Série d’été | Se balader en Wallonie picarde: de La Hamaide à Wodecq par la Croix Philosophe

C’est une promenade à saute-mouton dans l’Histoire que nous vous proposons de suivre aujourd’hui au départ de La Hamaide.

La Hamaide… Si vous n’en savez qu’une chose, c’est sans doute sa «fête de la moisson à l’ancienne». Elle se déroulera cette année encore le premier dimanche d’août. Mais les origines du village remontent bien plus loin. La Hamaide (qui signifie «la barrière») était un village fortifié dès le Moyen Âge. Son plus célèbre enfant fut sans doute le Comte d’Egmont (1522-1568) qui, sur ordre du duc d’Albe, mourut décapité à Bruxelles, aux côtés du Comte de Hornes.

Mais assez causé. Nous partons du «Plada» (point 62) vers la Croix Philosophe (57). L’étroite route, d’abord asphaltée, devient carrière à partir du pt 50.

La Croix Philosophe vous ramène au XVIIe, elle aurait été érigée par un fermier voisin et «philosophe» qui aurait tenu parole après un vœu formulé un soir de grande frayeur. Pas très philosophe tout ça, mais qu’importe: ce qui compte ici c’est le calme du lieu et le superbe panorama à quasiment 360o.

On oblique à gauche vers le pt 69. Cela commence par descendre jusqu’au croisement de la chaussée Brunehaut, en fait l’antique voie gallo-romaine reliant Bavay (F) à Velzeke (Zottegem). Chars et légions se font rares, mais on traverse prudemment: l’axe peut être fréquenté.

Un monument à deux volets attire l’attention. Il a été érigé à la mémoire de vingt-deux jeunes gens des environs, morts le 5 septembre 1944, à l’assaut d’une colonne allemande. L’histoire, tragique en elle-même, est restée d’autant plus douloureuse qu’elle s’est produite alors que bien des villes de chez nous étaient libérées. Dans les familles, tout le monde ne fait d’ailleurs pas la même lecture de ces faits qui se sont déroulés quatre mois après la rafle de vingt-six hommes à Ellezelles.

De l’autre côté de la chaussée, c’est le «sentier des fusillés». Un rare bosquet abrite une vieille bâtisse, puis après avoir franchi un petit pont de fortune et une clôture (c’est prévu pour), on débouche dans une belle prairie qui vous amène au chemin Mitoyen (69).

On file alors à droite sur 500 m (70) où l’on reprend à droite, par les Prés, vers le «19». Chemin faisant, on apprécie les saules, arbres emblématiques du pays des Collines, et les granges aussi. Contraste total entre celle aux parois de bois et torchis, et une autre toute de briques sablées. Sur cette route de campagne, après un bon km, ne ratez pas la carrière qui, de nouveau, file à droite. Arrivés au «19», sauf si vous avez très bien lu le plan, vous devrez rebrousser chemin de quelques pas pour prendre la carrière qui vous conduit au bout du Trieu à Staques et tout de suite au Blanc Scourchet (11).

La promenade se poursuit de l’autre côté de la route vers le Vert Marais (51). Mais, autant le savoir au moment de traverser, vous êtes là à deux pas (sur votre droite) d’un site qui déchaîne les passions: oui ou non les Templiers se sont-ils réfugiés ici? Mieux encore, ont-ils celé leur trésor en ces terres? Évidence pour les uns, fadaise pour les autres…

Vous n’avez pas fini d’en débattre que l’itinéraire vous invit

L’itinéraire, superbe faut-il le préciser, fait 11,3 km.

e à gagner le point 52 (vous retraversez la chaussée Brunehaut) où vous avancez droit devant vous. Un peu plus loin, sur votre gauche, vont apparaître les vestiges du talus du tram puis la butte sans le vieux moulin… (54) Vous êtes à Wodecq, village où l’on a semé les chapelles par paquets de dix, et où toute une équipe motivée les entretient, les restaure. Comme celles du Bon-Secours puis de la Bonne-Mort à Haillemont par exemple (55).

Le numéro suivant, 57, vous rappelle quelque chose? Bravo, c’est celui de la Croix Philosophe dont le banc vous attend pour un dernier coup d’œil d’ici une vingtaine de minutes.

La suite vous la devinez, il vous reste à regagner le Plada, et s’il est ouvert, une table de l’Estaminet…

Des animations toute l’année

Il y a toujours quelque chose à voir à l’écomusée de La Hamaide. Pour autant que vous arriviez aux heures d’ouverture, vous pouvez parcourir un ensemble de salles consacrées à la vie scolaire, aux activités agricoles, à l’essor du textile «au temps jadis». On ne vous parle plus de l’estaminet… Juste à côté, c’est la Maison Louise. Vous êtes dans l’entre-deux-guerres ou les années 50 tout au plus. Ici le temps s’est arrêté. Chaque pièce raconte l’histoire de l’occupante des lieux. L’épicière du village était une notable. La preuve? C’est elle qui avait le téléphone… Un peu plus loin, il y a le rucher, la saboterie et aussi la forge, mais là, il faut s’annoncer.

L’équipe de l’écomusée parvient à faire tourner la boutique comme si de rien n’était alors qu’un reconditionnement général se prépare pour aménager une maison de village.

En cette période estivale, les animations continuent pour toutes les générations. Le dimanche d’avant, il y avait eu une balade des plantes médicinales. Mercredi passé, un groupe de personnes âgées refaisait le pain à l’ancienne (mais on ne peut plus le cuire, en raison des normes sanitaires en vigueur aujourd’hui).

«Pour autant que les gens nous préviennent et constituent un groupe, on a une variété de programmes à proposer» disent Mélodie et Jean-Marc, deux permanents.

Jusqu’au 30/09, c’est ouvert du lundi au vendredi, de 10 h à 16 h 30, les dimanches et jours fériés, de 14 à 18 h. Pour les groupes, tous les jours sur réservation au 068/ 64 51 55. www.ecomusee.eu

Pour toutes les bourses

La Hamaide fait partie d’Ellezelles. Donc si vous êtes vraiment gastronomes, vous choisirez peut-être le Mylord. Sinon, La Hamaide, bien que tout petit village vous offre trois possibilités.

Le restaurant classique «La Forge» est à peine à un kilomètre de notre camp de base. Excellent rapport qualité-quantité-prix. Plutôt à conseiller au retour qu’avant le départ… Sauf si vous êtes prêts à faire l’impasse sur la promenade.

La friterie des Collines est bien plus proche encore du Plada, cœur culturel de la Hamaide. C’est un établissement très complet dans sa catégorie.

Si vous préférez pique-niquer, c’est tout à fait possible à l’arrière de l’Estaminet mais par correction passez un coup de fil avant: l’équipe de l’écomusée se fera un plaisir de vous faciliter les choses. Pas besoin de parasol: le grand jardin est ombragé.

Pour les inconditionnels du pique-nique en pleine nature, on pense à la Croix Philosophe (pelouse et banc) mais l’endroit n’est pas prévu pour ça (pas de tables, pas de poubelles…).

Le parcours n’offre pas vraiment d’autres possibilités, sinon «à l’arrache». Mais après tout…

Notre conseil: où que vous décidiez de manger, offrez-vous une demi-heure pour remonter le temps à l’Estaminet. On ne change pas une ligne à ce que nous écrivions voici deux ans: «un estaminet, comme il devait en exister tant par le passé. Pas de télé, pas de radio, de juke-box, de bingo. Juste le calme ou le plaisir de la conversation avec le bénévole de service quand vous y passerez.»


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