SÉCURITÉ ROUTIÈRE

Drogue + alcool: cocktail pour les 3/4 des conducteurs sous influence

Drogue   alcool: cocktail pour les 3/4 des conducteurs sous influence

L’AWSR réclame des contrôles salivaires plus systématiques pour détecter les drogues en plus de l’alcool, notamment lors des accidents. EdA

La drogue au volant semble presque aussi répandue que l’alcool. Selon un sondage de l’AWSR, 5,5% de conducteurs avouent avoir conduit sous influence. Et pour les trois quarts d’entre-eux, ils cumulent la drogue (cannabis le plus souvent) et la boisson. Pour ceux-là, l’Agence wallonne de la sécurité routière demande des sanctions plus sévères.

Un conducteur sur dix. C’est, grosso modo, le nombre de gens qui prennent le risque de conduire sous l’influence de l’alcool. Les chiffres sont moindres pour la drogue: 5,5%, soit un Wallon sur 20, déclarent avoir déjà conduit au moins une fois en étant sous l’influence de drogue, au cours des 12 derniers mois, selon l’Agence wallonne de sécurité routière qui a sondé 1 300 personnes. Ça fait quelques milliers de conducteurs dangereux sur les routes! Et le pire, c’est que les trois-quarts cumulent drogue et alcool. On ne vous parle même pas des médicaments…

17,4% chez les hommes plus jeunes

Ces résultats n’étonnent pas l’AWSR, car ils sont proches du taux de consommation de drogues au sein de la population du sud du pays. Une étude de santé menée en 2013 estimait à 6% les personnes entre 15 et 64 ans qui avaient consommé du cannabis au cours des derniers mois. «Cela semble indiquer que la plupart des consommateurs de cannabis prennent le volant malgré leur consommation», conclut l’Agence.

Chez les jeunes hommes, entre 18 et 34 ans, les chiffres sont encore plus affolants: 17,4% d’entre eux ont déclaré avoir conduit sous influence de drogues. C’est quatre fois plus que dans la tranche des 35-54 ans, où l’on n’est qu’à 4,5%. Les femmes sont moins largement touchées, avec 11,9% des 18-34 ans et 3,7% des 35-54 ans.

Six fois plus de risque d’accident

Le cannabis, qui touche 90% des conducteurs sous influence, est la substance la plus consommée au volant. Et 2/3 des personnes interrogées, qui reconnaissent conduire après avoir pris de la drogue, sont d’ailleurs persuadées qu’il est moins dangereux que l’alcool au volant. Près de la moitié (46%) estiment même que consommer du cannabis ne dégrade pas les capacités de conduite. Un tiers (33%) pensent qu’ils ne sont pas de plus mauvais conducteurs. Ce qui est faux, rappelle l’AWSR, chiffres à l’appui. Les jeunes hommes qui conduisent sous influence auraient 6 fois plus d’accidents que les autres.

Les jeunes conducteurs, entre 18 et 34 ans, on fait l’objet d’une analyse spécifique: 32% de ceux qui déclarent avoir conduit en ayant consommé des drogues ont eu au moins un accident corporel au cours des trois dernières années. Contre… 5% pour ceux ayant déclaré ne pas conduire sous influence.

Des sanctions plus lourdes en cas de cocktail

Drogue + alcool: cocktail pour les 3/4 des conducteurs sous influence
Trois conducteurs sous influence sur quatre ont combiné drogues et alcool. -

 

Ce qu’il ressort de plus interpellant dans cette enquête, c’est que les trois quarts des conducteurs qui reconnaissent avoir pris le volant en ayant consommé de la drogue avouent avoir… consommé de l’alcool en même temps. Un cocktail dangereux, et inquiétant puisque selon l’AWSR, le risque d’accident grave peut grimper jusqu’à 200 fois! «Un seul verre, associé à une consommation de drogue, peut être extrêmement risqué» (pour les autres usagers de la route autant que pour le fautif, d’ailleurs), commente l’Agence qui plaide pour une aggravation des peines pour les amateurs des tels mélanges.

Pour l’AWSR, la sanction doit être proportionnelle à la mise en danger d’autrui. Il serait donc logique de prévoir des peines plus fortes dès lors qu’un conducteur est contrôlé positif à l’alcool ainsi qu’à une ou plusieurs autres drogues. Pour y parvenir, l’Agence demande la systématisation des contrôles salivaires à la suite d’accidents de la route, afin d’établir les responsabilités. Et aussi pour mieux évaluer le phénomène.