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Crise politique : on touche le fond!

Crise politique : on touche le fond!

Au parlement wallon ce mercredi BELGA

Qu’il est loin cet adjectif «positif» que Benoît Lutgen accolait aux majorités qu’il voulait former en se séparant du PS. Ce mercredi, au Parlement, il était bien difficile de dégager du positif et de l’intelligible dans l’incroyable vacuité des débats entendus.

Si le président du cdH voulait donner une nouvelle image de la politique, redorer le blason des élus, c’est bel et bien raté. La séance parlementaire d’hier a été le climax d’un désordre politique inconcevable, d’une obscénité remarquable. En quelques heures, cette session a été un révélateur de tout ce qui gangrène le fonctionnement parlementaire: l’absentéisme, la mauvaise foi opportuniste, le calcul bêtement politique. On serait bien en peine de trouver la démarche responsable qui sous-tend tout cela.

Où est ce « nouvel élan citoyen pour rassembler tous ceux et toutes celles qui veulent en profondeur offrir de nouvelles perspectives » (en gras dans le texte), annoncé par le patron des humanistes?

 

Gare aux cadavres dans le placard!

 

Ce qui inquiète, au-delà des leçons non retenues et des promesses en l’air, c’est le futur. Au Parlement wallon, la majorité courte qu’offrirait le cdH accolé au MR ne pourra qu’entretenir le chaos qui s’est manifesté, ce mercredi. Avec un seul petit siège consacrant la position majoritaire, l’équipage bleu-orange sera constamment sous tension. La moindre absence ou défection au moment de votes cruciaux sera source de gabegie. D’autant que le PS, en partenaire trompé, ne fera aucun cadeau à son ancien conjoint. Et surtout pas dans le périmètre de la bonne gouvernance dont Benoit Lutgen s’est érigé en héraut. Sans pointer du doigt le PS, on ne peut que constater que ces derniers jours certains parlementaires cdH et MR, visés par des «révélations» et autres «fuites» dans la presse, liées à des questions d’éthique, avaient les neurones à cran.

Tout cela n’augure rien de bon pour cette fin de législature. Entre cadavres sortis du placard et méchantes torpilles politiques, les deux prochaines années s’annoncent riches en règlements de compte et coups bas. Certes, il y aura de quoi nourrir un feuilleton mais lorsque le dernier épisode se déroulera dans l’isoloir, pas sûr que les acteurs principaux de cette mascarade récolteront des applaudissements nourris .

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