MARATHON

Marathon: Gilles Naniwe aux JO pour malentendants en Turquie

Marathon: Gilles Naniwe aux JO pour malentendants en Turquie

Gilles Naniwe (deuxième en partant de la gauche) est super enthousiaste à l’idée de partir aux Jeux olympiques. ÉdA

Le rêve de tout sportif est la course aux anneaux olympiques. Pour Gilles Naniwe, cela va débuter ce mardi en Turquie où un marathon l’attend.

Gilles Naniwe est un joggeur que l’on voit régulièrement sur les manches du challenge du Brabant wallon. Mais il réalise également d’autres épreuves sur de plus longues distances comme des marathons ou des semi-marathons, «mais aussi des épreuves plus diverses comme par exemple des 15 kilomètres», précise le Brainois.

Oui mais voilà, si d’apparence, cela ne se voit pas, le Brainois a un handicap. Il est malentendant… «Je suis né avec la surdité. En fait, ma maman a eu la rougeole pendant qu’elle était enceinte, ce qui a entraîné ce souci chez moi. Donc, je n’entends rien. Je lis sur les lèvres. Pour les personnes qui essayent de me communiquer quelque chose, je me dois de faire très attention en leur demandant de bien articuler les lèvres pour que je puisse comprendre la conversation. Avis à tout le monde, surtout, cela ne sert à rien de me parler avec la voix haute car je n’entends de toute façon rien.»

Il y a à peu près 10 000 personnes qui relèvent de surdité en Belgique. Parmi eux, les sourds, avec lesquels on communique par la langue des signes.

Football puis athlétisme

Gilles Naniwe fait du sport depuis qu’il est tout petit. «J’ai toujours fait du sport et, surtout, j’ai toujours varié les disciplines. D’abord, j’ai joué au foot suite à l’influence des copains à l’école et puis aussi avec les voisins. Puis un jour, en 2000, j’ai fait une crise de colère pour une faute lors d’un match. Là, j’ai décidé d’arrêter le football d’un coup. Je me suis alors intéressé à l’athlétisme aux States car j’ai étudié à l’université à Washington. J’ai commencé à aimer les épreuves de type 400 m, 800 m ou encore 1 500 m. Après avoir obtenu mon diplôme à l’université aux States, je suis rentré au pays et je me suis inscrit en l’athlétisme au White Star Woluwe.»

Durant cinq ans, Gilles a alterné les épreuves et les distances mais, récemment, il a décidé de changer de discipline. «Depuis deux ans, je fais des plus longues distances et même des marathons.»

Voilà donc le parcours qui amène, à présent, Gilles Naniwe aux Deatlympics, les jeux olympiques pour les malentendants. «Ces jeux sont prévus tous les quatre ans comme les Jeux olympiques mais se déroulent à différentes années. Ici, le Deaflympics se déroulera à Samsun, en Turquie, du 18 au 30 juillet. Il y a 4 ans, c’était en Bulgarie, et il y a 8 ans, à Taïwan.»

Le marathon sans réel objectif 

C’est tout logiquement pour l’épreuve du marathon que le Brainois Gilles Naniwe va représenter la Belgique aux Jeux olympiques pour malentendants. «Je suis repris pour le marathon. Le critère pour se qualifier avec la délégation Belge était, en marathon, de 2 h 54. Moi, j’ai fait 2 h 53 en 2016! Mon entraîneur est Marc Vanderlinden.»

Les jeux aussi, sont une première expérience pour Gilles. «Ce sont mes premiers Deaflympics pour le marathon. La finale du marathon se déroulera le samedi 29 juillet à 7 h 30, l’avant dernier jour des compétitions. Il y aura donc en principe beaucoup de fans puisque c’est souvent ainsi à la fin des Deaflympics.»

Quel objectif pour le Brainois? «Difficile à dire puisque ce sera ma première expérience en la matière. Il y aura des Kenyans mais aussi de bons coureurs asiatiques. On m’a dit que tous les 4 ans, les Kenyans prennent les médailles… Moi, je vais tenter d’obtenir une bonne place et de faire un temps en dessous de 2 h 50.»