G20

32 journalistes ayant travaillés en zone kurde de Turquie se sont fait retirer leurs accréditations

32 journalistes ayant travaillés en zone kurde de Turquie se sont fait retirer leurs accréditations

Angela Merkel et Recep Erdoganlors du G20 à Hambourg. Reporters / PPE

Les 32 journalistes s’étant vu retirer leur accréditation lors du G20 ont travaillé dans les zones kurdes de Turquie. Les représentants syndicalistes s’interrogent sur le rôle de la Turquie dans cette décision.

Les représentants des journalistes en Allemagne ont protesté mercredi après une décision du gouvernement de retirer subitement pour des «questions de sécurité» les accréditations de 32 journalistes lors du récent sommet du G20.

Le principal syndicat des médias (DJV) a annoncé avoir saisi le service du parlement allemand en charge de la protection des données privées et de la liberté de la presse et exigé des explications sur une approche qu’elle juge «scandaleuse et illégale». Un autre syndicat de journalistes (DJU) a lui menacé d’«une action en justice» pour faire la lumière sur cette affaire.

Au total, le service de presse du gouvernement allemand a retiré au beau milieu du sommet des dirigeants du G20 à Hambourg vendredi et samedi 32 accréditations de journalistes, en invoquant des raisons de sécurité, sans donner de détail. Neuf journalistes ont été concrètement privés d’accès à l’enceinte du sommet, les autres n’étant finalement pas venus au G20.

«Ces journalistes ont été informés vendredi après-midi à Hambourg que leurs accréditations n’était tout à coup plus valides et qu’ils n’avaient plus accès aux zones sécurisées […] ils ont été tellement pris de court que certains n’ont même pas pu récupérer leurs sac à dos qui se trouvaient à l’intérieur du centre de presse», relate mercredi le quotidien Süddeutsche Zeitung.

Tous ont travaillé en territoire kurde.

Le journal évoque un point commun entre eux: avoir, dans le passé, travaillé dans des zones kurdes de Turquie.

Parmi ces journalistes, la plupart sont des photographes collaborant avec des médias allemands, notamment le site internet du magazine Spiegel. La presse et l’opposition s’interrogent donc sur une possible intervention de services de sécurité étrangers, notamment turcs, la Turquie faisant partie du G20.

«Je veux que le gouvernement allemand nous dise si le processus d’admission des journalistes a fait l’objet de toute forme de coopération avec la Turquie ou la Russie», a déclaré le député vert Cem Özdemir. «Je comprends que ça soulève des questions», a reconnu le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, et directeur du service de presse du gouvernement, Steffen Seibert. Mais il a nié toute intervention étrangère.

«Pour le processus d’accréditation, aucune autorité étrangère n’a joué de rôle», a assuré M. Seibert qui affirme que la liste a été dressée sur la base des informations des services de sécurité allemands.

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