le groupe de frituristes, passionnés, gastronomes et producteurs de pommes de terre réunis sous l’égide de l’Unafri (Union Nationale des Frituristes) a finalement bouclé le dossier.

La «culture fritkot» sera donc officiellement coulée dans le marbre ce 20 juillet à l’Atomium. On y salera quelques cornets pour digérer les discours officiels. Le Prince Laurent s’y léchera aussi les babines. Avant ce frichti guindé, on croque quelques anecdotes frituresques avec Hugues Henry. Entre sociologie, urbanisme et folklore, hypocrisie à part. Comme la sauce.
 

«?Les édiles voyaient les fritkots comme des furoncles?»

 

+ À l’occasion de cette reconnaissance, l’Unafri publie la «Gazette Fritkot», petit journal trilingue de 16 pages qui fait le point sur le patrimoine frituresque belge. 310.000 exemplaires seront distribués dans les fritkots.

+ Pour la même raison, le Micro Musée de la Frite de Home Frit’ Home consacrera ses prochaines portes ouvertes gratuites à la Culture Fritkot: les samedi 5 août (13h30-18h30) et dimanche 6 août (13h30-18h00).