SAUTE D’HUMEUR

10 raisons de voir en Froome le nouvel Armstrong

10 raisons de voir en Froome le nouvel Armstrong

Lance Armstrong et Chris Froome, l’un était arrogant, l’autre est plus «gentleman»: mais leur parcours a de plus en plus d’aspects similaires. -

Entre le règne de l’Américain, 7 fois vainqueur du Tour (déchu par la suite) et celui de l’Anglais d’origine kényane, en course pour une quatrième victoire, il y a plus d’un point commun. Dix raisons de se demander si Chris Froome n’est pas nouveau Lance Armstrong…

1. Il fait en sorte que les tours qu’il gagne sont presqu’aussi ennuyeux que ceux d’Armstrong

On a beau multiplier les étapes périlleuses, tout semble facile pour eux, Froome comme Armstrong avant lui ne commettent quasi jamais d’erreur. Et même en cas de pépins, ils arrivent très vite à rétablir la situation à leur avantage. De plus, les circonstances leur sont généralement favorables, car ce sont les autres qui s’éliminent en chutant ou en se retrouvant mal épaulés au moment critique. Résultat, depuis quelques éditions, une impression de course verrouillée et de vainqueur inévitable.

2. Il n’hésite pas à intimider les adversaires qui le dérangent

Armstrong n’hésitait pas en course à menacer verbalement certains coureurs (le français Christophe Bassons et l’italien Filippo Simeoni, furent ses cibles notamment, coupables de s’être trop épanchés sur le dopage à son goût) voire leur pourrir toute tentative d’attaque. Dans l’étape de Chambéry, dimanche, on a vu Froome revenir à la hauteur du champion d’Italie Aru, lui filer un coup de coude et le presser contre les spectateurs. À n’en pas douter parce que l’Italien avait attaqué alors que lui-même avait un ennui technique. Il n’a pourtant pas été sanctionné, ni même inquiété par les commissaires de course. Intouchable Froome, comme l’était Arsmtrong?

3. Ses rivaux l’attendent alors que lui…pas forcément

Dans la montée de Luz Ardiden, en 2003, Armstrong accroche le sac d’un spectateur et tombe dans un col, entraînant Ivan Mayo. Ulrich fait signe de l’attendre. Il revient sur eux, et les largue. Dimanche à nouveau, quand Froome a eu un souci technique, son rival (mais ex-équipier) Richie Porte a neutralisé les débuts d’offensive de ses adversaires. Par contre, quand Porte et Dan Martin sont tombés dans la descente, Froome, lui, n’a attendu personne (c’était en descente, il est vrai).

4. Il dispose d’un train d’équipiers qui n’ont jamais l’air fatigués

10 raisons de voir en Froome le nouvel Armstrong
FILE - I AP
On se souvient du «train bleu» de l’US Postal asphyxiant les adversaires dans les cols ou contrôlant les attaques. Des super coureurs en général qui auraient pu être leader dans d’autres équipes (et qui l’ont d’ailleurs été avant ou après) tels Hamilton, Livingstone, Heras ou Landis. C’est la même chose avec le «train Sky», l’équipe qui traumatise la concurrence, qui a des moyens démesurés et qui expérimente sans cesse de nouvelles technologies (cf. les combinaisons «à bulles d’air» controversées du prologue). Une équipe qui a le don aussi de métamorphoser des coureurs de classiques (Geraint Thomas, Michal Kwiatkowski) en grimpeur ou rouleur performant, tout comme la US Postal avait réussi jadis à faire gagner une étape de montagne à George Hincapie, pourtant pur spécialiste de Paris-Roubaix.

5. Il essaie d’être sympa et répond en français aux interviews

Sans doute pour ne pas être taxé d’arrogance, Froome, comme Armstrong (ce dernier après quelques années de règne), répond en français aux interviews, essaie d’avoir plus sympa et humain, fait courtoisement et chaque jour l’éloge de ses adversaires, et explique toujours que l’étape «encore une fois a été très difficile».

6. Il a un coup de pédale atypique en montagne

La très haute «fréquence de pédalage» d’Armstrong a fasciné dès son retour sur le Tour en 1999 et contribuait à cette impression d’énergie folle qu’il dégageait. Le coup de pédale «mobylette» de Froome, lorsqu’il accélère assis, est tout aussi singulier et irrésistible. En plus, ils ont comme un masque en course qui les rend indéchiffrables pour leurs adversaires.

7. Il traîne des soupçons de dopage depuis des années mais ne se fait jamais prendre

Armstrong était soupçonné déjà avant son cancer. Ensuite, il a accumulé diverses affaires (un certificat antidaté pour un contrôle positif aux corticoïdes en 1999) et ses performances ont généré le soupçon et suscité de vastes enquêtes journalistiques. Mais officiellement, il n’a jamais été sanctionné durant sa carrière. Idem pour Froome, qu’on a dit longtemps victime d’une «maladie affaiblissante» (la bilharziose, contractée en Afrique) et bardé ensuite de prescriptions médicales. Son extrême maigreur (qui n’entame en rien sa puissance) et ses accélérations hallucinantes, par exemple dans le Ventoux en 2013 ont suscité bien des interrogations. «Lance Armstrong, sors de ce corps», s’exclamera même le commentateur de la RTBF Rodrigo Beenkens, habituellement réservé sur le sujet. Mais aucun contrôle positif jusqu’ici!

8. On ne le voit quasi que 2 mois par an et sur le Tour, il est toujours au top

Faut-il ne se consacrer qu’au Tour pour le gagner? Avec Indurain, c’était déjà une sorte de tradition. Armstrong courait parfois l’une ou l’autre classique du printemps, mais sans jamais vraiment briller. À partir du Dauphiné en juin, il montait en puissance, et au Tour, il semblait invincible. On ne voit guère plus Froome, qui ne court aucune classique et ne se teste vraiment qu’au Dauphiné (cette année, c’était pas la gloire). Il s’aligne parfois en fin de saison au Tour d’Espagne, mais sans paraître concerné.

9. Il va peut-être gagner lui aussi sept tours

Sauf accident, on ne voit pas qui le battra cette année, d’autant qu’il y a un contre-la-montre à la fin. Et ça fera quatre victoires. Restera trois tours à gagner. Il a 32 ans déjà, mais Armstrong a gagné son dernier tour à 34 ans. Tout est donc possible.

10. Il lui arrive des incidents bizarres en course

On se souvient d’Armstrong traversant un champ tel un cyclocrossman pour avoir dû éviter la chute de Beloki (2 003). Dans un registre différent mais tout aussi insolite, l’an dernier, on a vu Froome courant à pied dans le Ventoux en attendant qu’on lui livre un autre vélo. Des «images fortes» qui repassent à chaque évocation de leur carrière.

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