MONS

Bouchez: "Je suis clairement candidat au mayorat"

Bouchez: "Je suis clairement candidat au mayorat"

A Mons, la campagne électorale est déjà lancée pour le MR, qui se sert du Conseil communal pour promouvoir ses idées. twitter

Les conseils communaux qui durent huit heures, c'est une façon pour le MR d'esquisser son programme électoral pour les communales 2018. "Ils ne sont plus préoccupés par la gestion communale", déplore le bourgmestre.

Il ne se passe plus un mois sans qu'une polémique n'éclate dans le landerneau politique montois. Dernier épisode en date: une modification du Règlement d'Ordre Intérieur du Conseil communal de Mons.

Lassé des réunions qui terminent à 2h du matin depuis que le MR a été versé dans l'opposition, le bourgmestre Elio Di Rupo a voulu limiter le temps de parole et le nombre d'interventions des conseillers communaux. "Je ne connais pas de conseils communaux qui vivent cette situation", souligne-t-il. 

Ce nouveau ROI prévoyait la limitation du nombre de motions à deux maximum par conseiller, l’interdiction de dépôt de motions sur des matières relevant de la compétence d’autres niveaux de pouvoir, la limitation de la prise de parole si une majorité des conseillers refusent la prise en considération d’une motion, ou encore d'octroyer 10 minutes maximum au conseiller pour développer ces motions.

Le Bourgmestre a finalement fait machine arrière, après un tollé de l'opposition et la volonté marquée du chef de file MR Georges-Louis Bouchez de le contester en justice. Elio Di Rupo a indiqué ne pas vouloir perdre son temps dans des procédures judiciaires. Pour le chef de file MR, le bourgmestre se serait plutôt rendu compte que son texte était juridiquement attaquable. "Ils n'en veulent, pas? Tant pis, je retire le point. On terminera encore à 2h du matin et je prendrai une barre de protéines" plaisantait à moitié Di Rupo.

Tout en déplorant le temps consacré à ces débats sans fin. "Taper les comptes-rendus de Conseils communaux mobilisent 3 personnes pendant 3 semaines", signale le Bourgmestre, qui déplore l'agenda électoral du MR: "ils ont le nez dans le guidon des élections et ils ne sont plus préoccupés par la gestion communale."

"Rétablir la vérité"

Côté opposition, on ne nie pas que le compte à rebours a déjà commencé. "Je suis clairement candidat au maïorat", revendique volontiers Georges-Louis Bouchez. Et ce jeu des motions (52 depuis juin 2016 pour le seul Bouchez), "c'est une façon de dire aux Montois ce que nous ferions si nous avions le maïorat". Quant au reproche que nombre de ses interventions et celles de son groupe ne relèvent pas de la politique communale stricto sensu, il le balaye.

Et il compte prouver le contraire en lançant une campagne de communication intitulée "Rétablir la vérité", sur les réseaux sociaux dans un premier temps, dans un toute-boîte ensuite. Pour montrer graphiques à l'appui l'activité de son groupe et les thèmes des motions, interpellations, questions...Qui relèvent à chaque fois de l'intérêt communal, insiste-t-il.

Quant à la longueur des débats, "8 heures de discussion pour une ville de 95.000 habitants, une fois par mois, ce n'est pas énorme. Le Conseil communal est un organe souverain et démocratique". Sauf que dans les autres grandes villes, les débats ne s'éternisent pas autant. "C'est normal, il n'y a pas de groupes politiques conséquents dans l'opposition à Charleroi, Tournai ou La Louvière. La seule ville où il y a un groupe d'opposition qui revendique clairement le maïorat, c'est ici."

Les longs débats se poursuivront donc jusqu'en octobre 2018 dans le salon de l'Hôtel de Ville. Et on peut faire confiance à l'opposition MR, mais aussi Ecolo pour encore amener de nombreux points de discussion sur la table du Conseil communal.

La liste de rassemblement est en bonne voie

Un an jour pour jour après son éviction de la majorité, Georges-Louis Bouchez annonçait son intention de présenter une liste unie autour de son projet de ville, rassemblant diverses tendances au-delà de la couleur libérale. "Le but est d'amener des gens qui ne se seraient jamais présentés sur une liste MR et qui viennent d'horizon divers. 

Où en est-on aujourd'hui? "On a atteint le premier stade. Il y a déjà un panel assez large représentant différentes tendances politique, plus la société civile. Jusqu'à présent, ce sont surtout des gens qui se sont manifestés. La démarche proactive, elle commence aujourd'hui". L'objectif: annoncer la liste en octobre. Tout juste un an avant les élections.