POLITIQUE

Paul Magnette: «un niveau d’absurdité jamais atteint»

Paul Magnette: «un niveau d’absurdité jamais atteint»

Paul Magnette est amer, limite désabusé. (Duchateau Jacques DUCH ) ÉdA

«On a atteint un niveau d’absurdité politique en Wallonie qu’on n’avait jamais atteint auparavant.» C’est un Paul Magnette amer, limite découragé, qui s’exprimait ce matin sur les ondes de la Première pour dénoncer les blocages du cdH, accusé de tous les maux.

C’est peu dire que Paul Magnette se montre désabusé par l’attitude de son ex-partenaire cdH en Région wallonne. À Bruxelles, souligne l’homme fort du PS, cela continue à fonctionner. «Céline Frémault ne bloque pas les dossiers», dit-il. Rien à voir avec l’attitude de Maxime Prévot à Namur, où cela se résume à: «je bloque, je paralyse».

«Le cdH paralyse tout», appuie Magnette. Même sur les dossiers liés à la bonne gouvernance, à la transparence, aux leçons que l’on devrait tirer de l’affaire Publifin, après la publication des deux rapports. Les textes sont rédigés. «Tout cela est potentiellement prêt, on peut avancer.» Mais tout s’enlise dans le «jeu politique» d’un parti qui «s’érige en chevalier blanc» mais qui a dans ses rangs des gens «en conflit d’intérêts». Référence explicite au cas du député Dimitri Fourny, pointé du doigt ce matin dans la presse pour être l’avocat d’une intercommunale, Vivalia, dont sa commune est actionnaire. Après les invitations au foot.

Une majorité déjà anéantie

«Moi, j’ai une parole. Nous avons conclu avec le cdH un accord sur les allocations familiales, il sera respecté. Si ce dossier est prêt, il sera voté», promet Paul Magnette. « Et j’aurais aimé que le cdH fasse de même sur d’autres dossiers, comme la téléredevance.» Dossier qui reviendra sur la table, avec peu d’espoir. Mais pas question pour le PS de pratiquer «la politique de la terre brûlée comme le fait le cdH.»

Paul Magnette ne voit pas d’issue, notamment pour gouverner la Communauté française. Et même la Wallonie, «on n’a jamais vu une cacophonie pareille.» Une majorité MR-cdH ne tiendrait qu’à une seule voix. Et on a vu hier, lors du vote sur les quotas de genre, où une député humaniste a fait défection «que cette majorité qui n’existe pas encore a déjà été anéantie». La décision du cdH de provoquer cette situation, «je trouve que c’est un niveau d’irresponsabilité politique qui n’a jamais été atteint de la part de M. Lutgen», dénonce Paul Magnette.

N-VA et PTB, «ce serait drôle»

Le ministre-président wallon, d’ailleurs, estimerait plus logique que l’ex-conjoint, s’il ne veut plus faire partie de sa majorité, choisisse plutôt de quitter le gouvernement. «L’alternance est un jeu tout à fait naturel de la politique mais alors qu’on demande l’avis du citoyen. Que le citoyen tranche.» Ce serait «un choix démocratique et non pas un jeu d’appareils partisans.»

Un jeu politique suicidaire wallon qui ferait les affaires des nationalistes flamands? Magnette affirme ne pas y croire. «Je ne vois pas la N-VA négocier la réforme de l’État avec le PTB, ce serait drôle», dit-il. La seule chose qui le fasse sourire dans cet océan d’absurdité politique.

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